Afriscope

  • N° 37 | septembre 2014
  • École 3.0, c’est pour bientôt ?
  • S’abonner
Edito : Ecole 3.0
Bande-son : “Deux poids, deux mesures en fonction d’ta voix, ton allure / Ton aisance du langage dans la guerre du langage / Ce monde peut cerner d’où tu viens et j’en ai pas dit plus / Humain, tu restes emprisonné par tes habitus” /// Habitus de Rocé “L’enseignement n’est pas pertinent en France”, a récemment déclaré le responsable du système Pisa d’évaluation du niveau des élèves de 15 ans de 65 pays de l’O.C.D.E. (1). La France y est championne des inégalités scolaires, ne parvenant pas à combler l’écart de réussite entre les enfants issus des milieux dit “aisés” et ceux plus “défavorisés”, en termes socio-économiques et culturels. Des disparités accrues parfois par le système éducatif lui-même (2). L’école française s’éloignerait alors de son idéal républicain. Toutefois, partout – et ce n’est pas nouveau – émergent d’autres manières de penser l’école. Toutes parient sur la valorisation de la singularité de l’enfant, et de nos différences comme richesse collective. Ainsi, le Théâtre École de Saint-Laurent-Du- Maroni considère le multilinguisme comme une chance et forme aux métiers de comédien et de technicien du spectacle des jeunes-adultes illettrés ou dont la langue première n’est pas le français. Une valorisation similaire des langues maternelles est faite par l’association DULALA de Montreuil tandis que l’Inalco remarque une augmentation de l’apprentissage des langues africaines par des jeunes Français issus de l’immigration. L’École de la Cité et l’École Miroir entendent faciliter l’accès aux métiers artistiques par la gratuité ; l’une via une formation privée créée par Luc Besson, l’autre soutenue difficilement par des fonds publics. De manière plus traditionnelle l’association les Hussards noirs croit à la démocratisation de l’accès aux grandes écoles. Comment fabriquer du commun dans cette diversité de formes d’éducation, sans oublier les bouleversements que génère le numérique dans le rapport au savoir avec des flux d’informations disponibles partout et en tous lieux ? “Quel apprentissage pour quelle société demain ?” interroge l’historien François Durpaire, avec un élément de réponse : “L’école était une école de la reproduction ou de la conformité : c’est désormais la créativité qui doit primer. L’éducation donne des clés, non pour s’intégrer dans la société mais pour la changer”. Une école 3.0 à imaginer ! De quoi rythmer la rentrée ! Anne Bocandé
Sommaire
A la Une Une : Pour une reconnaissance des métiers artistiques Débats Des hauts et débats : Quels auteurs dans les manuels de français ? Des hauts et débats : Cet avenir d’éducation sans école est déjà un présent Citoyenneté On s’bouge : Stéphanie Melyon-Reinette, sociologue-chercheure et artiste On s’bouge : Faire confiance au multilinguisme On s’bouge : L’apprentissage des langues africaines à l’Inalco On s’bouge : Dulala : Le plurilinguisme, pour un éveil à l’autre On s’bouge : Les Hussards noirs à l’école de la République Culture Cinéma : Bande de filles, de Céline Sciamma. Au-delà des clichés Musique : Métisse maloya de Johann Berby Théâtre : Article en cours de rédaction Rano, Rano : entendre les voix d’insurgés Mode : Tiss’ame tisse le pagne Cuisine : “L’idée de notre fast n’ good : rapide, mais bon” C de l’histoire : The rumble in the jungle, le rendez-vous de la boxe avec elle-même Roman-photo : Des vacances imprévues à Belleville