Événements

Parloir Haïtien 2004
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Français

HAÏTI, CRI D’ESPOIR
de Georges BÉLECK

Pour la première fois en France
mardi 25, jeudi 27, vendredi 28, samedi 29 mai à 20h30 –
mercredi 26 mai à 19h30 – dimanche 30 mai à 16h

> Théâtre
Par la Comédie Sans Frontières d’Haïti (COSAFH)

« Vivons par et pour le théâtre » La COSAFH

Présentée par la Comédie sans frontières d’Haïti (COSAFH) au cours du Festival des Quatre-Chemins qui s’est tenu en septembre 2003, Haïti, cri d’espoir est jouée par les 22 jeunes comédiens issus de l’atelier inter-universitaire. Cette création théâtrale de Georges Béleck évoque une Haïti meurtrie, déchirée par les siens et délaissée par le monde, empreinte d’une expression collective dont le maître mot est tout de même ESPOIR. Un espoir générationnel et « populaire » reflété par le biais du théâtre.
« J’ai été très attentif à la découverte d’un groupe où se conjuguent la jeunesse, la dynamique de groupe, l’intensité émotive et où Haïti apparaît comme un personnage collectif. Sous le titre significatif de Comédie Sans Frontières d’Haïti (COSAFH), cet atelier inter-universitaire a formulé des règles de jeu assouvissantes.
Sous la direction de Georges Béleck, sa chorégraphie théâtrale stimule une énergie où se recoupent en gerbe, dramaturgie du sens, dramaturgie des corps, dramaturgie vestimentaire.
On sent bien le propos de Béleck : introduire une issue dans la dérive d’une société déchirée, cicatricielle. Partir certes du constat, mais ouvrir une lucarne à l’avenir.
Déchirure, deuil, désespérance, rejet, cri, refus, espoir, le metteur en scène joue avec les registres d’une partition, avec au départ les cercles géométriques de la folie, de l’indifférence, du sarcasme, de la patrie. Rien de robotisé dans ce choral d’ensemble avec la voix-choryphée qui s’y ajoute du dehors.
Les voix sont souvent belles, splendides et le bilinguisme franco-créole voulu par l’auteur n’empêche en rien l’entendement, bien au contraire. Né du terreau haïtien, on sent d’ailleurs à travers l’essentiel des propositions du festival des Quatre-Chemins, un fil qui semble s’apparenter à l’irruption d’un peuple acteur. »
Gabriel Garran
Article paru dans le quotidien haïtien Le Nouvelliste (29 septembre 2003)


HAÏTI D’ÎLE ET D’EXIL
Choix des textes et textes de présentation Bernard MAGNIER
mercredi 2 juin à 19h30

> Une traversée de la littérature haïtienne en 13 auteurs
Mise en espace Luc Clémentin
Les treize auteurs :
Mimi Barthélémy, Georges Castera, Jean-Claude Charles, Louis-Philippe Dalembert, René Depestre, Jean-Claude Fignolé, Frankétienne, Dany Laferrière, Jean Métellus, Anthony Phelps, Emile Ollivier, Lyonel Trouillot, Gary Victor.

Bernard Magnier, journaliste et directeur de la collection Afriques aux éditions Actes Sud, nous plonge par le biais de lectures et de vidéos* au cœur de la littérature haïtienne contemporaine.

