Événements

Montpellier Danse 2008
29e édition

Français

Danses africaines au programme :

Salia Sanou / Seydou Boro
compagnie salia nï seydou
Poussières de sang
Lundi 23 Juin et mardi 24 juin à 22h Ursulines
Création
La compagnie salia nï seydou est au coeur du renouveau chorégraphique africain.
En 2006, à Ouagadougou, son succès passait par l’inauguration d’un Centre chorégraphique sans équivalent sur le continent, fruit d’une opiniâtre démarche de développement artistique. C’estalors que la fête fut emportée par une tornade de violences, surgie entre groupes armés en ville. Poussières de sang ne s’arrête pas sur cette anecdote.
Mais pour ses chorégraphes Salia Sanou et Seydou Boro, cette pièce résonne avec les moments « où soudain, le temps paisible se transforme en une tempête dévastatrice, nous laisse impuissants sur un sol qui se dérobe sous nos pieds ». Ils se sont appuyés sur des témoignages de corps éprouvés par la vie, nombreux chez eux. Et ont travaillé « sur l’altération, la déshumanisation du corps, sur la fissure profonde, l’oubli de soi, le travail en tension du groupe, la lenteur extrême » avec l’intention « d’explorer la chute, chute verticale du corps qui se brise ». Non sans essayer de « reconstruire à partir de bouts de vie, de poussière, d’effritement ».
Le propos est grave. Poussières de sang n’en est pas moins la pièce la plus ambitieuse de cette paire qui figure depuis longtemps au coeur de la vie chorégraphique montpelliéraine.
Ils y engagent huit danseurs, parmi lesquels Djata, star burkinabé, également chanteuse, et quatre musiciens, incorporés à l’action.

Chorégraphie : Salia Sanou, Seydou Boro
Scénographie : Ky Siriki
Lumière : Éric Wurtz
Costumes : Martine Somé
Avec Salia Sanou, Seydou Boro, Djata Melissa Ilebou, Adjaratou Ouedraogo, Ousseni Sako, oukary Séré, Asha Thomas, Bénédicte Sene
Musique : interprétée en direct par Mamadou Koné (voix, guitare, balafon, flûte), Adama Dembélé (voix, djembé, tama), Pierre Vaiana (saxophone), Oumarou Bambara (kora, balafon, tambour d’aisselle)


Kettly Noël
Chez Rosette
Samedi 28 Juin 2008 à 22H – Cour / Les Ursulines

Venue de la lointaine Haïti, l’impétueuse Kettly Noël est devenue, en dix ans, une figure de proue du renouveau chorégraphique sur le continent africain. Son geste frémit d’intensité expressionniste. Sa vision a les teintes vives d’une société contrastée. Sur fond de Mali traditionnel, sa personnalité tranche, constamment observée. « Ce que tu voudrais montrer de toi, mais aussi ce que tu montres malgré toi, et ce que les gens veulent bien voir de toi, ou pas, toutes ces questions sur le regard sont au coeur de ma nouvelle pièce » annonce la chorégraphe. Elle effectue ainsi « une mise au point » pour livrer son propre regard sur l’Afrique.
Avec, en filigrane, une réflexion « sur quelle danse l’Afrique doit inventer aujourd’hui, se sachant regardée à travers elle ».
En s’installant à Bamako, Kettly Noël s’est mise à éduquer par la danse des enfants des rues, lancer des formations, implanter un festival. Plusieurs des dix interprètes de Chez Rosette sont des jeunes danseurs qu’elle accompagne depuis leurs débuts.
Dix personnages, dix territoires, dix vies, comme autant de révélateurs, cernent la personnalité multiple, exposée, discutée, de Rosette. Cela se passe dans un « maquis », bistrot bricolé à l’air libre, petit théâtre social ouvert au-delà des limites. Chez Rosette vibre donc aussi de musiques, à la croisée des influences, et se soucie de scénographie, pour un projet d’une ampleur que la chorégraphe n’avait jamais connue jusqu’à cette édition de Montpellier Danse.

Conception et direction artistique : Kettly Noël
Avec Kettly Noël, James Germain, Aly Karembe, Bokar Dembele dit Bouba, Souleymane Sanogo dit Solo ou Ousmane Koné (en alternance), Mohamed Coulibaly dit Pap, Lassine Touré dit Kader, Balla Oulé Keita dit Abdel Kader et deux circassiens

Scénographie et costumes : Joël Andrianomearisoa


Les lauréats de Danse l’Afrique Danse
Jeudi 3 Juillet 2008 à 22H – Opéra Comédie

Mai 2008 : Tunis accueille la 7e édition de la Biennale Danse l’Afrique Danse. Juin 2008 :
Montpellier est la première ville de la rive nord de la Méditerranée qui en montre les pièces lauréates, récompensées par une tournée internationale prévue à l’automne.
Depuis douze ans, cette manifestation lancée par CulturesFrance accompagne le renouveau chorégraphique africain.
Tous les noms qui comptent sur le continent y ont un jour été primés.
De jeunes artistes s’affirment. Certains réinterprètent un héritage traditionnel fabuleusement riche. D’autres développent un point de vue saillant, pleinement contemporain, sur un univers qui ne l’est pas moins : celui d’une jeunesse africaine des villes, gagnée par les vents contraires de la mondialisation, avide d’expériences et de circulations nouvelles.
Parmi 102 compagnies candidates, 8 concourent effectivement cette année : elles sont d’Afrique du sud, du Burkina Faso, du Mozambique, de Madagascar, du Kenya, du Congo, de Tunisie.
Ainsi se dessine la carte chorégraphique d’un continent où, bravant les difficultés, plusieurs foyers de création sont apparus, des formations et des festivals ont pris racine. Les contextes spécifiques portent des propos d’auteurs singuliers. Leur grande diversité contredit l’illusion exotique de « la » danse africaine unique et immuable.

