Événements

La Cinémathèque de Bretagne propose : Images d’Algérie
Hommage à Mohamed Chouikh et Carte blanche à René Vautier – dans le cadre de Djazaïr 2003

Français

Hommage à Mohamed Chouikh
en sa présence

Brest – Cinéma Mc Orlan : 8 avril
Brest – Petit Théâtre du Quartz : 9 avril
Lannion – Cinéma Les Baladins : 10 avril

Carte blanche à René Vautier,
le cinéma algérien depuis l’indépendance
en présence de René Vautier, Mohamed Lakhdar-Hamina,
Mohamed Bouamari, Ahmed Rachedi, Belkacem Hadjadj

Brest – Petit Théâtre du Quartz : 13 et 14 mai
Rostrenen – Ciné Breizh : 13 mai
Douarnenez – Cinéma Le Club : 14 mai
Brest – Cinéma Mc Orlan : 15 mai
Saint-Renan – Cinéma Le Bretagne : 16 mai


Présentation
Cette programmation permettra de découvrir une sélection de films de fiction majeurs, dont beaucoup avaient disparu des écrans, reflétant la richesse et l’originalité de la cinématographie algérienne qui est une des plus importante du continent africain.
Les liens tissés entre la Bretagne et l’Algérie sont nombreux, en particulier entre les Kabyles et les Bretons dont les langues ont des parcours similaires. La Cinémathèque de Bretagne, dont le mandat est de faire connaître les cinématographies bretonnes, nationales et internationales, est soucieuse d’établir un dialogue permanent des cultures. Aussi, Images d’Algérie propose un coup de projecteur sur le cinéma algérien depuis l’indépendance. Le travail de formateur de René Vautier qui a initié toute une génération de cinéastes algériens y sera mis en valeur par la diffusion de plusieurs de ses films ainsi que d’œuvres de réalisateurs ayant contribué à la création de cette jeune cinématographie. Un hommage sera aussi rendu à Mohamed Chouikh dont les films dénoncent la condition féminine dans son pays ainsi que toute forme d’intolérance à travers le monde.
La cinématographie algérienne est née quelque part dans le maquis en 1957, en pleine guerre d’indépendance. René Vautier, un jeune réalisateur breton qui a rejoint la lutte de libération, crée une école de formation de cinéma, le groupe cinématographique « Farid » où l’on retrouve Ahmed Rachedi, Djamel Chanderli. Ils réaliseront plusieurs documents dont Algérie en flammes (1957).

Dans les années 60, la thématique de la guerre est omniprésente dans le jeune cinéma algérien. On cherche à forger l’image du héros combattant de la liberté et fondateur de l’identité nationale. Quelques réalisateurs sont formés dans les pays de l’Est, notamment à Moscou, des infrastructures nationales sont créées. Plusieurs films de cette décennie feront date, dont Un Peuple en marche de René Vautier, Ahmed Rachedi et Nacer Guenifi, L’Opium et le bâton d’Ahmed Rachedi, Le Vent des Aurès de Mohamed Lakhdar-Hamina qui obtiendra le prix de la première œuvre au Festival de Cannes et marquera la naissance de fait du cinéma algérien. Quelques années plus tard, avec son film Chronique des années de braise, il sera le premier cinéaste du continent africain (et le seul jusqu’à présent) à décrocher la palme d’or.

Les années 70 mettent en valeur des thèmes nouveaux liés à la construction du socialisme, tels le statut de la femme, le déracinement et surtout la révolution agraire. On ancrera les films dans le monde paysan plutôt qu’en ville, comme dans Le Charbonnier de Mohamed Bouamari. Une œuvre fera exception, Tahia ya Didou de Mohamed Zinet, tenant à la fois du documentaire et de la fiction, on y découvre entre autre une apologie très poétique de la ville d’Alger.