« Dans les violences de la difficile quotidienneté insulaire ou dans les incertitudes et les affres de l’exil, les poètes, romanciers, dramaturges et conteurs haïtiens ont, contre vents et Duvalier, de Cédras en Aristide, et parfois au péril de leur vie, maintenu place et dignité d’écrivains.
Haïti de l’île, Haïti de l’exil.
A Jérémie, à Jacmel, aux Abricots, à Petit Goâve ou à Port-au-Prince, mais aussi à Dakar, à Montréal, à Miami ou à Paris, le lieu de leurs intrigues, de leur mémoire et du souvenir demeure, à quelques exceptions près, ancré sur cette terre qui les a vus naître. Tous en témoignent, constatent, dénoncent, inventent et réinventent les bruits et les fureurs, les cris et les chuchotements, à la démesure de ses douleurs, à la mesure de leurs espoirs.
Tous ne cessent d’inventorier un pays et de lancer ainsi leurs mots crus et drus, comme autant de balises incendiaires pour conjurer le drame. D’une écriture rebelle, éclatée, boucanée créole, ils offrent en partage le dire d’une rencontre, parfois brutale, avec une réalité tragique. Ainsi, les soleils des chromos et des cartes postales ont aussi leurs revers et sous la plage, les écrivains débusquent quelques pavés rugueux qu’ils envoient dans la mare de nos idées reçues, de nos sagesses confortables et de nos silences complices.
Haïti de l’île, Haïti de l’exil.
Ce soir, ils seront treize pour amener dans leurs mots un peu de terre-pays. Treize de l’île et de l’exil, comme autant d’éclats dispersés d’un même écho et qui ont su maintenir le cap d’une écriture sans compromis. »
Bernard Magnier

* Littérature haïtienne, entretiens avec Lyonel Trouillot, Emile Ollivier, Frankétienne, Bernard Magnier. Enregistrés à La Chaux-de-Fonds en février 1997. Copyright : Revue littéraire [vwa], La Chaux-de-Fonds, Suisse.


FOUKIFOURA
de et avec FRANKÉTIENNE

vendredi 4 et samedi 5 juin à 20h30

> Une spirale théâtrale par un créateur subversif
et le tambourineur Atissou Loko du groupe Adjabel

« La première fois que je suis passé par-devant le Grand Conseil Implacable, durant plus de quatre heures, j’ai été harcelé de questions saugrenues. Ça fait 20 ans ! Et pourtant je m’en souviens comme si c’était hier… Cet absurde interrogatoire ! La bêtise arrogante ! L’humiliation insupportable sous une pluie de merde, de foutre et de crachat ! Le bourreau ne m’interrogeait qu’avec des merdes, des foutres et des jets de crachat…
Touf ! Touf ! Foutre de merde ! Comment t’appelles-tu ? Petit macaque de merde !… Foukifoura ! Foukifoura comment ?
Foukifoura Belhomme ! Hein ! Belhomme ! Ça c’est la meilleure des plaisanteries ! Laid comme tu es, et tu t’appelles Belhomme !…(…)
Ta gueule ! Ce n’est pas à toi de poser des questions !… Quel est ton métier ? … Artiste, poète, comédien !…C’est ce que tu as dit : comédien ? Hein ! Hein ! Hein ! Hein ! Hein !… Comédien ! HA ! HA ! HA ! HA ! Comédien !… »
Foukifoura est un monologue pluridimensionnel qui présente sous forme de séquences le drame d’un artiste comédien acculé à vivre caché, tout seul dans un lieu retiré. Accusé d’être un créateur subversif à cause de la dimension de son théâtre, il a été appréhendé, torturé et emprisonné. A sa sortie de prison, il renoue avec ses activités théâtrales. Persécuté et flairant une seconde arrestation qui pourrait lui être fatale, il se retire du monde pour vivre dans une absolue solitude. Et là, pour ne pas mourir à petit feu, pour ne pas crever de solitude et d’ennui, il joue tout seul, pour lui-même et avec lui-même, le drame de sa propre existence à travers la fantasmagorie, la folie, la beauté tragique des archétypes du théâtre de la démence et de la violence.
Foukifoura est un hommage à la solitude sublime du comédien transfiguré dans l’espace scénique, lieu de poésie incandescente, fulgurante et tellurique par excellence.
Par-delà la solitude, le délire et la schizophrénie d’un personnage profondément troublé par des traumatismes violents, Foukifoura incarne la folie d’une terre ravagée par des cyclones politiques et des turbulences de toutes sortes.
Né le 12 avril 1936, Frankétienne a déjà produit plus d’une trentaine d’ouvrages.
« Colosse isolé dans son bunker de mots de Port-au-Prince, Frankétienne écrit, écrit, écrit et crie. Il chante, il dessine, il peint. Il édite et publie ses œuvres. Il les diffuse et les vend. Il est le colporteur infatigable d’une œuvre double, triple, surabondante. Une œuvre spirale à la schizophrénie avouée, revendiquée. » Bernard Magnier
Remerciements à Jutta Hepke et aux éditions Vents d’Ailleurs.


