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Ayana V. Jackson – Leapfrog (a bit of the other) Grand Matron Army

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Le séjour à Berlin à l’université des arts avec Katharina Sierverding en 2005 a marqué le début d’une coopération avec l’artiste afro-américaine dont nous avons présenté la série de recherches photographiques Full Circle I sur le Hip-hop dans l’exposition Visualisierte Rhythmen – Musik in der Bildende Kunst Afrikas (Rythmes visualisables – musique dans les arts plastiques africains). Depuis l’exposition Looking Glass Self en 2008, elle est connue des visiteurs de la galerie comme artiste faisant partie du programme. Depuis, nous avons présenté le travail d’Ayana V. Jackson dans diverses expositions collectives, comme dernièrement à Bâle pour Focus 11.

Pour ses recherches photographiques empreintes de sociologie, l’artiste afro-americaine vivant à Johannesburg s’est plongée dans le monde de l’art et des artistes africains et elle est devenue, du moins depuis sa participation à la biennale de photographie de Bamako, une composante essentielle de cette nouvelle caravane continentale. Si les premières photographies d’Ayana V. Jackson avaient encore un fort caractère documentaire, la série Black Madonna marque un tournant dans le travail de l’artiste dont les photographies sont alors mises en scène, comme c’est le cas également pour la nouvelle série exposée : Leapfrog.

Le titre que l’on peut traduire approximativement par saute-mouton se compose d’une série de photographie et d’une vidéo (que nous présenterons bientôt dans le cadre d’une semaine-vidéo). La série de photographies thématise dix étapes de l’histoire de l’évolution de la femme africaine depuis l’époque précoloniale en « sauts » chronologique d’une génération à une autre. S’inspirant de la photographie de Claude Cahun et de Samuel Fosso, Ayana Jackson se met elle-même en scène pour représenter les différentes époques – A bit of the others. Jackson dresse le portrait d’archétypes émanant d’une image traditionnelle de l’Afrique, qui « bondissent » dans la diaspora pour arriver aux temps modernes globalisés. Dans des styles vestimentaires d’époque, elle se présente au temps du colonialisme, des Lumières, de l’abolition, en tant que composant du mouvement de l’indépendance africaine. Toutes ensembles elles forment la Grand Matron Army, que l’on pourrait traduire par l’ armée de la grande matrone, qui représente le principe de mémoire.

La position accroupie renvoie à la figure mythologique de la grenouille et à son rapport à la fertilité. L’aspect de la sexualité qui y est sous-jacent nous amène à nous questionner sur le rôle du désir et de l’objectivation dans le développement social. L’idée de mouvement dans les poses qui précèdent au saut renvoie au franchissement des barrières

Ce travail est né dans le cadre d’une bourse de Paul Gilroy et Stuart Hall avec l’aide de Natacha Bernette (maquillage), Tamara Faniot (stylisme), Sarah Bernstien et Andreas Vlachakis (photographie), David Tlale (design) et Feisel D (maquillage artiste et stylisme). Le film est réalisé en coopération avec Pascale Obolo.

Peter Herrmann. Juillet 2011
Traduction:Audrey Peraldi

Plus d’informations sur l’exposition:http://www.galerie-herrmann.com/arts/aktuelleng.htm

Plus d’informations sur l’artiste:http://www.galerie-herrmann.com/arts/jackson/index_engl.htm