Musique

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Southern Journey, vol.13. Earliest Times. Georgia Sea Island Songs for Everyday Living. Rounder / Métisse Music. Night & Day Ces extraits de la collection du musicologue américain Alan Lomax proviennent de la tradition des Noirs des Georgia Sea Island, un archipel de la côte Est des States, entre Maryland et la Floride. Chants de travail, thèmes religieux inspirés par la Bible, chansons de marins et autres motifs évoquant la solidarité entre les pauvres : ce répertoire utilise la forme vocale appel-réponse, certaines techniques de chant de gorge ou nasillard et la polyrythmie instrumentale ou les claquements de mains. Comme l’écrit Alan…

Entretien de Soeuf Elbadawi avec Aziz Sehmaoui

Paris, mars 1998

Aziz Sehmaoui est l’un des piliers de l’Orchestre National de Barbès. Un groupe que l’on ne présente plus sur la scène française, qui a su incarner, en moins de trois ans, la nouvelle vague world du Maghreb, en fédérant les différentes tendances musicales du bled (chaabi, raï, musique gnawa…) sur fond de groove urbain et en débitant un humour particulièrement contagieux et étroitement lié – aujourd’hui – à ce quartier parisien (Barbès…) qui fut à l’origine de leurs premières aventures.

D'Antoine Moundanda et le Likembé Géant

Le retour d’un vieux pionnier sur les scènes du monde. Antoine Moundanda, 70 ans et des poussières, est l’un des premiers à avoir introduit un son de likembé dans la musique moderne congolaise, toutes rives confondues. Un instrument qu’il a appris à jouer aux côtés de son père, habile guérisseur qui usait du piano à deux pouces (comme on le surnomme aujourd’hui) pour apprivoiser le mal. Salué par la profession lors de la dernière édition du Masa à Abidjan, le Likembé Géant, trio qu’il a formé en 59, signe ici un album épatant de virtuosité. Un rituel acoustique où la…

De Néba Solo

Folie furieuse de la part d’un surdoué du balafon, issu tout droit de la région de Sikasso au sud du Mali. Né en 69, Souleymane Traoré (de son vrai nom) est une référence au Mali. Encensé aussi bien par le public des boîtes de nuit que par celui des fêtes traditionnelles, il joue plus vite que son ombre, sur un balafon basse (le balamba), de gauche à droite (à l’inverse de tout le monde… suprême coquetterie !), et distille, à une vitesse parfois phénoménale, une musique à la fois nerveuse et hypnotique, difficilement classable. Certains parlent de techno africaine, d’autres préfèrent…

De Djama

Un quatre titres ambitieux de la part d’un des groupes les plus audacieux de la diaspora comorienne en France. Un opus farouchement déclaré reggae, avec des influences typiques du bled : le concubinage assuré de façon originale entre le son jamaïquain et la tradition musicale plutôt arabo-africaine des Comores. Avec des lyrics où se conjuguent allègrement les mots roots, émotion et liberté… Deux titres-phares. Le premier rappelle sur un tempo ragga les notions d’égalité bafouées dans l’hexagone. Et le second s’attaque à la personne du tristement célèbre mercenaire Bob Denard et à la politique ambiguë que mène la France aux Comores…

De Habib Koité & Bamada

Un album tonique, émouvant, subtil et entraînant. Un mariage subtil entre les différentes traditions musicales du Mali – une mosaïque culturelle – et les nombreuses influences imposées par l’urbanisation active de la sono mondiale. Cela donne au final un ‘blues’relativement gai, dansant ou intimiste (c’est selon !), avec un usage renforcé de l’instrumentation traditionnelle par rapport au premier album (Muso Ko) et des arrangements d’une modernité indiscutable. Douze titres au total, servis avec finesse par l’excellent quartet acoustique (Bamada(, sur lequel trône en guitariste émérite, avec un jeu habilement inspiré du Ngoni, le jeune prodige malien Habib Koité. Fils et petit-fils…

Musiques de résistance

« Allons danser le calenda Avant que le calenda ne finisse Quand la liberté viendra Il n’y aura plus de calenda » chant d’esclave martiniquais espérant la libération au temps de la Révolution françaiseApprofondir les sources africaines des musiques caribéennes n’est pas neutre en ces temps de commémoration : il s’agit d’affirmer que le métissage célébré dans l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage n’est pas un potage mais une salade ! Vieux refrain égrené dans chacun de nos dossiers : les mélanges identitaires ne sont réducteurs que lorsqu’ils reviennent à une assimilation à un modèle unique. L’esclavage le fut, bien sûr, mais lorsque les Noirs, après…

Entretien de Luigi Elongui avec Ralph Boncy

La musique de l’ancienne Hispaniola, et notamment le compa, genre urbain par excellence, sont en bonne santé. Ralph Boncy, opérateur culturel et musicologue haïtien vivant au Canada, dévoile les sources d’un style qui depuis une quarantaine d’années fait fureur dans tout le Sixième Continent.

