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Roy Hargrove
Un groupe post bop tinté de groove, une autre facette du talent d’Hargrove.

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Plus connu pour ses projet modernes, entre hip-hop, groove et improvisation (le RH Factor), cela n’empêche pas Roy Hargrove de continuer à se consacrer au jazz.
Roy Hargrove côtoie souvent les artistes de la nouvelle scène soul. On l’a entendu auprès de D’Angelo, Bilal ou du rappeur Common. On peut l’entendre sur AmeryKah, le dernier album d’Erykah Badu (ils se connurent au Lycée, à Dallas).
Ce trompettiste de génie revient donc avec un quintet remanié et un album particulièrement inspiré « Earfood » !
Venez découvrir le nouvel album de l’une des plus grandes figures du jazz actuel !

Le trompettiste qui époussette le jazz façonnait une bulle acoustique, hors du temps et des frontières musicales, mercredi 5 février au New Morning. Roy Hargrove s’accorde un retour aux sources en formation serrée, après le succès de ses écarts vers le hip-hop et le R&B avec son groupe RH Factor.
Militant du jazz non référencé et anti intellectualiste, Roy Hargrove distille ses manifestes sonores depuis 1989. Formé à l’école new-yorkaise, le trompettiste s’illustre dans deux univers parallèles mais perméables l’un à l’autre. Tantôt électron libre du jazz de papa lorsqu’il joue avec le fin du fin (Herbie Hancock, Sonny Rollins, Slide Hampton), tantôt figure tutélaire pour la scène hip-hop érudite (Common, D’Angelo, Erykah Badu).
Janus des mélopées groovy, l’artiste n’a qu’une ambition : jouer depuis le fossé qui sépare la musique populaire de la musique plus confidentielle. Pour combler la faille, Hargrove tape du poing sur la partition :

« Le jazz doit être fun. »
Roy Hargrove n’écrit donc pas des chansons que l’on écoute en tapotant poliment du doigt sur son menton. Le pari est donc risqué dans un New Morning où le public scrute méticuleusement les solos virtuoses. Les adeptes du jazz feu d’artifice ont bien tenté en début de concert de ponctuer les élans individuels de « Ooooh (la belle bleue) !  » et de « Aaaah (la belle rouge) ! « , piquant du nez lorsque l’ensemble du quintet se mettait à l’unisson pour édifier un groove urbain implacable. Mais le silence audacieux des plus jeunes parmi l’assistance a fini par gagner le reste de l’assemblée. Un public muet comme pour partager la même évidence : le jazz de Hargrove s’écoute plus qu’il ne s’applaudit.
Par Raphaël Duroy et Etienne Rouillon – RUE89

En fait Roy Hargrove devrait être plus âgé à cause des nombreuses stations de sa vie. Il a été le leader de beaucoup de formations (Bigbands, Quartets, Quintets), il a fait un grand nombre d’albums et de concerts partout dans le monde. Il a joué avec des stars de Soul comme D’Angelo ou Erykah Badu (cette dernière, d’ailleurs, a étudié avec Norah Jones et Hargrove à la fameuse Booker T. Washington School for the Visual and Perfoming Arts de Dallas).

Il a enregistré un album à Cuba, qui lui a valu une nomination aux Grammy. Tout en même temps il a composé et il s’est fait un grand nom de trompettiste.
Son grand talent a été découvert à propos d’une visite à la fameuse école de Dallas par Wynton Marsalis qui l’a amené à New York. Les albums, sortis aux Verve Records et riches en variations, témoignent de la clairvoyance de son découvreur et du talent exorbitant du texan. Hargrove fait partie d’une nouvelle génération qui a intériorisé le R&B et le Hip-Hop contemporains. Il fait la musique du présent, garnie de toutes les influences de l’Amérique des années 80 et 90.

Roy Hargrove est considéré par beaucoup, comme l’un des premiers trompettistes de la planète. Il écope d’un « Grammy » en 97 pour Habana. De toute l’industrie, c’est probablement celui qui travaille le plus (150 concerts par an, voire plus.) Mais si vous ne savez que ça de Roy Hargrove, alors c’est oublier ses multi facettes avec notemment son fameux RH FACTOR et plus recemment son NEW QUINTET

A 36 ans, le trompettiste Roy Hargrove s’est affirmé et s’est établi parmi les meilleurs musiciens de jazz et même au-delà, empruntant des voies toujours plus colorées, difficiles au vu de ses bases musicales mais gratifiantes. Hargrove a laissé une empreinte indélébile sur un vaste champ artistique. Durant son passage chez Verve il a enregistré un album avec une sélection des meilleurs saxophonistes ténors du monde (With the tenors of ours time), un album de standards joués avec des cordes (Moment to moment) et, en 2003, il présente son propre collectif hip/hop-jazz The R.H factor avec le détonant cd Hard Groove (rapidement suivi par le EP sorti en édition limitée, Strength). Hargrove a aussi gagné des Grammies pour deux énormes projets totalement différents. En 1997, le groupe Cubain de Roy, Crisol (dans lequel on retrouve la légende du piano Jesus « Chucho » Valdes ainsi que le merveilleux batteur Horatio « El Negro » Hernandez) gagne le Grammy du meilleur album latin jazz pour l’album Habana. En 2002, Hargrove, Herbie Hancock et Michael Brecker gagnent le Grammy du meilleur album Jazz Instrumental d’un solo ou d’un groupe pour leur collaboration pour Directions in Music.

Avec la sortie simultanée de Distractions et de Nothing Serious, tous deux de nouveaux enregistrements de ses deux ensembles de scène, Hargrove va rapprocher deux de ses univers. Distractions contient le son contemporain funk/jazz de The RH Factor. Nothing Serious nous offre du pur Jazz par le Roy Hargrove Quintet avec en invité spécial Slide Hampton au trombone. « Quand est arrivé le moment de travailler sur un nouvel album, il était devenu clair que Roy avait deux facettes à sa musique » explique Dahlia Ambach-Caplin de chez Verve. « En choisir une plus que l’autre ne lui rendait pas justice, nous avons donc décidé de travailler sur les deux de manière séparée. Le Quintet a enregistré en mars 2005 avec l’ingénieur du son Al Schmitt, 15 fois récompensé par des Grammies, dans son studio de Los Angeles. The RH Factor a enregistré plus tard, en mai, avec l’ingénieur du son Russel Elevado au studio The record Plant à Sausalito.

« J’ai fait plus de tournée avec le RH Factor qu’avec mon Quintet ces derniers temps » songe Roy. « Les gens détournent leur oreille du Jazz. C’est en partie la faute des musiciens de Jazz qui s’efforcent trop d’apparaître cérébraux. Ils n’ont plus de plaisir à jouer la musique et c’est pour ça que les gens ne viennent plus les écouter sur scène. Qu’avons-nous à offrir au monde du Jazz aujourd’hui ? C’est cool d’être innovant. Mais cette innovation doit intervenir dans une musique qui swingue et te fasse te sentir bien. C’est sans aucun intérêt si cela ne te fait pas ressentir quelque chose ».