Événements

Mbekk Mi
Le souffle de l’océan

Français

Exposition, Photographique et installation de la photographe et cinéaste Sophie BACHELIER, dans le cadre du OFF du DAK’ART 2012 Commissaire d’exposition : Dagara Dakin.

Portraits photographiques et témoignages audio-visuels de femmes sénégalaises rendant compte des sentiments causés par l’absence d’un membre de leur famille parti en migration et dont elles sont sans nouvelles.

Ce projet à fait l’objet d’une publication : LENTEMENT/SLOW dont les auteurs sont Boris Boubacar Diop et de Nando Dalla Chiesa.

Une discussion animée par le philosophe Alpha Amadou Sy, se tiendra le 19 mai lors du vernissage.

Extrait choisi Boubacar Boris Diop, in LENTEMENT / SLOW, édition VMCF, 2010
Traduction en anglais : El Hadji Mustapha Diop :

« Lorsque le soleil couchant se reflète sur la surface de l’eau, / As the setting sun mirrors itself on the surface of the water,
on pense à la phrase qui clôt chaque fois les délirants récits nocturnes de jadis : / the closing formula of those wild nocturnal tales of old comes to mind :
«c’est ici que le conte est allé se jeter dans la mer, le premier à en humer le parfum ira au Paradis / « and here I let the tale vanish into the sea, and the first to smell its fragance will go to paradise ! »
Pourtant, dans ce monde à l’envers, c’est à ce moment seulement que la fable commence à déployer ses fastes. / And yet in the helter-skelter world, it’s only at such a parting moment that the tale truly unfolds in it’s full splendor.
Sous les yeux d’un petit être jaune et noir – point minuscule devant l’immensité de l’Atlantique –, / Under the gaze of a little black and yellow creature – a tiny speck on the vast, blue expanse of the Atlantic
une maison en ruine, au cœur longtemps rongé par le sel marin, hennit et galope dans la nuit. / – stands a house in ruins, its heart gnawed by sea-salt, neighing and high-tailing into the night.
L’océan devient un lac et le lac un miroir où reviennent se dessiner les ombres de ceux qui sont partis. / The ocean becomes a lake, and the lake a mirror, reflecting the returning shadows of those who left.
Ni hommes ni femmes, ils sont des êtres sans âge : juste des lignes noires au-dessus de l’eau. / Neither men, nor women, they are timeless beings : dark lines hovering over the sea.

Rêvent-ils de refaire le chemin à l’envers ? / Do they dream of setting out on a journey home ?