Événements

Concert de Fatoumata Diawara illustré par Clément Oubrerie
Concert Dessiné : entre image et musique, une rencontre chaleureuse aux couleurs de l’ Afrique.

Français

La couleur musicale de ce 38e Festival s’ouvre aussi à des horizons très différents avec l’entrée en scène d’un duo très inspiré par l’Afrique : le dessinateur Clément Oubrerie, dont la série Aya de Yopougon réalisée avec la scénariste Marguerite Abouet connaît l’une des plus belles carrières de la jeune bande dessinée d’expression française, et la chanteuse Fatoumata Diawara, aujourd’hui l’une des voix les plus accrocheuses venues du Sud.Fatoumata Diawara a un itinéraire d’enfant de la balle. Comédienne et danseuse depuis l’adolescence, elle apparaît au générique du cinéma africain dès la fin des années 90 (La Genèse du malien Cheikh Oumar Sissoko, Sia, le rêve du python du Burkinabé Dani Kouyaté). Mais, parce qu’elle chante depuis toujours, c’est le monde de la musique qui finit par la happer pour de bon.En 2007, elle évolue en tant que choriste aux côtés de la chanteuse jazz Dee Dee Bridgewater, et la même année passe deux semaines au Chili, à Santiago, avec la compagnie Royal de Luxe. Elle y chante devant 300 000 personnes, en compagnie du groupe de rock Les Balayeurs du désert. Révélation : Fatoumata décide de s’investir complètement dans sa carrière musicale.Ainsi deviendra-t-elle, un peu plus tard, le personnage de la sorcière Karaba dans la comédie musicale Kirikou et Karaba inspirée du film de Michel Ocelot, qui fait un parcours remarqué au Casino de Paris avant de partir en tournée en France puis en Europe. Devenue auteur-compositeur, Fatoumata Diawara se consacre aujourd’hui à la création d’un répertoire folk original et sensible, inspiré notamment de la tradition wassoulou – du nom d’une vaste région d’Afrique de l’Ouest à cheval sur les frontières du Mali, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire. Ses chansons traitent des questions sociales et culturelles du monde africain d’aujourd’hui, et ne manquent jamais de rendre un hommage appuyé aux femmes d’Afrique.De quoi discerner quelques convergences évidentes avec le travail que développe Clément Oubrerie tout au long des pages d’Aya de Yopougon. D’autant que Fatoumata Diawara, quoique d’origine malienne, a été élevée en Côte d’Ivoire à Abobo, un quartier d’Abidjan où elle a grandi. Autrement dit à deux pas d’un autre quartier de la même ville dont ont entendu parler tous les amateurs de bande dessinée : Yopougon, théâtre des aventures d’Aya. Et enfin, comme pour boucler la boucle, on sait aujourd’hui que c’est Fatoumata qui prêtera sa voix au film d’animation inspiré de la bande dessinée, et actuellement en cours de production.Avec autant d’atomes crochus, on ne s’étonnera évidemment pas que ces deux-là aient beaucoup à se dire et à partager. Ce sera sur scène à Angoulême, avec des images, des mots et des notes de musique

Dessins: Clément Oubrerie
Musiciens: Fatoumata Diawara (lead vocal, guitare acoustique), Francis Arnaud (batterie), Hilaire Penda (basse), Guimba Kouyaté (guitare), Corinne Twisthy (choriste)