Événements

Regards croisés : Rwanda – ex-Yougoslavie
« Quelle reconstruction 10 ans après le génocide et la purification ethnique ? » Rencontres, débats, projections, spectacles.

Français

Invités d’honneur :
– Jovan DIVJAK, défenseur de Sarajevo, auteur de « Sarajevo Mon Amour »
– Théogène KARABAYINGA, Journaliste à RFI, initiateur avec l’association Fest’Africa de l’Opération Ecrire par Devoir de Mémoire.

Au lieu dit la Chapelle, du 6 au 10 mai 2004
36 Rue D. Casanova 31000 Toulouse (entre Arnaud Bernard et Pont des Minimes)

Du 6 au 10 mai : EXPOSITIONS
« Rwanda 1994 »: Photographies de Bruce Clarke.
Témoins de la Guerre – Témoins du génocide : Les enfants rwandais et Yougoslaves (Dessins rassemblés par Richard A. Salem, Médiateur américain, Editeur du livre’Witness of genocide : The Children of Rwanda’, exposés avec l’autorisation du Centre de Documentation Juive Contemporaine).

Jeudi 6 mai : « De l’implication de la France au Rwanda. L’Etat Français est-il complice de génocide ? »
18h30 : Rencontre avec Survie : Projection – débat autour du documentaire « Bloody tricolore » ; Présentation des travaux et des conclusions provisoires de l’enquête citoyenne organisée par Survie, AICRIGE (Association Internationale de Recherche sur les Crimes contre l’humanité et les Génocide, la CIMADE, l’observatoire des transferts d’armements)
20h30 : « J’ai écrit sur les flammes… » Lecture-spectacle – Voix et percussions par GaronAfrique. Montage de textes d’auteurs des Afriques dits par Eléonore LOU-SIH et René REY. Mise en espace de Bogan. Musiques de Jean-Philippe CARDE
« J’ai écrit sur les flammes… » En abordant le thème de la guerre, GaronAfrique choisit la porte étroite, celle qui force la porte de notre mauvaise conscience et si les textes sont beaux, le coup est rude : Quelques phrases et le génocide rwandais s’invite avec son cortège de corps disloqués. Filets de sang qui n’en finit pas de couler sous nos porte closes (…). Et pourtant, quelque soit l’horreur des textes, il ressort autre chose de ces textes. La force de la littérature africaine, c’est aussi de desserrer l’étreinte. Ils sont si nombreux, ceux qui voudraient bâillonner la parole libre, qu’il faut aimer GaronAfrique qui donne sa voix à ceux qui ont quelques chose à crier. A. R. La Dépêche du Midi 16 juin 2001
22h00 : mini-concert de Jean-Philippe CARDE, « Percussions mélodiques »


Vendredi 7 mai : « De la faillite de la Communauté internationale et de l’ONU »
18h00 : « ONU, L’insoutenable laissez-faire » Projection suivie d’un débat avec Jean-Louis Sylvestre, ancien fonctionnaire à l’O.N.U
19h00 : « les Fantasmagories de Stevanovic » par Stevinko
20h30 : « J’ai écrit sur les flammes… » Lecture-spectacle – Voix et percussions par GaronAfrique. Montage de textes d’auteurs des Afriques dits par Eléonore LOU-SIH et René REY. Mise en espace de Bogan. Musiques de Jean-Philippe CARDE
22h00 : mini-concert de Jean-Philippe CARDE, « Percussions mélodiques »