BELOVED HAÏTI*

Mise en scène chorégraphique Jenny MEZILE
Mardi 8 juin à 20h30 et mercredi 9 juin à 19h30

> Danse afro contemporaine

Scénographie Massidi Adiatou sur une musique de Steve Coleman
Avec Jenny Mezile et Massidi Adiatou (danseurs)
Tinal (slameur)
Et les photos de Frédéric Koenig


A travers ce spectacle, Jenny Mezile a choisi de laisser surgir ses racines africaines qui constituent pour elle la base de ses acquis, des valeurs, des traditions léguées par ses ancêtres, esclaves africains venant du Bénin, Nigéria…
Cette création n’est pas le procès de l’esclavage, mais plutôt un appel à la capacité de chacun à comprendre le passé pour mieux vivre le présent, dans le respect et la reconnaissance des mélanges de cultures, de traditions d’autrui.
Elle a choisi de travailler avec les modes d’expression (chants, danses, récits, théâtralité, images) essences de la religion vaudou, qui permettent une liaison infinie, intarissable, entre tradition afro-caribéénne et création contemporaine.
* Durée 25 minutes (duo préalable à la création en 2005 de la pièce pour 6 danseurs, un slameur, deux musiciens et un magicien).


VOYAGE-FRAGMENTS
Une exploration de l’univers romancier de Lyonel TROUILLOT
vendredi 11 et samedi 12 juin à 20h30

> Carte blanche à Gabriel Garran
Avec Giscard Bouchotte, Soazig Oligo, Bruno Subrini, Nanténé Traoré

« Qu’as-tu transporté d’indispensable ?
– L’ESPOIR. C’est la plus nécessaire des choses périssables. »
Lyonel Trouillot dans Le testament du mal de mer

Tentative de voyage à travers l’œuvre de Lyonel Trouillot, pages blanches remplies de son encre, personnages grouillants, portraits déboussolés, narrateurs en quête d’eux-mêmes, style précis ou éruptif, rythmique parfois haletante et morcelée, l’oeuvre de Trouillot traverse le maelström contemporain de Haïti. Il en est l’échographe.
« Début septembre 2003, allant rejoindre le festival des Quatre-Chemins à Port-au-Prince (à l’instigation de nos amis belges) et grâce à l’envoi que m’en avait fait les éditions Actes-Sud, je fais connaissance par œuvres interposées de Lyonel Trouillot. Ce sera ma lecture litanique pendant ce séjour.
Durant le parcours aéronautique je lis « Thérèse en Mille morceaux ». Plongée dans la schizophrénie d’une jeune femme habitée par une autre Thérèse en elle, et la contagion de ce mal heureux qui la conduit à sa rupture familiale, sexuelle, culturelle avec ce qu’elle était, son paysage, son milieu. Conduite de texte remarquable, lyrisme concis par chapitres courts entre une Haïti figée et la liberté éblouie d’une Thérèse recousant toutes ses déchirures.
Une fois à Port-au-Prince, je lis pendant mes laps de temps disponibles, trois autres ouvrages dont « La Rue des pas perdus ». Monologues entrelacés d’un jeune intellectuel égaré épris d’une fille d’ordre, d’une vieille prostituée régissant un bordel et d’un chauffeur de taxi, tous pris dans la tornade de l’abomination mettant aux prises le « Président Décédé Eternellement-Vivant » et les « Cohortes du Prophète », autrement dit, Duvalier et Aristide. Roman prémonitoire devant l’horreur politique des massacres, tordant le cou aux chimères récurrentes des hommes providentiels.
Sur place, j’ai reçu le choc violent de l’invraisemblable délabrement haïtien et j’ai fait connaissance de Lyonel Trouillot. Il a tenu à m’écrire de son stylo-plume fétiche cette citation de l’islandais Laxness (Prix Nobel de Littérature) sous laquelle il se place lui et son œuvre : « Je sens que si je ne commence pas à me rassembler, je vais devenir une épave pour le reste de ma vie ».
Gabriel Garran

