Événements

Étonnants Voyageurs en Haïti 2007
« Toute écriture est une île qui marche »

Français

Une nouvelle aventure
Après Missoula, Dublin, Sarajevo, Bamako, Étonnants Voyageurs lance un nouveau festival ! Cette fois, en Haïti, à Port-au-Prince, du 1 au 4 décembre 2007. Avec l’ambition d’en faire le grand rendez-vous des littératures de toute la Caraïbe, et le lieu de confrontations et d’échanges de celles-ci avec des écrivains du monde entier. Rencontres, débats, lectures, projections, expositions, spectacles : toute la ville mobilisée pendant quatre journées ! L’édition 2004 du festival de Saint-Malo consacrée aux littératures de la Caraïbe avait été un vrai bonheur et l’occasion pour le public de multiples découvertes. Le rêve était né pendant ces journées de les prolonger par un festival en Haïti qui serait comme le pendant de celui de Bamako – pour nous, une manifestation de la vitalité de ce que nous appelons une « littérature-monde » en français.
Le projet avait connu une première ébauche en 2001, lorsque nous avions été sollicités pour organiser à Port-au-Prince une grande manifestation littéraire à l’occasion de la célébration de l’indépendance d’Haïti.
La situation politique n’en avait pas permis la concrétisation mais des liens d’amitié et de confiance avaient été noués avec les écrivains de l’île. Une exposition monumentale « Vaudou, le nom du monde est magie » avait été montée par Michel Le Bris en 2003 à l’abbaye de Daoulas grâce à la mobilisation des artistes, et particulièrement du regretté Tiga, récemment disparu, des collectionneurs, du « hougan » Max Beauvoir, du directeur du Musée de Port au Prince, M. Lerebourg : les débuts d’une histoire d’amitié qui n’a cessé, depuis, de s’enrichir.
2001-2007 : il aura fallu tout ce temps, et bien des aventures, bien des voyages, pour parvenir enfin au but ! L’obstination, aussi, des écrivains haïtiens regroupés dans une association « Étonnants Voyageurs- Haïti » présidée par Lyonel Trouillot et Dany Laferrière. Et le soutien actif du Ministère de la Culture haïtien, de la fondation Fokal ainsi que des services culturels de l’ambassade de France. La manifestation est organisée conjointement par l’association-mère Étonnants Voyageurs (France) et l’association « Étonnants Voyageurs-Haïti ».
La Caraïbe, écrit Édouard Glissant en ouverture de l’anthologie Paradis brisé « c’est d’abord un tournoiement, une ivresse de la pensée ou du jugement, une nécessité du tourbillon et de la rencontre – et de l’accord des voix ». Autrement dit, l’espace même de déploiement de toutes les richesses de la littérature-monde. Dont le festival de Portau- Prince, n’en doutons pas sera le lieu majeur d’affirmation.
Michel Le Bris Président de l’Association Étonnants Voyageurs

