Événements

Kiomcezo
Rendez-vous à caractère pluridisciplinaire

Français

Kiomcezo, mot composé qui se lit [kiyo mtshezo]en langue shikomori, et qui exprime des notions liées au jeu, à la représentation, et au plaisir.
Washko Ink., structure d’agitation culturelle et citoyenne, en accord avec BillKiss* à Paris et la compagnie O Mcezo*, en partenariat avec l’Alliance franco-comorienne de Moroni, initient ce rendez-vous culturel dans le souci d’une « mise en relief » de la création locale. Il s’agit d’un espace d’expression autorisant à fédérer les acteurs d’une scène à la fois composite et éclatée, sur la base d’une dynamique de rencontres, d’échanges et de mises en abîme, mise en rapport avec un regard invité, un regard extérieur, un regard de professionnel, susceptible de contribuer à l’émergence de nouveaux perspectives de création, pouvant interpeller des circuits internationaux de diffusion de la culture.
Kiomcezo débutera donc ce mercredi 4 mars 09 pour s’achever le samedi 07 mars. Avec un programme fourni de rencontre, d’arts plastiques, de spectacle vivant, de spectacle musical, réunissant sous une même bannière les comédiens du Théâtre Djumbé, de la compagnie O Mcezo*, le plasticien Seda, les voix du ali.amani project, le chanteur Eliasse et son groupe, avec le soutien de l’Alliance franco-comorienne de Moroni. Washko Ink. et BillKiss* comptent renouveler cette expérience ultérieurement, en conviant à chaque rendez-vous à venir un œil extérieur, qui peut être un artiste, un producteur ou programmateur, bref, un professionnel, le but étant de se saisir de cette occasion pour imaginer d’autres perspectives pour la scène artistique comorienne, se situant au-delà des frontières de l’Archipel. Kiomcezo répond à une volonté de s’ouvrir vers le monde alentour, à un désir d’interpeller d’autres publics, également.
Washko Ink. et BillKiss* collaborent depuis bientôt deux ans, en inscrivant toutes leurs actions dans ce concept d‘ouverture : ne pas enfermer la création comorienne dans ses limites insulaires et lui permettre d’accéder à d’autres espaces d’existence professionnelle. Ces deux structures ont coproduit entre autres projets le spectacle Moroni Blues (avec le Théâtre Les Bambous à la Réunion) qui a tourné dans l’Océan Indien depuis février 08 et elles s’apprêtent actuellement à lancer de nouveaux projets, qui seront autant de passerelles entre les Comores et les autres scènes du monde entier.

LE PROGRAMME

Mercredi 04 mars 09 à 18h, « Mkaribiso pvo bandani », au siège de Washko Ink., Muzdalifa, Sanfil, Moroni. Rencontre autour de la nécessité pour la scène comorienne de s’ouvrir sur le monde et sur les circuits internationaux de diffusion de la culture.

Mercredi 04 mars 09 à 20h à l’Alliance franco-comorienne de Moroni, « Qui sommes-nous? », spectacle du Théâtre Djumbé. Collectif de comédiens et metteurs en scène, issu de l’expérience TNC à Moroni. Une des rares compagnies organisées professionnellement sur la scène comorienne. « Qui sommes-nous ? » est un spectacle créé il y a trois ans sur les déboires politiques de l’Archipel. L’histoire ? « Des inconnus se rencontrent dans un lieu étrange. Un lieu vide ? Noirci des tortures morales et du désespoir, un lieu où l’instabilité chante, où les conflits dansent, où la compétence liée au partage des pouvoirs devient hymne national… » Un texte de Mounir A. Hamza, mise en scène par Soumette Ahmed.

Jeudi 05 mars 09 à 18h00, « Seda ngu’po mapiho », retrouvailles dans l’atelier du plasticien Seda à Magudju, Moroni. Saïd Abdallah Ibrahim de son vrai nom, artiste plasticien, réalise principalement des peintures, des sculptures et des installations. Il mène des recherches photographiques aux Comores sur des thèmes spécifiques, tels que l’évolution des anciennes bâtisses en pierre, la disparition des boutres ou les usages dérivés du pneu. Il possède une expérience de l’animation en milieu scolaire par des ateliers d’arts plastiques réalisés dans le cadre des activités de son association. Seda travaille dans l’instant et refuse d’être enfermé dans un courant artistique. « Je ne cherche pas à être célèbre ni à être un Kandinsky ou un Picasso ». Il travaille spontanément, son seul souci est d’arriver à instaurer un dialogue entre ses créations artistiques et le public qui les observe. Car son œuvre « exprime tout. C’est un miroir qui reflète notre vie d’ici et de l’au-delà ».

Vendredi 06 mars 09 à 20h00 à l’Alliance franco-comorienne de Moroni, théâtre avec « La fanfare des fous », de la compagnie O Mcezo*. Nouvellement créée à Moroni, sous la direction de Soeuf Elbadawi, O Mcezo* présente un rendu de la seconde étape de son travail autour de La fanfare des fous, son premier spectacle en création. Histoire d’un peuple en proie à la dépossession. La compagnie compte initier son « école du spectateur » à cette occasion, en conviant des scolaires et des étudiants de l’Université des Comores dans des ateliers de fabrique du spectateur de demain.

Samedi 07 mars à 19h00 à l’Alliance franco-comorienne de Moroni, soirée musicale. Récital soufi avec les voix du « ali.amani project ». Récital orchestré à la suite de la parution à Paris en février dernier d’un disque (label Buda Musique) dédié aux chants confrériques de l’Archipel des Comores au mois de février dernier. Un album réalisé en hommage à la twarika shadhuli et à l’un de ses « khalifa », aujourd’hui disparu, le shehi Ali Amani. Première partie suivie du concert de l’artiste Eliasse. Figure montante de la jeune chanson comorienne. Entre néo-folk et impertinences des temps modernes, Eliasse retisse de l’espoir sous les chemins de lune, avec la démesure d’un petit lutin en vadrouille sur les rives de la mer indianocéane. Eliasse réside à Maore (Mayotte) et propose une fratrie d’étoiles aux âmes en errance.