Remerciements à Clotilde Monteiro et aux éditions Actes-Sud.


JACQUES STEPHEN ALEXIS par ARMAND GATTI

mercredi 16 juin à 19h30

> Carte blanche à Armand Gatti et la Parole Errante
Avec Le dit de la fleur d’or
Lecture musicale par Hélène CHATELAIN
et La sauterelle bleue
Adaptation d’une nouvelle par Armand GATTI, lue par lui-même (1)

« C’est d’abord une histoire d’orthographe et de grammaire, puis tu te prends au jeu et cela te conduit au maquis. » D’emblée, le ton est donné. Dramaturge, poète, mais surtout homme d’action, Armand Gatti a une conception pragmatique du langage. Loin des fioritures rhétoriques, Gatti use de la langue comme d’une arme. Son œuvre, dont on a pu dire qu’elle était le « poème du siècle » est une interrogation constante – par tous les moyens (poésie, théâtre, écriture collective, cinéma, etc…) – sur les possibilités qui s’offrent à l’homme de devenir plus grand que l’homme. Son engagement dans l’Histoire est un moyen de combattre âprement tous les clichés et déterminismes qui pèsent sur l’homme. La nécessité, l’engagement, l’urgence sont en effet inscrits en permanence dans les mots mêmes de celui qui écrit pour changer le passé. Gatti ne cherche pas à décrire le passé – il ne fait pas œuvre d’historien – mais à le changer – démarche poétique. D’où la présence bouleversante dans toute son œuvre de ceux qui sont morts et à qui Gatti offre la possibilité, le temps de l’écriture et de la représentation, de vivre les multiples existences dont ils ont été porteurs.
C’est avec cette démarche qu’installé à Toulouse dans les années 80, à l’atelier de création populaire l’Archéoptéryx, Armand Gatti lance un cycle sur les poètes assassinés.
Dans un lieu où cohabitent et dialoguent la sérigraphie, la vidéo, le théâtre, la peinture et la musique, une interrogation, déjà passée de mode, surgit : qu’en est-il d’une écriture dont l’issue incontournable, est la mort violente de son auteur ? Qu’en est-il des mots qui inventent des actes, qui inventent des mots ?
Jacques Stephen Alexis fût l’un des poètes de cette aventure. De multiples images furent au rendez-vous : celle du romancier qui cherchait à ce que réalisme et merveilleux s’ensemencent mutuellement, celle du fondateur du Parti de l’entente populaire (communiste), celle de l’assassiné en 1961 par les Tontons Macoutes, dernier chapitre de son œuvre d’écrivain où signe tragique du combat politique qui eut raison (?) de son invention de romancier ? A toutes ces questions le conteur décida de faire face en affirmant que « le voyage vers la lune de la belle amour humaine » (2) est fait de tout cela.

C’est de cette histoire-là que le 16 juin Hélène CHATELAIN et Armand GATTI parleront.
(1) A Toulouse, Armand Gatti prit le nom d’Hyppolite Noceur pour signer cette adaptation.
(2) Titre du livre édité à Toulouse par l’atelier de création populaire où Michel Séonnet raconte la vie et le destin tragique du « Compère solaire », écrivain et militant.