Toute écriture est une île qui marche
Quoi de plus tumultueux qu’une île pour secouer les torpeurs, réveiller les passions, ouvrir la littérature au vent du large.
Quoi de plus ouvert qu’une île pour accueillir des voyageurs de tous lieux, de toutes parts ! Le Festival Étonnants Voyageurs Haïti entend s’ouvrir à tous les lieux du monde. À cette zone voisine, l’archipel caraïbe, composé d’îles soeurs, véritable espace polyglotte et palpitant.
Quoi de plus disponible qu’une île pour accueillir tous les continents : l’Europe, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique ! En un mot, le souffle du monde : des paroles à tous vents, libres, différentes et uniques.
Des langues confondues dans lesquelles chaque écrivain se crée la sienne. Sans hégémonie ni interdit, sans remparts ni dictionnaires contre les idées et les rêves.
Quoi de plus beau qu’une île qui marche pour aller vers le monde ! Quoi de plus grand qu’une île qui donne pour recevoir en retour, une île qui se confond avec l’océan pour dissoudre les frontières.
« De nos coeurs à d’autres coeurs De nos montagnes à d’autres montagnes » Quelles questions se posent à la littérature ? Quelles questions peut-elle encore poser ? Que reste-t-il de l’autonomie du discours et de la fiction par rapport au référent, au réel ? Qu’est-ce que le réel de la littérature ? Quelles questions spécifiques se posent aux littératures de langue française ? Comment habiter le bilinguisme ou le multilinguisme qui caractérise la plupart des écrivains dits « francophones » ? Comment évoluent les genres littéraires ? Existe-t-il des genres en crise et des genres dominants ? Comment se construit l’identité individuelle de l’écrivain dans la résistance soit à l’idéologie, soit à l’enfermement, soit au marché ? C’est autour de ces thèmes et d’autres aussi fondamentaux qu’une soixantaine d’écrivains se réuniront à Port-au-Prince du 1er au 4 décembre 2007. Pour discuter d’une littérature où le pouvoir des mots ne s’associe à aucune équation numérique, où l’univers ne se définit pas simplement par des réalités économiques et des conditions historiques assommantes mais par le souffle des hommes et des femmes qui lui donnent vie.
Chaque écriture porte en soi le monde et son rêve de fraternité.
L’écriture porte en elle le monde et son rêve de fraternité.
Toute écriture est une île qui marche.

Les Auteurs
Bonel Auguste (Haïti)
Gary Augustin (Haïti)
Russell Banks (États-Unis)
Dominique Batraville (Haïti)
Madison Smartt Bell (États-Unis)
Philippe Bernard (France)
Roland Brival (France/Martinique)
Hans Christoph Buch (Allemagne)
Georges Castera (Haïti)
Syto Cave (Haïti)
Christophe Philippe Charles (Haïti)
Pierre Clitandre (Haïti)
Maryse Conde (États-Unis/Guadeloupe)
Louis-Philippe Dalembert (Haïti/France)
Edwidge Danticat (États-Unis/Haïti)
Joël DES Rosiers (Québec/Haïti)
Jean-Marie Drot (France) -sous réserve-
Marc Exavier (Haïti)
Jean-Claude Fignole (Haïti)
Franketienne (Haïti)
Pedro-Juan Gutierrez (Cuba) -sous réserve-
Jamaica Kincaid (États-Unis/Antigua)
Moussa Konate (Mali/France)
Dany Laferriere (Québec/Haïti)
Yanick Lahens (Haïti)
Josaphat-Robert Large (Haïti)
Michel Le Bris (France)
Yvon Le Men (France)
Robert Louit (France)
Alain Mabanckou (États-Unis/Congo)
Eduardo Manet (France/Cuba)
Kettly Mars (Haïti)
Daniel Maximin (Guadeloupe)
Jean Metellus (France/Haïti)
Jean-Euphèle Milce (Haïti)
Mayra Montero (Cuba) -sous réserve-
Charles Najman (France)
Wilfried N’sonde (Allemagne/Congo)
Fabienne Pasquet (France/Haïti)
Ernest Pepin (Guadeloupe)
Anthony Phelps (Québec/Haïti)
Claude C. Pierre (Haïti)
Gisèle Pineau (Guadeloupe/France)
Paulette Poujol-Oriol (Haïti)
Patrick Raynal (France)
Alain Sancerni (France)
Boualem Sansal (Algérie) -sous réserveÉric
SARNER (France) -sous réserve-
Simone Schwarz-Bart
Luis Sepulveda (Chili/Allemagne)
Karla Suarez (France/Cuba)
Évelyne Trouillot (Haïti)
Lyonel Trouillot (Haïti)
Gary Victor (Haïti)
Abdourahman A. Waberi (Djibouti/France)

