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Salon des Lettres Africaines de Cotonou
2e édition sur le thème : La littérature contre la guerre – Cette édition elle entend s’ouvrir davantage à un plus grand nombre d’auteurs et d’éditeurs africains, à un plus large public de scolaires et d’ universitaires.

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Le thème retenu pour cette édition est : La littérature contre la guerre.
Comment les écrivains perçoivent-ils et traitent-ils, dans leurs ouvres, la guerre dans ses différentes représentations? Quel est le rôle qu’ont joué certains auteurs dans l’exacerbation des conflits armés? Quel est l’ engagement de l’écrivain pour une dynamique de paix?
Ces questions et leurs déclinaisons, Le Scribe noir a voulu les agiter et les installer au cour de la problématique littéraire du prochain SALAC. Il s’agit de montrer le rôle de la littérature dans nos sociétés, de mesurer l’ impact que les écrivains ont et peuvent avoir sur leurs peuples. L’histoire nous a enseigné la part prépondérante qu’ont prise les auteurs dans la promotion d’une culture de la paix ou, au contraire, dans l’instauration d’ un climat de haine et de conflit. A l’heure où les guerres et crises continuent de saigner l’Afrique, il importe pour nous d’interroger la position des écrivains là-dessus.
Pour débattre de ce thème, quelques écrivains et critiques littéraires sont pressentis, identifiés selon deux critères principaux :
– La publication d’ouvres entièrement ou partiellement consacrées à la guerre
– L’engagement militant dans les situations de crise ou de guerre. Il s’agit de :
Maryse CONDE, Maya ANGELOU et Amiri BARAKA, ce sont des auteurs Africains et Américains vivant aux Etats-Unis d’Amérique et dont les ouvres témoignent de l’engagement contre la violence.
Emmanuel DONGALA (Congo-Brazza), vivant aux Etats-Unis. Romancier, nouvelliste, il vient de publier au Serpent à plumes son quatrième roman, Johnny Chien méchant, une fable sur le drame des enfants soldats dans les guerres civiles africaines.
Henri LOPES (Congo Brazza), ancien Sous-Directeur de l’UNESCO, actuel ambassadeur de son pays en France. Il se situe, au-delà d’une ouvre littéraire abondante, dans la position d’un écrivain ayant vécu de l’ intérieur les deux guerres civiles du Congo. Son éclairage sera enrichissant.
Koulsy LAMKO (Tchad), vivant au Rwanda. Ecrivain nomade, originaire d’un pays qui a longtemps été déchiré par des conflits fratricides. Il s’est s’ installé au Rwanda suite au séjour qu’il y a effectué lors de l’opération Ecrire par devoir de mémoire, une résidence d’écriture sur le génocide de 1994. Son roman, La Phalène des collines aux Editions Le Serpent à plumes, tente d’instruire et d’éclairer les mécanismes sociologiques qui ont conduit à cette tragédie.
Erik ORSENA (France), membre du Conseil d’Etat, membre de l’Académie Française, lauréat du Goncourt en 1988 avec L’Exposition coloniale, cet écrivain voyageur milite pour une politique clairvoyante et efficace en faveur de l’Afrique, au-delà des clichés et des interférences néocolonialistes.
Boubacar Boris DIOP (Sénégal), auteur de Murambi, le livre des ossements, aux Editions Stock et NEA, une ouvre d’interrogation sur le Rwanda. Il consacre, depuis son séjour au pays des milles collines, tous ses efforts à la compréhension du génocide qui a saigné ce pays.
Kangni ALEM (Togo), résident en France. Dramaturge, nouvelliste, romancier, sa plume capte avec douleur et humour les différentes rumeurs de guerre dont son pays est le théâtre depuis les années quatre-vingt dix. Il est aussi traducteur de Ken Saro-Wiwa et vient de publier aux Editions Dapper son premier roman Cola-cola jazz.
Tanella BONI (Côte d’Ivoire), a été, dans les multiples soubresauts et tensions politico-sociales qui secouent la Côte d’Ivoire depuis le coup d’ Etat de 1999, l’un des rares écrivains à avoir exercé, dans son pays, une démarche d’intellectuelle. Elle a souvent pris la parole et exprimé, à travers des articles de presse et manifestations publiques, ses points de vue sur la question de l’ivoirité, une pseudo idéologie productrice de haine et de violence.
Boualem SANSAL (Algérie), dont les deux romans, Le Serment des barbares et L’Enfant fou de l’arbre creux, s’inscrivent dans la traduction et la mise en relief de l’Algérie des années quatre-vingt-dix, celle des intégristes et des militaires, du terrorisme et de la répression aveugle. En interrogeant l’ouvre de ce fonctionnaire du ministère de l’industrie, il sera facile de cerner l’état de guerre qui prévaut dans ce pays, état de guerre dont on n’a malheureusement que des échos amortis, vu de l’Afrique noire.
Mukala Kadima NZUDJI (Congo), critique et historien de la littérature, Professeur à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, il est pressenti pour analyser les interactions entre guerre et littérature, crises ethniques et écritures.
Florent COUAO-ZOTTI (Bénin). Son roman Un enfant dans guerre revu et augmenté dans une récente version Charly en guerre, décline le drame des enfants soldats enrôlés dans des armées dites de  » libération nationale ».
Nouréini TIDJANI-SERPOS (Bénin). Sous Directeur Général de l’UNESCO Priorité Afrique, poète et romancier, sa participation au débat est souhaitée en sa qualité de fonctionnaire international. En effet, l’institution qu’il représente défend et promeut, entre autres, les valeurs de « paix et de concorde civile entre les peuples »
Et aussi : Afan HUENUMAJI, Togoata APEDO-AMAH (professeurs de lettres à l’ Université du Bénin au Togo) Ken BUGUL, Jérôme CARLOS, Adélaïde FASSINOU, Edgard OKIKI-ZINSOU ainsi que la plupart des écrivains béninois qui seront invités à participer aux manifestations tant intellectuelles que festives du Salon.

Parmi les autres activités proposées pendant le salon, il y aura des interventions en milieux scolaires, des Expositions-ventes de livres (avec la présence des grandes librairies de Cotonou et des maisons d’ Edition locales, ainsi que d’éditeurs étrangers comme NEI, EDILIS, CEDA, L’Harmattan, Ndze, Ganddal, etc.), l’ exposition concernant l’opération Ecriture plurielle (Douze auteurs béninois ont co-écrit, durant huit mois, un court roman sur le thème de l’enfance malheureuse)un espace jeunes, et le Prix du Scribe Noir, qui sera décerné pour la deuxième fois.Ce Prix récompense un auteur-compositeur, un écrivain, pour l’ensemble de son oeuvre.