SOLDATS-MARRONS
de Mimi BARTHELEMY

vendredi 18 à 20h30, samedi 19 à 16h et 20h30 et dimanche 20 juin à 16h

> Contes
(Tout public à partir de 8 ans)


Textes Mimi Barthélémy
René Depestre (Ode à Toussaint et Ode à Dessalines)
Paul Laraque (Soldats-Marrons)
Musique Francis Bebey
Arrangements Serge Tamas
Avec Mimi Barthélémy et Serge Tamas (guitare et voix)


– « Soldats-Marrons ? On joue comment ?
– Il y a deux camps. Les marrons prennent le large, comme les esclaves qui jadis fuyaient les plantations, se cachaient, marronnaient dans le bois.
Un, deux, trois !
Les soldats se lancent à leur poursuite, tout comme les colons de Saint-Domingue, avec leurs chiens et leurs bâtons, poursuivaient les marrons.
J’adorais jouer le rôle du marron. »

Soldats marrons est une évocation de l’histoire d’Haïti jusqu’à son indépendance en 1804. A travers les yeux, les souvenirs d’école et de vacances de la petite fille qu’elle a été, Mimi Barthélémy conte, danse, chante et célèbre avec le guitariste Serge Tamas, l’esprit rebelle qui anime les enfants d’Haïti ainsi que la victoire de leurs ancêtres, Toussaint Louverture, Dessalines et les esclaves de Saint-Domingue sur leurs maîtres de l’époque.



Autour du parloir haïtien

Expositions :
(dans le hall du théâtre) :
Tableaux et dessins de FRANKÉTIENNE (du 25 mai au 20 juin)
(Vernissage le vendredi 25 mai à 19h30)

Photographies de Frédéric KOENIG (du 25 mai au 6 juin)
Photographe et cinéaste, Frédéric Koenig a exposé au Mexique, en France, en Espagne, aux Etats-Unis, et notamment en 2002 Nouveaux Mondes, Mondes nouveaux, photographies et vidéos sur Haïti à la Société des Arts Technologiques (SAT), en collaboration avec le festival Vues d’Afrique et le forum d’art contemporain AfricAmericA.
Il a réalisé Qui a peur de Camille Cabral ? La Hyène matriarcale, documentaire sur le Dr Camille Cabral et l’association le P.A.S.T.T., The Colors of Kaspar Kameleon, documentaire sur le performeur berlinois Kaspar Kameleon et Talgo inspiro, court métrage expérimental.

Photographies de Katherine-Marie PAGE (du 7 au 20 juin)
Juriste de formation, Katherine-Marie Pagé pratique la photographie depuis son plus jeune âge. Alliant l’écriture à l’image, elle édite en 1995 Chair de pierre, un recueil de ses nouvelles et photographies réalisées à Rome. A partir de 1996, elle expose ses photographies et réalise sa première commande de reportage en 1997 pour l’Association Partage avec les Enfants du Monde, au Bangladesh. Elle en rapporte des images qui donneront lieu à plusieurs expositions à Paris. Depuis 1999, elle séjourne régulièrement en Haïti où elle photographie et écrit la vie des haïtiens au jour le jour. En 2001, elle édite Haïti … un autre regard, un carnet de voyage publié en France et en Haïti, primé au Salon international du livre insulaire à Ouessant. Elle a exposé les photographies et présenté l’ouvrage à diverses occasions en Haïti, en Belgique, en France à l’Unesco et la Cité des Sciences et tout récemment au Bénin. Haïti, lumières …, un nouveau carnet de voyage sur Haïti est sorti en France et en Haïti en novembre 2003 à l’occasion du Bicentenaire de l’Indépendance d’Haïti de 2004.


Rencontre :
Jeudi 3 juin à 20h30 (entrée libre)
avec Frankétienne, animée par Bernard Magnier, illustrée par des extraits de textes de Frankétienne lus par un comédien.


