Événements

Débat public « Génocides : les enjeux de la représentation au théâtre »
Dans le cadre des Rencontres de la Villette 2002

Français

Dans la Grande Halle de la Villette.

Présentation du déat
GÉNOCIDES : LES ENJEUX DE LA REPRÉSENTATION AU THÉÂTRE partenaire : Maison d’Izieu – Mémorial des enfants juifs exterminés animation : Lucien Attoun (critique de théâtre)
Pour dire l’indicible et représenter l’irreprésentable, des artistes mobilisent les ressources qui sont les leurs : le théâtre et la scène.
 » Comment s’y prendre  » avec le malheur, la souffrance humaine, comment traduire l’horreur des génocides arménien, juif et rwandais ? A ces questions, des artistes répondent avec leurs « armes » : celles du spectacle vivant. Ils affirment que le théâtre, dernière forme d’agora, peut et doit être concerné par ces crimes contre l’humanité, peut et doit défier l’indicible et l’irreprésentable. En écho à Rwanda 94 du Groupov et Igishanga de la compagnie Pipo, ce débat réunira des metteurs en scène, comédiens et écrivains ainsi que des journalistes et philosophes afin de questionner, à partir de leurs expériences, les enjeux de la mise sur scène.
Forme de représentation du monde, le théâtre peut-il dépasser le constat et la déploration et rendre tangible et sensible ces réalités qui nous dérangent ? Conscients des risques du didactisme et du réalisme documentaire, les artistes de la scène interrogent par leurs créations la notion même de spectacle, de représentation.  » Mais en se confrontant à l’irreprésentable et à l’indicible, ces mises en scène contemporaines ne font pas que d’inventer des formes, elles remettent en cause la nature profonde du rapport que le public entretient avec la réalité du plateau, rappelant avec force les dimensions vivantes de la scène, abolissant les garde-fous qui nous persuadent que ce qui appartient au plateau n’est pas  » pour de vrai  » et nous permettent d’accommoder l’horreur, voire de l’accepter. « (Sylvie Chalaye) Il s’agit de représentation, dans le sens de rendre présent : toute la force du théâtre se joue là, dans cette capacité à mobiliser le spectateur de façon directe et totale !
Contre la falsification de l’histoire (révisionnisme, négationnisme), contre la déshumanisation des corps, contre la destruction culturelle à l’œuvre dans le projet génocidaire, l’enjeu éthique de la représentation est bien de rendre compte en étant l’espace de la parole des victimes, le  » lieu de réparation symbolique  » et de possible mémoire collective quand les rescapés eux-mêmes finissent par douter.
Intervenants : Jacques Delcuvellerie (metteur en scène de Rwanda 94), Jacques Livchine (metteur en scène de Terezin), Michel Dubois (metteur en scène de Si c’est un homme), Jean-Claude Frissung (comédien de Si c’est un homme), Isabelle Lafon (conceptrice et comédienne de Igishanga), Liliane Atlan (auteur de Un opéra pour Terezin)

Le débat public est ouvert à toutes et à tous, sur simple inscription auprès de Rébecca Bouillou par e-mail ou tél. : 01 40 03 77 52 – Fax : 01 40 03 77 83
Parc de la Villette / Débats Publics – 211, avenue Jean Jaurès, 75019 Paris.