Sam. 8 mai 2004 : « Ecrire… par devoir de mémoire »
11h00 : Vernissage de l’exposition’Rwanda 1994’en Présence de l’Auteur : Bruce Clarke, Photographe, fondateur de l’association Le Jardin de la mémoire, initiateur du projet de réalisation d’une sculpture mémorielle sur le génocide de 1994 au Rwanda
12h30 : repas de soutien
14h00 : Projection du Film’Rwanda Un cri d’un silence inouï’d’Anne LAINE suivi d’un débat sur le thème : « Les chemins de la reconstruction psychique après le génocide », avec :
– Bernard DORAY, Psychiatre, Président du CEDRATE (Centre de Recherche et d’Action sur les Traumatismes et l’Exclusion), Auteur de « L’inhumanitaire, à l’ère néo-libérale », qui a travaillé à Sarajevo et à Kigali…
– Régine WAINTRATER, Psychanalyste, Thérapeute familiale, Maître de Conférence an Psychologie Clinique auteur de’Sortir du génocide’.
– Esther MUJAWAYO, rescapée du génocide, présidente de l’association des veuves du génocide de 1994, co-auteur de’Survivantes’. (Sous réserve)
– Yolande MUKAGASANA, rescapée, auteur de’la mort ne veut pas de moi’et’N’aie pas peur de savoir’,’Les blessures du silence'(sous réserve)
– Modérateur Jean-Luc BESSEMOULIN-GALABERT, Psychologue, auteur de « De la fonction du psychologue dans les situations d’urgence humanitaire et de trauma Collectif », coordinateur du Collectif des Cent jours.
Rwanda, un cri d’un silence inouï, d’Anne Lainé et Georges Kapler. (Fce, 2003, 52 min, doc.). Au Rwanda, neuf ans après le génocide des Tutsi, les souffrances qu’endurent les centaines de milliers de personnes rescapées du génocide, entravent les stratégies de reconstruction de la société. Les coups de machettes ont blessé et mutilé, le viol systématique des femmes et des petites filles a propagé le sida, et partout il y a cette plaie béante qu’est la souffrance traumatique. Au lendemain du génocide, c’est dans le plus grand dénuement que des hommes et des femmes ont tenté d’apporter des réponses aux séquelles traumatiques. En se situant délibérément sur le terrain de la subjectivité des victimes, et en respectant la pudeur de leur expression, la profonde humanité de leur témoignage, ce film fait entendre un cri qui n’eut comme écho à l’époque que le silence inouï de la communauté internationale.

17h. : Projection du film « Rwanda, pour mémoire » de Samba Félix N’DIAYE, documentaire retraçant l’aventure du projet de Fest’Africa’Rwanda 1994 Ecrire par devoir de mémoire'(Dix écrivains africains ont été invités en résidence d’écriture au Rwanda après le génocide de 1994) suivi d’un autour du thème avec :
– Théogène KARABAYINGA, Journaliste à RFI, initiateur avec l’association Fest’Africa de l’Opération Ecrire par Devoir de Mémoire.
– Catherine MAZAURIC, Professeur de Littérature à L’UTM, auteur d’études sur les écritures de fictions de l’opération Ecrire par devoir de mémoire.
– Modérateur : Hugues LIBOREL-POCHOT, écrivain et Psychanalyste.
19h30 Apéritif et assiettes reconstituantes.
20h30 : « J’ai écrit sur les flammes… » Lecture-spectacle par GaronAfrique.
22h00 : mini-concert de Jean-Philippe CARDE, « Percussions mélodiques »


Dim. 9 mai : « Témoignage et Reconstruction »
15 h. « Conférences débat, Illustrés par des extraits de films de travail sur le Rwanda et la Bosnie Herzégovine produit par le CEDRATE »

– Jovan DIVJAK, N°2 de l’organisation de la défense de Sarajevo, auteur de Sarajevo mon Amour.
– Bernard DORAY, Psychiatre, Président du CEDRATE (Centre de recherche et d’action sur les traumatismes et l’exclusion), Auteur de « L’inhumanitaire, à l’ère néo-libérale », qui a travaillé à Sarajevo et à Kigali…
– Devrim BOY doctorant en Sociologie à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)-Paris, mon laboratoire de rattachement étant le GSPM (Groupe de Sociologie Politique et Morale, Unité du CNRS) Sa recherche porte sur les relations intercommunautaires en Bosnie.
– Catherine COQUIO (Présidente de l’AIRCRIGE, professeur de littérature Comparée à l’Université de Poitiers, a publié « L’histoire Trouée, négation et Témoignage » et « Rwanda – 2004, témoignages et Littérature)
– Serge MUTZINZI (doctorant en sciences politiques IEP Toulouse)