Plateau des lauréats de Danse l’Afrique Danse organisé par CulturesFrance et Ness El Fen
Ce plateau réunit les deux compagnies de groupe et un solo, lauréats des Rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’Océan indien.
La tournée des lauréats est organisée par CulturesFrance avec le soutien de RFI et le l’OIF.


Les danseurs Logwé de Toma
Danses acrobatiques du Burkina Faso
Vendredi 4 Juillet 2008 à 22H – Cour / Les Ursulines

Créée en 1973, la troupe des danseurs Logwé est un des premiers ensembles artistiques de la région de Toma, en pays Samo au Burkina Faso, une région où les populations ont su garder vivaces leurs traditions ancestrales. Très actifs dès leurs débuts, les danseurs Logwé deviennent rapidement de véritables icônes dans la région puis dans le pays. Reconnue également au-delà des frontières du Burkina Faso, la troupe voyage en Europe et est reçue au Festival Montpellier Danse 1991. À la fin des années 90, l’heure est venue pour les Logwé de laisser place à la jeunesse. La troupe reste pendant cette période la principale locomotive culturelle de la région.
Cette invitation au Festival Montpellier Danse 2008 est un véritable pari : les danseurs aînés et a relève s’unissent pour donner un nouveau départ au groupe. Les dix danseurs et cinq musiciens vont relater la légende de Logwé au travers de danses vigoureuses, d’acrobaties, de scènes de lutte, mais aussi du langage des masques, de la musique des tambours, de l’arc musical et surtout de ces étonnantes flûtes.
La tradition veut que le filage du coton se fasse de façon collective, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres du village de Toma. Un groupe prépare ce voyage. Logwé, une jeune fille de 10 ans propose de les accompagner mais se confronte à un refus. Elle décide donc de suivre ses aînés à leur insu. Alors qu’elle s’enfonce dans la forêt, trois génies de la brousse la capturent. Ils la gardent trois années durant lesquelles elle observe leurs rites et leurs secrets. Le temps écoulé, les trois génies accompagnent Logwé au village et lui offrent une tête de masque, un couteau et une flûte. Ces cadeaux sont devenus des symboles forts, objets de culte des populations de Toma et des environs. Ils sont toujours visibles auprès des familles gardiennes des traditions.


Mardi 30 Juin 2009 à 18H – La Chapelle Gély


Nejib Ben Khalfallah

Falsou
réserver
Depuis ses débuts en tant qu’interprète dans Discours du chorégraphe Samir Mahfoudh, Nejib Ben Khalfallah a brouillé les pistes tout en accompagnant la difficile reconnaissance de la danse contemporaine en Tunisie. Nejib Ben Khalfallah a donc été entre-temps comédien, animateur, assistant metteur en scène. Mais il revient toujours à la danse : celle des autres, de Imed Jemaa à Walid Aouni ou Sara Jebrane. Ou dans ses propres créations, une dizaine depuis La Sieste, en 1993, Grand écart, Aventure ou Mhayer Sika, récemment primée. Falsou est son nouvel opus, un solo avec juste quelques accessoires comme une chaise à roulettes, une table, un miroir. Nejib Ben Khalfallah entend « s’arrêter un instant. Reprendre son souffle. Repenser sa trajectoire. Déconstruire pour peut-être mieux rebondir ». Ou, pour le dire plus simplement encore, raconter sa condition de danseur dans un pays où cela n’est pas si évident surtout pour un homme, où les lieux de répétitions pour l’art ne sont pas une priorité. Où danser n’est plus seulement un choix mais bel et bien un acte de (sur)vie. Falsou comme autant de facettes d’un même homme, Nejib Ben Khalfallah.
De sa trajectoire, 20 ans déjà de scène, le chorégraphe va faire un « roman » dont il égrène un à un les premiers rôles ; alors sous nos yeux, Nejib Ben Khalfallah sera ce père de famille, ce gentleman, ce voyou, cet artiste. Et il puisera à toutes les sources pour enrichir ce solo-mémoire. À savoir arts martiaux, danse traditionnelle ou orientale, contemporaine ou tango. « Mon corps, j’habite là » dit Nejib Ben Khalfallah. Il ouvre la porte de cette « maison ». À son fronton, il y a juste inscrit Falsou. Vous êtes les bienvenus. pn

Chorégraphie et danse : Nejib Ben Khalfallah
Texte : Monique Akkari
Scénographie : Imed Jemaa
COPRODUCTION : FESTIVAL MONTPELLIER DANSE 2009