Un festival au coeur de la ville
Ce rendez-vous des littératures de la Caraïbe, nous l’avons voulu résolument inscrit dans la réalité de la ville, afin que tous les publics soient concernés – d’où l’accent mis, aussi, sur la parole, la lecture, le spectacle vivant. Tous les Haïtiens, bien sûr, n’ont pas accès au livre, mais tous ont un rapport à l’imaginaire : lettrés ou non, nous avons tous besoin de chanter, de nous raconter des histoires, d’habiter le monde de nos rêves.
De même, nous avons décidé d’aller à la rencontre des lycéens et des étudiants dans le droit fil de ce que nous faisons depuis des années à Bamako pour le plus grand plaisir des auteurs. Notre deuxième souci aura été de proposer les meilleures conditions de confort et d’écoute pour les réunions proprement littéraires. Tout cela exigeait la mobilisation de tous les moyens tant à Pétion Ville qu’autour du Champ de Mars, et nous tenons à saluer l’implication dans cette aventure de l’Institut français et de sa Médiathèque, de la Fokal, des ministères haïtiens de la culture et de l’éducation.
Cette première édition de ce qui deviendra, nous l’espérons, un rendez-vous régulier, démarre donc avec une belle ambition ! – Pétion-Ville Ce sera un des pôles du festival. Les auteurs et les journalistes seront logés dans d’excellentes conditions de confort dans les hôtels El Rancho et Villa Créole, à deux pas du Ritz Kinam, sur la Panaméricaine, artère principale de Pétion Ville. Là, au Ritz Kinam, deux lieux, le premier dans une salle couverte, le second en contrebas sous structure légère, d’une capacité chacun de 130 places seront aménagés pour des rencontres, débats et lectures.
Le Ritz Kinam proposera également un espace, un espace d’accueil réservé aux journalistes et aux auteurs, un espace accueil du public, un espace restauration pour 80 personnes, un espace bar et un parking de 60 places.
Exposition Jacques Roumain à la galerie Monnin La galerie Monnin, une des plus importantes d’Haïti, mondialement connue pour le rôle qu’elle a joué dans la diffusion de la peinture haïtienne, inaugurera le 1er décembre une belle exposition en hommage à Jacques Roumain, l’auteur de Gouverneur de la Rosée une oeuvre majeure dans l’histoire des lettres haïtiennes.

À Port-Au-Prince, à proximité du Champs de Mars
Ce sera le pôle majeur du festival. Là, les espaces disponibles permettent de conjuguer plusieurs dimensions du festival : débats, rencontres, projections, spectacles et animations.
– La fondation Fokal
Un lieu essentiel de la vie culturelle de la ville. Là le public se verra proposer cinq espaces de rencontres : un auditorium pouvant accueillir débats et projections, la bibliothèque, et l’Atrium. La Fokal abritera également un espace librairie.
– Institut Français d’Haïti
Autre lieu essentiel de la vie culturelle de la ville, l’institut français proposera au public des rencontres dans ses différents locaux :
– l’après-midi dans la cour de l’Institut
– à la Médiathèque pour des rencontres plus intimes avec les auteurs
– Auditorium de la Chambre de commerce
Chaque matin, une rencontre importante dans cet auditorium parfaitement aménagé.
– Kiosque Occide Jeanty
Le Champ de Mars est le coeur de la ville, où la population se rassemble, se rencontre. Dans le Kiosque, bel espace circulaire en plain air, nous imaginons un programme quotidien de lectures de textes privilégiant les auteurs invités (16.30 – 18.00) par des comédiens. Puis le soir des projections sur écran géant d’un grand film de fiction en lien avec les thématiques du festival.
– Espaces sous les arbres du Champ de Mars
Ces espaces sont des lieux naturels de rencontre, nous imaginons occuper ces lieux pour des lectures, des performances des brigades poétiques.
– Lycées
Des rencontres seront organisées le lundi et mardi matin, dans quatre lycées de Port-au-Prince
(programme en cours d’élaboration).
– Salle de presse
Une salle de presse équipée sera mise à disposition des journalistes au Ministère de la Culture.