Cinéma :
dimanche 13 juin (entrée libre)
Deux documentaires autour d’Haïti au Centre Culturel Confluences. Les projections seront suivies de débats (en partenariat avec le Collectif 2004 Images).

Cinéma Soleil (à 15h)
Réalisation Jean-Paul de Zaeytijd
Belgique, 2001, (Did Guibbels ! Films) 52 minutes

Ce documentaire est à la fois une nouvelle preuve de la tragédie que vivent les Haïtiens au quotidien, qui chaque jour doivent recourir à l’imagination pour pouvoir survivre à défaut de vivre, et pourtant, il constitue également un nouvel exemple de la vitalité et de la créativité qui étonne toujours chez ce peuple meurtri. Depuis quelques années, deux jeunes de Cité Soleil, le plus vaste bidonville de Port-au-Prince, organisent des séances de cinéma quotidiennes. Chaque jour Claudy et Wilner bravent les nouveaux obstacles qui s’offrent à eux : coupures d’électricité, panne du téléviseur, batteries constamment déchargées…mais leur ténacité et la détermination qui les pousse à poursuivre cette activité devenue essentielle dans un environnement vierge de toute distraction prend valeur d’exemple pour toute une génération en quête d’un avenir meilleur.

Haïti dans tous nos rêves (à 17h)
Réalisation Jean-Daniel Lafond,
Québec, 1995, 52 minutes

Il y a 50 ans, René Depestre, jeune poète en colère, rêvait de changer le monde en Haïti. En 1959, la dictature de Duvalier le chassait sur les chemins de l’exil. Depuis ce temps-là, écrivain engagé dans son époque, Depestre a traversé toutes les révolutions, de Prague à Cuba en passant par Moscou, sans jamais pouvoir revenir dans son pays natal. Aujourd’hui, « nomade enraciné », il s’est retiré dans la France profonde, à Lésignac-Corbières, entre la vigne et le cimetière où il consacre le temps qui lui reste à vivre à écrire l’Haïti qu’il porte en lui. Mais un jour d’été sa nièce débarque pour lui dire que ses amis l’appellent, que le pays l’attend, que les choses ont changé, que l’espoir renaît, que les barbaries ne sont pas éternelles. Celui qui n’hésite pas à dire « J’essaie depuis quarante ans de comprendre la folie haïtienne » acceptera-t-il de confronter ses rêves à la réalité ?

Confluences : 190 bd de Charonne 75020 Paris – Métro : Philippe Auguste
Réservation indispensable au 01 40 03 93 95



Musique :
En partenariat avec le festival de musiques haïtiennes Ayiti Cheri (organisé par l’association Caraïbes Aller-Retour) au Cabaret Sauvage du 1er au 3 juin 2004 à 20h (invités spéciaux : Bernard Lavilliers et Sergent Garcia).

L’association « Caraïbes aller retour » est née de l’envie de façonner des relations d’échanges culturels – voyages réels, imaginaires ou symboliques entre l’Europe et les Caraïbes, qui fonctionnent véritablement comme des allers et retours justes, équitables et constructifs. Le festival « Ayiti Cheri », repose sur trois principes fondamentaux : présence d’un plateau inédit de musiciens haïtiens, diffusion de leurs musiques à un public, privé et professionnel, le plus large possible, et réinvestissement de moyens financiers, techniques et humains en Haïti. En invitant cinq formations, dont certaines ne se sont jamais produites en France, ce festival présente un panorama de la richesse des musiques haïtiennes, de la tradition aux musiques actuelles.

« ilan ilan » et « Racine Mapou de Azor » (mardi 1 juin à 20h)
« ilan ilan », trio résidant à Paris, ouvrira le festival, accompagné d’autres musiciens haïtiens établis en France, pour accueillir tous ensemble leurs compatriotes venus d’Haïti. « Racine Mapou de Azor », actuellement parmi les groupes de musique traditionnelle ou rasin, les plus populaires, lui succèdera avec ses percussionnistes, chanteurs et choristes, authentiques interprètes du répertoire vaudou.