Des sons de batuques descendaient maintenant de tous les mornes, des sons qui de l’autre côté de l’océan avaient été guerriers autrefois, quand les batuques résonnaient pour annoncer la bataille ou la chasse. Aujourd’hui c’étaient des son de prière, des voix serves qui appelaient au secours, des foules de nègres qui levaient les mains vers le ciel. Quelques-uns de ces noirs avaient déjà la toison blanche, et gardaient la marque du fouet. Aujourd’hui les macumbas et les candomblés répétaient en écho ces vieilles plaintes. J. Amado, Bahia de tous les saints. » Il y a à Puerto Rico de merveilleux musiciens, une…

Khadja Nin est l’héritière d’un art vocal raffiné. Son chant grave et sensuel jaillit d’une forme de poésie chantée qui, au Burundi comme au Rwanda ou en Ouganda, est indissociable des activités journalières. Cet héritage et sa volonté de porter des germes d’espoir font d’elle un cas à part dans le monde du show biz. Son grand succès, Sambolera, interprété en swahili, message de paix et d’espérance, fut un des tubes de l’été 1996 en France. Née à Gitega, au centre du Burundi, elle est ensuite partie avec sa famille à Bujumbura.

L'auteur de Maisha

Le 11 février dernier, Willy N’for, bassiste et Camerounais, est mort des suites d’un cancer en région parisienne. La communauté d’artistes avec laquelle il avait travaillé lui a rendu hommage le 16 mars lors d’un concert au New Morning. Le corps du défunt devait par la suite être rapatrié dans son pays.

De Mila na utamaduni

Le son du taarab tel qu’il est encore pratiqué au pays des zanzibari. Forme musicale intimiste et réservé à la seule cour du sultan à la fin du siècle dernier, devenue rythme populaire de danse depuis (consacrée lors des célébrations de mariages et lors des grandes fêtes nationales), le taarab, malgré ses origines arabes très marquées (au niveau de l’instrumentation surtout), a pris des couleurs locales dans cette région de l’Afrique orientale, qui vous libèrent de la seule écoute (le mot taarab signifiait au départ  » être touché ou transporté par l’écoute ou l’interprétation…  » d’une musique sur laquelle on ne dansait…

De Philippe Eidel

La bande originale du film Imuhar (qui signifie « homme libre »). Un blues lancinant en compagnie des hommes bleus du désert. Mélodies ancestrales librement revisitées, interprétées en tamachekh par les voix alternées du rebelle touareg Abdallah Oumbadougou (auteur des textes chantés) et du trio féminin Oyiwan. Sont aussi de la compagnie, les chanteuses de « tinde  » traditionnels. Avec une touche d’Imziad (violon touareg) par moment. Le tout est orchestré dans l’univers sonore et à moitié occidental d’un spécialiste de l’échange et du dialogue par la musique, Philippe Eidel. Né à Madagascar d’une mère créole et père ayant longtemps vécu à Singapour,…

De Yandé Codou Sène

La grande cantatrice (le mot convient-il ?) du Sénégal nous revient ici avec son premier album. Sorti aux Etats-Unis, produit par son compatriote Musa Dieng Kala, Yandé Codou Sène est toujours fidèle à elle-même : la voix étincelante, le chant haut perché… Les percussions battent la mesure, la kora, le riti (violon traditionnel) et le xalam (guitare traditionnelle) s’invitent en douceur. Et vogue la reine du chant. Sur une suite de ballades sereines et savoureuses. On danse légèrement dans sa tête. On lâche le pied droit et on se laisse entraîner. L’esprit des nuits de pleine lune a l’air encore…

A Tribute to the Skatalite

Voilà une louable initiative du label Shanachie qui nous propose une compilation de dix-sept formations réunies pour rendre l’hommage dû aux Skatalites, le légendaire groupe du ska, l’ancêtre du reggae. Il y a un sentiment d’épique ou de grandiose dans ces riffs lancinants de cuivres et le tempo obsédant qui les accompagne : c’est que tous ceux qui ont évolué dans le sillage des Skatalites n’ont pas pu s’empêcher de faire référence aux divers courants musicaux qui furent à la base de l’esthétique du fameux groupe : jazz, mento, rythm’n blues, emprunts à la musique latine ou trinidadienne, influences des rythmes du…

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