Fiche Disque
Musique
ALBUM 2012
Acoustic fear
Genre : Album
Style : World
Date de sortie : 02 Avril 2012

Français

« Acousticfear », nouvel album du groupe de Nu-rumba fondé en 2007, Bantunani, est sorti le 2 avril. Une œuvre éclectique, profonde et engagée.

Deux années intenses de recherche musicale dans les prestigieux studios Davout permettent à Michel et ses acolytes de revenir sur le devant de la scène pour proposer une version très pop de leur afrogroove. Ce nouvel opus, Acousticfear, savamment orchestré et théâtralisé replace ce groove fusion et nomade au coeur d’un récit philosophique où gimmics et mélodies efficaces nous invitent à repenser notre espace acoustique à l?heure du crépuscule de nos idoles. Par acousticfear,il faut entendre une tentative de réconciliation de la musique et de la pensée, le désir de se créer un espace sain dans un monde cacophonique. Cet album, cinématographique, propose un concept esthétique inédit où le visuel se dessine par la musique..On appréciera l’audace et cette insatiable volonté de dépasser les standards, un certaine contemporaine monotonie.

Dire des Bantunani qu’ils sont un ovni musical est tout sauf une critique. Humaniste, philosophe, et métissé, le groupe, véritable famille musicale fondée en 2007, revient sur le devant de la scène ce 2 avril avec son nouvel album, Acousticfear. Le résultat : des textes conscients et réfléchis accompagnés par une musique universelle, la voix d’un chanteur congolais et les riffs d’un guitariste japonais.
Les Bantunani revendiquent la paternité du mouvement musical « Nu-rumba », mot inspiré d’un ancien cri de guerre bantou. Une musique comme « forme d’expression musicale d’une nouvelle Afrique dans laquelle le groove est un instrument de conscientisation et d’engagement », affirment ses concepteurs. Et un mouvement en rupture avec la rumba congolaise traditionnelle, qu’on évoque celle de Wendo Kolossoy, de Papa Wemba, ou encore le Ndombolo de Koffi Olomidé. « Nos personnalités font que l’on ne peut pas faire de la rumba traditionnelle », expliquent les membres du groupe.

Définir ce courant musical n’est pas chose aisée. Y cohabitent jazz, soul, funk, afrobeat, hip-hop, reggae et coladeira capverdienne, guitares et percussions. Les nationalités et les couleurs se mêlent. Mais ne parlez pas au groupe du concept de « World music » : « C’est plus que ça. C’est un brassage culturel qui fait que les différentes parties du monde semblent toutes proches. Aujourd’hui, nous sommes tous les enfants d’un monde connecté », explique le leader du groupe, Michel N’zau Vuanda.
« Bantunani repose sur une trinité musicale stricte : la danse, la pensée et la spiritualité », poursuit-il. Dans ce socle de pensée, « la danse joue un rôle primordiale ». Sur scène, le groupe aime ainsi entraîner son public dans une sorte de transe groovy. « C’est pour cela que nous laissons une place importante à l’improvisation ».
Un aspect spirituel et conceptuel qui est la marque de fabrique de Michel N’zau Vuanda. Cet informaticien dans le civil, qui est la voix du groupe, en français, anglais, espagnol et lingala, se définit d’ailleurs comme un « musicien philosophe ».