« Brothers Posse » et « Boukman Eksperyans » (mercredi 2 juin à 20h)
La tradition se marie ici aux rythmes les plus modernes avec deux formations-phare en Haïti : les jeunes musiciens de « Brothers Posse » proposeront leur version – roots haïtienne – des musiques actuelles, tandis que « Boukman Eksperyans », le groupe le plus représentatif du mouvement rasin moderne, fusionnera à son tour rythmes traditionnels, rock et reggae.

« Ti-Coca et Wanga Nègès » et « L’Orchestre Septentrional d’Haïti » (jeudi 3 juin à 20h)
Place à la danse avec « Ti-Coca et Wanga-Nègès » qui animeront le début de soirée, dans le pur style des orchestres de rue et des troubadours haïtiens, avant de laisser la place à l' »Orchestre Septentrional », la plus vieille formation existant en Haïti, et son big band de treize musiciens, qui nous feront chalouper au son des méringues, konpa, bolero et autres « rythmes de feu ».

Cabaret Sauvage : 59 Bd Mac Donald – 75019 Paris – Métro : Porte de la Villette
Renseignement / réservation : 01 42 08 49 32 – 06 25 91 15 82



Informations Pratiques

Réservation > information au 01 40 03 93 95
du lundi au vendredi de 14h à 18h
et les week-end de représentations : samedi de 15h à 18h et dimanche de 13h à 15h

– Prix des places :
18 € (plein tarif), 13 € et 8 € (tarifs réduits) – 10 € tarif unique le mercredi
pour : Haïti, cri d’espoir (25 au 30 mai) Foukifoura (4 & 5 juin) Soldats-Marrons (18, 19 & 20 juin)

10 € (plein tarif) et 6 € (tarif réduit)

pour : Haïti, d’île et d’exil (2 juin) Beloved Haïti (8 & 9 juin) Voyage-Fragments (11 & 12 juin) Jacques Stephen Alexis par Armand Gatti (16 juin)

Attention un tarif réduit est proposé sur présentation d’un billet pour le festival Ayiti Cheri au Cabaret Sauvage.

calendrier du parloir haïtien

Mar 25/05
20h30 – Haïti Cri d’Espoir

Mer 26/05
19h30 – Haïti Cri d’Espoir

Jeu 27/05
20h30 – Haïti Cri d’Espoir

Ven 28/05
20h30 – Haïti Cri d’Espoir

Sam 29/05
20h30 – Haïti Cri d’Espoir

Dim 30/05
16h00 – Haïti Cri d’Espoir

Mer 2/06
19h30 – Haïti d’Ile et d’Exil

Jeu 3/06
20h30 – Rencontre Franketienne

Ven 4/06
20h30 – Foukifoura

Sam 5/06
20h30 – Foukifoura

Mar 8/06
20h30 – Beloved Haïti

Mer 9/06
19h30 – Beloved Haïti

Ven 11/06
20h30 – Voyage – Fragments

Sam 12/06
20h30 – Voyage – Fragments

Mer 16/06
19h30 – J.S. Alexis par Armand Gatti

Ven 18/06
20h30 – Soldats Marrons

Sam 19/06
16h00 – Soldats Marrons
20h30 – Soldats Marrons

Dim 20/06
16h00 – Soldats Marrons

Offre spéciale pour les amis d’Africultures

– Un tarif à 13 € au lieu de 18 € pour :
Foukifoura (4 et 5 juin)
Soldats-Marrons (18, 19 et 20 juin)


– Un tarif à 6 € au lieu de 10 € pour :
Haîti, d’île et d’exil (2 juin)
Beloved Haïti (8 et 9 juin)
Voyage-Fragments (11 & 12 juin)
Jacques Stephen Alexis par Armand Gatti (16 juin)