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Bamako
VIIes Rencontres Africaines de la photographie dans la ville et au-delà

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Et vernissage en présence des artistes le mardi 28 octobre à partir de 18h.

Dans le cadre des 7èmes Rencontres Africaines de la Photographie qui se tenaient à Bamako du 24 novembre au 23 décembre 2007, la Fondation Jean-Paul Blachère, avec la participation d’un jury indépendant composé de jeunes critiques africains, a récompensé quatre artistes photographes, une vidéaste et un collectif d’étudiants franco-malien. Ces derniers sont invités en résidence à Apt, au centre d’art de la Fondation, pour présenter une exposition sur l’ensemble des œuvres sélectionnées à Bamako.

Adama Bamba (Mali) :
1er prix de la Fondation Blachère, avec sa série noir et blanc « l’infini, l’inachevé, l’imparfait », Adama Bamba offre une vision très épurée de la ville de Bamako. L’artiste retranscrit plusieurs facettes de la ville de Bamako, en photographiant la nuit, par exemple en se focalisant sur les lignes et la géométrie de la ville. Avec audace, il a posé son objectif sur des poteaux élancés vers le ciel, comme pour souligner « l’Infini », et surtout « l’inachevé et l’imparfait » qui caractérisent la plupart des chantiers en Afrique. Ces images en noir et blanc, avec un réel effort plastique sur les lignes et les contours, cadraient parfaitement avec le thème de la Biennale « Dans la ville et au-delà ».

Sammy Baloji (RDC) :
A 30 ans, le jeune congolais de Lubumbashi, en République Démocratique du Congo, a mis son objectif au service de l’engagement. A travers son œuvre « Gégamines », l’artiste jette un pont entre le passé et le présent. Un passé avec un lourd tribut fait d’exactions et d’exploitation et un présent à l’avenir incertain.
Baloji réussit un subtil mariage entre le numérique et l’analogique sur un même décor, en juxtaposant des images – anciennes – de mineurs enchaînés portant de lourds fardeaux sur leurs têtes devant des rails désespérément vides…

Jodi Bieber (Afrique du Sud)
La Sud Africaine Jodi Bieber, 41 ans, est la seule femme qui a pu se hisser dans le classement du jury. Bieber, avec une touche et une sensibilité féminine, met à nu les tares de la société « arc-en-ciel ». L’artiste frappe notre conscience par des images expressives et lourdes de sens où s’entremêlent la misère et la souffrance humaines. Personnages égarés, désorientés, chairs émaciées, environnement désertique, précarité… La pauvreté se lit sur le visage des protagonistes. L’artiste s’est illustrée par son engagement social. Son esthétique est sobre et respectueuse.

Ghislain El Magambo Gulda (RDC)
Dans sa série du « Boxeur aux gants rouges », avec dextérité, Gulda El Magambo montre une autre facette de l’Afrique, celle des croyances où tout signe ou tout événement est source d’interprétation. L’artiste met en évidence la difficulté qu’éprouvent les devins à exercer leur science en milieu urbain, où leurs pratiques jugées fétichistes et diaboliques sont considérées comme taboues. Sur le plan esthétique, la maîtrise de la lumière montre tout le talent de l’artiste.

Tsvangirayi Mukwazhi (Zimbabwe)
Diplômé de l’African United College of South Africa, il a poursuivi ensuite des études de journalisme à Harare. Il est aujourd’hui photographe indépendant basé au Zimbabwe et son travail a fait l’objet de nombreuses publications internationales parmi lesquelles on peut citer Newsweek et Time Magazine. Dans sa série « Black Diamonds », l’artiste a su séduire le public par ses belles prises de vues d’orpailleurs qui travaillent dans les mines. Sa formation de journaliste l’a certainement inspiré dans ses choix d’angles et de jeux des couleurs.

Amal Kenawy (Égypte)
L’oeuvre d’Amal Kenawy se réfère à plusieurs registres disciplinaires. De la photographie à la peinture, en passant par la sculpture et la vidéo, l’artiste explore un univers onirique et fantasmagorique pour un rendu qui ne laisse pas indifférent. « J’ai souvent essayé d’explorer le monde du rêve et de l’illusion par rapport à notre mémoire de la réalité. Je l’ai fait en percevant un monde métaphorique caché derrière le monde physique », explique l’artiste.

Le Collectif des étudiants de l’E.S.N.D. (Paris)
Le Collectif des étudiants du C.A.M.M. (Bamako)
Le jury a décerné une mention spéciale au travail en commun qui a été fait par les étudiants du Centre des Arts Multi Média de Bamako et de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Cette synergie s’est articulée autour d’un projet de développement sanitaire à l’hôpital Sominé Dolo de Mopti (Centre du Mali).

Résidence des artistes :
du 22 au 29 octobre 2008.