Événements

Kult.cafe, rendez-vous culturel à géométrie variable
2ème rendez-vous consacré à « la logique et à la violence coloniale ». Avec Raharimanana, Salim Hatubou et Luis Silva, trois écrivains. Tao Ravao, Edgard Ravahatra et Lutchinha, trois artistes. Soirée présenté par Soeuf Elbadawi, journaliste.

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Un concept nouveau de rencontres autour des cultures du Sud. Initié par le restaurant capverdien MAM’BIA, déjà connu pour la richesse de sa programmation musicale. Parallèlement à ses lives en musique, le MAM’BIA décide d’ouvrir ses portes aux auteurs et aux artistes à l’affiche à Paris pour un brin de causerie, dans l’esprit des traditionnels cafés d’échange intellectuel.
Malgache, écrivain, poète, dramaturge, questionne la mémoire collective et bouscule les idées reçues dans ses oeuvres. Il est l’auteur notamment de Nour,1947 (Le Serpent à Plumes, 2001) et de Madagascar 1947 (Vents d’ailleurs, 2007). Il vient nous parler de répression, de rapports entre dominés et dominants, de silence de part et d’autre, d’une histoire écrite par les nantis du Nord et d’un récit occulté par les damnés du Sud. « Pour commencer, on dira que les faits ont réellement existé, que les sagaies ont volé, que les balles ont sifflé, que les cadavres ont jonché la terre. Rire. Des rires en masque de douleur. […] Ma mémoire demande des comptes à la « mère » patrie… » écrit-il.
Ecrivain comorien, Salim Hatubou est un enfant issu de la migration. Depuis Marseille, il conte l’incertitude et la douleur d’être né rejeton de colonisés. A Mayotte, île comorienne demeurée française suite à un tour de passe-passe politique digne de la France des réseaux, un maire a brûlé un village, Hamouro, en 2003, au nom de la lutte contre une immigration clandestine. Un scandale au pays des droits de l’homme. Mais un scandale qui relève d’une situation d’occupation coloniale. Salim Hatubou en a fait un livre (L’Harmattan, janvier 2006) et vient nous en parler.

Luis Silva du Cap-Vert, écrivain, anthropologue, historien, compagnond e route de la revue Latitudes, nous fera partager l’expérience de son pays natal en la matière. Derrière les mots, la volonté de re traduire la douleur d’un peuple.
En musique, Tao ravao, Edgard Ravahatra et Lutchina. Le premier arrache à sa guitare des notes de blues gravés dans la mémoire de l’île rouge. Il est aussi le mentor de Tany Manga, duo déjanté forgé sur les routes du grand Sud. Du deuxième invité en musique, un mélomane raconte sur le net qu’il est une « voix aux multiples facettes », au « swing multicolore ». Que dire de plus ? Sinon que la troisième voix conviée en musique à ce deuxième kult.cafe est la petite perle du Cap-vert qui monte. L’émotion sera certainement au rendez-vous.
Et pour présenter cette soirée : Soeuf Elbadawi. Un ancien collaborateur de Radio France Internationale, journaliste à Africultures en France et à Kashkazi aux Comores.