Événements

La nuit juste avant les forêts
Solo du monde avec choeur Bernard-Marie Koltès / Moïse Touré

Français

Moïse Touré dépayse Koltès* depuis un an et demi, l’emmenant en voyage en Afrique, aux Caraïbes, et au Japon, pour des créations dans les langues de chaque pays et avec des acteurs du cru, à l’enseigne d’un cycle « Koltès – la quête de l’autre ». Même si l’acteur burkinabé Paul Zoungrana et le danseur malien Mamadou Diabaté ne viennent pas de ce périple-là, ils donnent à La nuit juste avant les forêts – solo du monde avec choeur, seule étape française, avec une double création à Évry (l’Agora Scène nationale d’Evry-Essone) et Annecy (Bonlieu Scène nationale), la marque d’un autre côté du monde. Avec ce monologue d’un pauvre garçon perdu dans la grande ville, Moïse Touré fait transparaître bien plus que la désespérance contemporaine qui y est régulièrement
commentée. Il éclaire ce fond de désastre obscur sur lequel nos vies se détachent et que Koltès a su saisir en poète universel. Un fond qui nous vient d’une fatalité plus archaïque qu’historique. Cet angle tragique, Moïse Touré le porte à la scène en reprenant le principe de la tragédie où il n’y a plus ni de personnages ni d’acteurs, mais un récitant dont la parole est scandée et dansée dans un choeur. « C’est un choeur dansant à l’orée des forêts et attendant l’aube – comme une humanité en suspension, comme l’est toute représentation » écrit-il. Artiste associé à Bonlieu Scène nationale Annecy, Moïse Touré a préparé un groupe d’amateurs, dans le cadre d’un projet annecien « Choeur de la Cité / Choeur des hommes », avec le chorégraphe Jean-Claude Gallotta. La séparation entre la scène et la salle devient un trait d’union.
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