Africa, Africas

D'Agnès Ndibi, Meja Ad Debi et Regina Fanta Nacro

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Cette série de trois films réalisés par des femmes cherche à rendre compte de l’Afrique contemporaine, mais aboutit à un rassemblement un hétéroclite de films inégaux aux sujets et traitements très divers.
Du Cameroun, « Fantacoca » d’Agnès Ndibi, écrit par Alessandra Speziale, témoigne des effets de la dépigmentation de la peau. On est ainsi Fanta ou Coca, selon la couleur choisie ! Un débat à la radio rend compte des points de vue sur le « décapage » : dégâts sur la peau des femmes et pression des hommes qui préfèrent les femmes qui « brillent ». Choisissant clairement son camp, le film informe sur la toxicité des produits utilisés, notamment des corticoïdes qui ne devraient être délivrés que sur ordonnance. Certaines femmes mettent même de la javel dans leur huile. Sans compter que la mélanine détruite ne protège plus contre les rayons du soleil et ouvre la voie aux cancers de la peau. Les peaux abîmées par endroits donnent des filles multicolores, les « fantacoca » ! A travers le groupe Christal qui reproduit les hits de Michael Jackson, c’est l’absence de figures positives pour l’Afrique qui est finalement dénoncée. Intéressant et instructeur, Fantacoca devrait passer sur toutes les télévisions africaines !
D’Ethiopie, « From the other Side of the River » de Meja Ad Debi se veut l’histoire des déportés éthiopiens d’Erythrée qui s’entassent dans des camps en Ethiopie. Cela commence par la dramatique traversée de la rivière près d’Adua et aligne les témoignages de détresse. Sans vraiment informer sur la complexité de la guerre à l’origine de ce drame humanitaire et de facture très classique, le film devient alors un nième étalage des misères africaines.
Du Burkina Faso, « Laafi bala » de Régina Fanta Nacro réussit par contre à nous rendre familière la galère d’une jeunesse confrontée au chômage. Tout le monde répond que tout va bien (laafi bala) quand on pose la question, mais la réalité est celle de l’échec d’un système qui a formé une élite sur le modèle des fonctionnaires de l’administration coloniale. Le film se fait constat, témoignage d’une ambiance mais aussi des essais de l’exprimer et de s’en sortir par de petits boulots.

Kenzi srl, Anna-Maria Galone, Viale Emilio Caldera 32, 20122B Milano, tel/fax +39 02 551 88 210, [email protected]///Article N° : 2429


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