18h30 : « Fantasmagories de Stevanovic » autour de’Prélude à la Guerre’,
20h00 : CONCERT EXCEPTIONNEL DE VRACK, musique d’Europe de l’Est


Lundi 10 mai : « Reconstruction »
19h00 : Projection du Court Métrage « Mjesecar » (« Somnambule ») de Ermin HADŽIC et documentaire sur les rencontres qui ont conduit de jeunes français et bosniaques à produire « Mjesecar »suivie d’une rencontres-débat avec
– Jovan DIVJAK, n° 2 de la défense de Sarajevo, auteur de « Sarajevo Mon Amour »,
– Michel ROUX, Géographe (UTM), spécialiste des Balkans
– Devrim BOY doctorant en Sociologie à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)-Paris, mon laboratoire de rattachement étant le GSPM (Groupe de Sociologie Politique et Morale, Unité du CNRS) Sa recherche porte sur les relations intercommunautaires en Bosnie.



A l’Université Toulouse le Mirail

Lundi 10 mai : 14h – 16 h : « Comment le proche devient l’ennemi ? »
Conférences-débats organisées par ES-MA en Partenariat avec le département de Géographie de l’UTM)
Intervenants :
– Jean-Luc BESSEMOULIN-GALABERT (Psychologue, ES-MA, Coordinateur du Collectif des Cent jours, Mémoire sur la fonction du psychologue dans les situations d’Urgence humanitaire et de trauma Collectif) ;
– Devrim BOY doctorant en Sociologie à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)-Paris, mon laboratoire de rattachement étant le GSPM (Groupe de Sociologie Politique et Morale, Unité du CNRS) Sa recherche porte sur les relations intercommunautaires en Bosnie) ;
– Muhamedim KULLASHI (sous réserve) (Philosophe Kosovar, auteur de « Ex-Yougoslavie : Une Europe du Sud-Est en reconstruction », éd. L’Harmattan », Humanisme et Haine : Les intellectuels et le nationalisme en Ex-Yougoslavie. » Ed. L’Harmattan) ;
– Serge MUTZINZI (doctorant en sciences politiques) ;
– Michel ROUX, Géographe (UTM), spécialiste des Balkans ;
– Stéphane ROZIERE (Spécialiste de la notion d’Epuration Ethnique) ;




A la librairie Ombres Blanches (rue Gambetta, à deux pas de la place du capitole)
Mardi 11 mai à 18h. : Jovan DIVJAK défenseur de Sarajevo, présente son livre
« Sarajevo Mon Amour »


Au cinéma UTOPIA Toulouse, (rue Montardy)
Mardi 11 mai 20h30 : Projection du Film du réalisateur bosniaque Pjer ZALICA « Au feu » suivie d’un débat avec Jovan DIVJAK et des membres de Guernica ADPE

« J’ai écrit sur les flammes… » Lecture-spectacle, Voix et percussion par GaronAfrique

« Coup de sang – En abordant le thème de la guerre, GaronAfrique choisit la porte étroite, celle qui force la porte de notre mauvaise conscience et si les textes sont beaux, le coup est rude : Quelques phrases et le génocide rwandais s’invite avec son cortège de corps disloqués. Filets de sang qui n’en finit pas de couler sous nos porte closes (…). Au fil des textes, au fil des mots, la lecture plonge dans tout ce qui fait la force de cette Afrique malmenée : les dialogues entre les parents et les enfants, la présence forte des ancêtres, la peine de la mère : « J’en ai eu tant d’enfants et ils s’en sont tous allés. » Quelques phrases terriblement simples : « L’espoir, cette marée descendante »… Peut-être pire quand René Rey demande : tu as peur de la nuit ? » Eléonore répond en écho : « Oui ». Nous aussi on peur de cette p… de nuit qui se donne aux plus offrants et qui n’en finit pas.
Résistances – Et pourtant, quelque soit l’horreur des textes, il ressort autre chose de ces textes. La force de la littérature africaine, c’est aussi de desserrer l’étreinte. Ils sont si nombreux, ceux qui voudraient bâillonner la parole libre, qu’il faut aimer GaronAfrique qui donne sa voix à ceux qui ont quelques chose à crier. » A. R. La Dépêche du Midi 16 juin 2001