En 1976, Merzak Allouache, avec Omar Gatlato ouvre une véritable brèche en parlant avec humour de la vie quotidienne, des préoccupations de la jeunesse urbaine qui n’ont plus grand chose à voir avec la révolution. Le désengagement progressif de l’état encouragera d’autres réalisateurs comme Mohamed Chouikh à critiquer la société et le discours officiel.

Dans les années 90, la montée de l’intégrisme religieux et l’arrêt du processus démocratique contraindra de nombreux réalisateurs au silence ou à l’exil. Ils poursuivent à l’étranger une carrière toujours influencée par les événements et l’évolution de leur pays. Rares sont ceux qui, à l’instar de Mohamed Chouikh et de Yamina Bachir, réalisatrice de Rachida, continuent à signer de longs métrages de fiction tout en résidant en Algérie.
La Cinémathèque de Bretagne tient aussi à consacrer, dans le cadre d’Images d’Algérie, une soirée au cinéma Kabyle dont les réalisations, très peu nombreuses, ont longtemps été empêchées par le pouvoir. Jusqu’à présent, seulement trois longs métrages de fiction en langue kabyle auraient été tournés, dont Machaho de Belkacem Hadjadj et La Montagne de Baya d’Azzeddine Meddour. Un cinéma qui milite pour une berbérité longtemps cachée.

Carte Blanche à René Vautier
du 13 au 16 mai à Brest, Douarnenez, Rostrenen et Saint-Renan)
Depuis son départ en 1957, caméra au poing, dans le maquis du FLN, jusqu’à la création du Centre audiovisuel d’Alger après l’indépendance, René Vautier participe activement à la naissance du cinéma algérien. Il a tourné les premières images produites par le FLN (Algérie en flammes). Son implication dans la réalisation, la scénarisation des premières œuvres de l’Algérie indépendante est primordiale pour le développement du cinéma national. Même après un retour en France il reviendra tourner Avoir vingt ans dans les Aurès (prix de la critique internationale à Cannes en1972). La période algérienne de ce cinéaste révolté est l’une des plus féconde de sa vie professionnelle.

Les films de cette carte blanche font partie des plus significatifs de la cinématographie algérienne. Notre propos n’est pas de montrer uniquement des films de René Vautier mais plutôt de mettre en valeur le résultat de son travail de pédagogue et de sensibilisateur. Les réalisateurs de cette programmation sont tous des héritiers du travail de formation et de fondation qu’a pu mener René Vautier en Algérie. Ils ont signé des longs métrages montrés à travers le monde et primés dans de nombreux festivals.

Hommage à Mohamed Chouikh
(du 8 au 10 avril à Brest et Lannion)
Afin d’illustrer la réalité du cinéma algérien actuel, La Cinémathèque de Bretagne a tenu à rendre hommage à Mohamed Chouikh, ce véritable porte-voix lyrique des désillusions et blessures de son pays. Comédien au théâtre puis au cinéma, avant de prendre la caméra, Mohamed Chouikh est avant tout un conteur mais aussi un homme de passions et de colères. Construisant ses films, tels des fables corrosives dont les métaphores cherchent à hypnotiser le spectateur pour mieux lui ouvrir les yeux sur la réalité du monde et de l’Algérie d’aujourd’hui. Vivant toujours à Alger, il dénonce la condition féminine dans son pays ainsi que toute forme d’intolérance à travers le monde. Nous projetterons ses trois plus récents long métrages (La Citadelle, Youcef et L’Arche du désert) ainsi que Rachida, le premier film de Yamina Bachir, sa femme, qui dénonce l’horreur de ces dernières années, sans la montrer, avec émotion et pudeur.
A l’occasion d’Images d’Algérie, la Cinémathèque de Bretagne invite plusieurs cinéastes à venir présenter leurs films et dialoguer avec le public. Mohamed Chouikh sera à Brest et Lannion lors de l’hommage qui lui sera rendu. René Vautier accueillera pour sa carte blanche Mohamed Lakhdar-Hamina, Mohamed Bouamari, Ahmed Rachedi et Belkacem Hadjadj.