Événements

47 – Portraits d’insurgés
Exposition pensée et écrite par RAHARIMANANA Photographe : PIERROT MEN

Français

Une sonorité pour commencer : quarante-sept.
Une graphie pour continuer 47.
Des syllabes qui claquent sur la noirceur et deux chiffres, 4, 7, indissociables,
détachés du temps, figeant l’histoire, ramassant la mémoire,
troublant le cours des choses et bousculant la compréhension du monde.

Silence pèse sur la mémoire. Les langues se délient. Des hommes et des femmes voudront comprendre. Dans ce désir, réel cette fois-ci, de vivre ensemble. Des hommes et des femmes, au-delà des frontières et des rapports de force, voudront savoir. Pourquoi en 1947, deux ans après le carnage, deux ans après le « plus jamais ça », pourquoi à Madagascar s’est perpétré
l’un des plus grands massacres coloniaux ? Un massacre commis par les vainqueurs du nazisme ? Par ceux qui ont vu de près les horreurs de la guerre ?

89.000 morts pour revenir aux chiffres, chiffres de l’Etat-Major de l’armée française en 1949. 11.000 un an plus tard selon l’Etat colonial. Probablement 10 à 20.000 selon la révision récente des historiens dans le débat mémoriel actuel, en rajoutant 30.000 morts de dénutrition
dans la forêt. Probablement. Tout n’est que probablement…

« 47, Portraits d’insurgés »…
Madagascar, plus de soixante ans après l’insurrection de 1947, l’écrivain Raharimanana redit les voix qui se sont perdues. Le photographe Pierrot Men fait ressurgir les regards oubliés. De simples femmes, de simples hommes, témoins, entre 82 et 99 ans. Leurs portraits sont nos guides, résolument vivants, survivants, d’un passé gommé des esprits. Leurs témoignages, à la mémoire intacte, les accompagnent. Ils nous rappellent la nécessité de dire l’histoire, pour comprendre les maux et rêves d’aujourd’hui.

Lundi 14 mars 2011, 18h (Hall d’accueil de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, bâtiment B) : inauguration officielle de l’exposition et du cycle de rencontres.