Événements

Dak’art – Prix de la fondation 2010
Exposition des 5 lauréats du Prix de la Fondation Blachère à la biennale de Dakar 2010

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Conformément à sa mission d’aide à la diffusion de l’art contemporain africain, la fondation d’entreprise Blachère parcourt depuis 2004 les rendez-vous de la création contemporaine dont la biennale de Dakar 2010. La Fondation y a sélectionné cinq artistes, du In comme du Off.


Les lauréats :
Mario Benjamin (Haïti)
Maksaens Denis (Haïti)
Jean Katambayi Mukendi (RD Congo)
Moridja Kitenge Banza (RD Congo)
Serge Alain Nitegeka (Burundi)

Jean Katambayi Mukendi, lauréat du Prix de la Jeune Création, a été invité du 4 Octobre au 4 Décembre 2010 en résidence à l’Ecole supérieure d’Art d’Aix-en- Provence.
Mario Benjamin, Maksaens Denis, Moridja Kitenge Banza et Serge Alain Nitegeka sont accueillis à la fondation en résidence de scénographie.


Vernissage le 25 octobre à partir de 18h30.

Mario Benjamin, Haïti
Mario Benjamin est né à Port-au-Prince (Haïti) en 1964, où il vit et travaille. Artiste autodidacte, chef de file de l’art contemporain en Haïti, Mario Benjamin forge un nouveau langage inspiré des influences de son pays et des vibrations du monde. Il est connu depuis une vingtaine d’années pour ses dessins et ses portraits « photo-réalistes » dont la densité des couleurs utilisées confère à ces visages une expression intense, emblématique de sa peinture. Mais, les récentes expositions de Mario Benjamin s’adressent à l’espace. Il crée un environnement à échelle humaine, le spectateur est alors amené à déambuler à travers l’œuvre ou à s’y confronter de manière physique. L’art se rapproche ainsi du « sujet / spectateur » et cesse d’être objet.

Maksaens Denis, Haïti
Maksaens Denis est né le 27 juillet 1968 à Port-au-Prince (Haïti). Il vit et travaille actuellement à Dakar. Diplômé de l’Ecole Supérieure de Réalisation Audiovisuelle à Paris, travaillant durant plusieurs années pour la télévision, Maksaens Denis s’est rapidement tourné vers des expérimentations audiovisuelles qui l’ont conduit à développer une démarche « art numérique » singulière. Son travail, s’inspirant des scènes de rue en Haïti, aborde la misère, le mysticisme, la mort, et plus récemment la situation de son pays après le séisme de janvier 2010. Depuis, 1997, explorant des questions géopolitiques, étudiant les mythes et les croyances diverses des États-Unis au continent africain, observant simplement des hommes, des artistes, des trajectoires, il conçoit des installations vidéos énergiques telles des sculptures interactives, mêlant multimédia, projection vidéo et structure métallique décalée. Avec son œuvre 36 secondes, Maksaens Denis rend hommage à son peuple dont les vies ont basculé en quelques secondes interminable.

Jean Katambayi Mukendi, RD Congo
Jean Katambayi Mukendi est né en 1974 à Lubumbashi (RD Congo) où il vit et travaille actuellement.
La passion qu’éprouve l’artiste pour l’électricité n’est pas sans explication. Né d’une mère travaillant pour une société d’extraction de métal et d’un père électricien, il se retrouve vite dans un monde de mathématiques, de physique et d’énergie, qui est devenu l’axe essen- tiel de son travail d’artiste. Confronté au quotidien à des coupures de courant, Jean Katambayi Mukendi a imaginé un prototype en carton bourré d’électronique qui permet de visualiser ces chutes de tension et ainsi de former ses concitoyens au fonctionnement et au bon usage du réseau électrique, clés d’un développement durable. C’est cette articulation entre technologie, poésie et invention du quotidien qui lui a valu l’étiquette d’activiste et la reconnaissance des hackers occidentaux. Ecoson et Simulen décrivent ces phénomènes électriques que subis- sent la population congolaise et qui affecte aussi notre écosystème.

Moridja Kitenge Banza, RD Congo
Né en 1980 en République Démocratique du Congo il vit et travaille à Nantes (France). Artiste plasticien, vidéaste et musicien, enseignant pendant un an à l’Ecole des Beaux-Arts de Lubumbashi, il part en 2003 pour la France, vers Nantes, pour étudier à l’école régionale des Beaux-arts.
Se réappropriant les codes des représentations culturelles, politiques ou sociales, il réinvente un univers déniant toute donnée géographique comme processus identitaire, celui-là même utilisé par les anciens colons pour enfermer les indigènes et les priver de la liberté de s’inventer. Dès lors, il organise, assemble, trace des figures, tel un géomètre, se dotant des instruments de mesure de cette « maison- monde » qu’il souhaite construire à son usage et à celui des autres.
Hymne à nous et Map of Identity célèbrent la mixité culturelle, dont Moridja, par ses origines et ses voyages est un descendant.


Serge Alain Nitegeka, Burundi.
Né en 1983 au Burundi, il vit et travaille à Johannesburg (Afrique du Sud), où il a récemment obtenu le statut de réfugié. Contraint à l’exil durant son enfance, Serge Alain transpose dans son art les circonstances oppressives de son périple qui l’a amené en Afri- que du Sud. Pour Serge Alain, la migration et surtout l’exil est une expérience universelle, tout le monde peut y participer ou la subir.
Depuis 2009, il poursuit des études aux Beaux-Arts à l’Université de Witwatersrand à Johannesburg. En 2010, son travail est retenu pour être exposé à la biennale de Dakar. Cependant, alors titulaire d’un simple permis de séjour temporaire l’autorisant depuis sept ans à travailler et à étudier en Afrique du Sud mais ne lui permettant pas de voyager hors du pays, il a été contraint de renoncer à participer à la Biennale. Par un geste symbolique, la fondation Blachère lui a remis un des cinq prix qu’elle décerne à la Dak’art.
A travers ces fameux Tunnels, Serge Alain Nitegeka retranscrit l’état transitoire dans lequel se retrouve un Homme lorsqu’il est contraint à l’exil.