‘Rwanda, pour mémoire’, documentaire de Samba Félix N’Diaye, 2003. 68 min.
Le génocide des Tutsi et le massacre des Hutu modérés entre avril et juillet 1994 au Rwanda a fait un million de morts. À l’initiative de Fest’Africa, une dizaine d’écrivains africains se retrouvent en résidence d’écriture à Kigali, quatre ans après le génocide, et brisent ainsi le silence dans lequel les intellectuels africains s’étaient terrés. En mai 2000, à l’occasion de la parution des ouvrages inspirés du génocide, écrivains, intellectuels, artistes africains et d’ailleurs se retrouvent au Rwanda pour parler de leurs expériences.
« Ce documentaire est le témoin d’un instant de vie où plusieurs intellectuels africains, un français, tous écrivains, se retrouvèrent au Rwanda quelques années après le génocide, et consécutivement à une résidence d’écriture, pour échanger leurs points de vues, leurs sensations sur le sujet.
Ils y furent confrontés aux traces de l’innommable, comme n’importe lequel d’entre nous, en voyage au Rwanda, peut l’être, dans une église restée en l’état, ossements et cadavres à ciel tout juste couvert, pour faire acte de mémoire.

La caméra, pudique et respectueuse, souvent emphatique, nous offre la possibilité d’effectuer le trajet au rythme où ces voyageurs particuliers l’effectuent et nous rend témoins actifs et bouleversés à la fois des traces de ce passé si proche mais aussi du monde des vivants, des survivants, dans leurs gestes quotidiens, leurs démarches, leurs gestes, leurs silences surtout, comme si l’on pouvait capter au détour d’un regard ou d’une habitude de travail (l’abattage des animaux, par exemple) la manifestation involontaire d’un comportement qui ôterait le premier verrou d’un mystère insondable et ouvrirait la voie à un début de tentative d’explication.
Le film nous tend le miroir d’une humanité déréglée où les fantômes d’un passé douloureux ne cessent de lutter pour continuer d’exister dans nos mémoires défaillantes, fut ce au prix de nouveaux massacres.

La force du film c’est, peut être, qu’à un moment donné l’exemple rwandais et la question qu’il pose, comme lors de tout génocide : comment est ce possible ?, devient une métaphore qui nous renvoie à l’humanité toute entière et au cœur même de notre propre monstruosité, là où le désagréable se fait sentir et où la fuite est de mise.

Peut-on vivre en marchant sur nos morts ? Comment perpétuer la mémoire sans raviver la haine ? Comment perpétuer la mémoire ? Que fait-on des traces de ces autres nous-mêmes ? Les morts doivent-ils être sacrifiés sur l’autel des vivants ? D’ailleurs est-ce possible ? Victimes de massacres, sont-ils condamnés à errer sans fin, fantômes sans paix, dans nos mémoires encombrées et défectueuses ? Comment accéder à la paix ?

Telles sont quelques-unes des multiples questions sans réponse que suscite ce film nous renvoyant à nous-mêmes, à notre responsabilité, à nos propres croyances et nous poussant à réfléchir à la fois sur nos systèmes de fonctionnement sociaux, culturels, humains mais aussi sur nos valeurs, celles que nous souhaiterions transmettre. Les traces de nous, futurs fantômes. »