Rencontres, Débats
« La Caraïbe, c’est d’abord un tournoiement, une ivresse de la pensée ou du jugement, une nécessité du tourbillon et de la rencontre – et de l’accord des voix ».
Édouard Glissant

Lectures, rencontres autour d’une oeuvre ou d’un auteur, débats, spectacles, projections, café littéraire… Foisonnante et diverses sont les littératures caribéennes, et formidablement actuelles, au carrefour des mondes, où se retrouvent portées à incandescence les interrogations du temps. Un monde nouveau émerge peu à peu. Pour le meilleur, ou pour le pire ? Une chose est sûre : ce sont les artistes, les musiciens, les écrivains, d’abord, qui donnent visage et voix à l’inconnu du monde… Lectures, rencontres autour d’une oeuvre ou d’un auteur, débats, spectacles, projections, café littéraire… En voici quelques éléments, quelques pistes tracées, des axes majeurs dessinés. Assez, espérons-nous, pour vous mettre en appétit. Imaginer ce que seront ces journées. Mais la liste n’est pas close encore. D’autres débats, des spectacles, des interventions de rue s’y ajouteront. Pour que

Port-au-Prince pendant ces journées soit le coeur battant des littératures de la Caraïbe.
Littérature-monde : les enjeux d’un manifeste.
Musique et littérature : la musique peut-elle faire danser les mots ?
Quel est le lien entre ces deux formes d’expression ? L’une se nourrit-elle de l’autre ?
« Haïti chérie » vue d’ailleurs
Illusion réaliste et imaginaire, dans le traitement d’Haïti par les écrivains étrangers
« Il faut des fois que les dieux meurent… » Le mythe est-il encore présent en littérature ?
La mémoire : inspiration ou carcan ? Écrire pour oublier ou ne pas oublier ?
Porteuses d’histoire
La ville est mon théâtre : des écritures qui voyagent dans l’espace urbain
Langues d’écriture : chaque écrivain invente sa propre langue
Le Roman du réel
Le métissage : réalité ou nouvelle idéologie littéraire ?
Le concept de littérature métisse a-t-il une pertinence dans le travail de l’écrivain ?
Littérature et engagement
La littérature doit-elle interpeller le politique ?
Le corps et sa danse
Comment se construit la dimension physique du personnage dans sa représentation et ses besoins ? Ya- t-il une poétique des corps ?
L’enfance : ignorée, présente ou simplement opportune, depuis Justin Lhérisson et Victor Hugo, a-telle droit de cité dans la littérature adulte ?
Faut-il brûler la littérature coloniale ?
Poser la question du rapport à la mémoire chez les écrivains des sociétés post-coloniales
La poésie est-elle encore possible ?
Après le surréalisme, avec la crise des idéologies politiques, la poésie peut-être être plus qu’un simple jeu formel ?
Poésie et modernité
Retrouver le poème en prise avec le mouvement du monde, loin du champ clos des laboratoires formalistes et des afféteries post-modernes ?
La littérature et le grand large
La fiction moderne peut-elle encore être portée par le souffle des grands voyages ?
Faut-il encore parler de réalisme merveilleux ?
Au commencement était le souffle…
Qu’advient-il de l’oralité en littérature ?
L’invention de la langue
Amour, identité, sexe et littérature
Le nom du monde est magie : Vaudou et littérature
Pour découvrir le spiralisme
L’écriture théâtrale
Une autre Amérique
Antilles françaises, malades de leur histoire ?
Le roman de l’histoire.
Comment un personnage historique devient un personnage de roman
J’écris en français dans une langue étrangère
Haïti est un poème
Littérature de l’exil
Caraïbes sur Seine
Rencontre Afrique/Antilles
Le monde est un roman noir
Saveurs d’enfance
Saveur des mots, saveur des mets
Cuisine et flibuste
L’écriture féminine en Haïti
L’aventure de la flibuste
Rêve et littérature romanesque en Haïti
Adaptations théâtrales : « Ton beau capitaine »
Jacmel, ville lumière
Besoin de poème
Pour saluer Jacques Roumain
Malraux et André Breton en Haïti, une évocation de Jean-Marie Drot
Graham Greene en Haïti, une évocation avec Robert Louit, son traducteur