Événements

Hate Radio de Milo Rau / IIPM
« Si on avait cherché un moyen efficace et rapide d’empêcher le génocide au Rwanda, arrêter les émissions de la radio RTLM aurait pu être un bon début. » Philip Gourevitch, journaliste américain

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La radio de la haine (Hate Radio) était la Radio-télévision Libre des Mille Collines (RTLM), le vecteur audio du génocide des Tutsi au Rwanda. La pièce retrace l’ordinaire de la RTLM, dans un studio installé à l’identique. Des artistes rwandais prêtent leurs visages et leurs voix à la haine au travail, dans son costume de tous les jours. Et en appellent in fine à notre vigilance, si un simple stimulus sonore suffit à réveiller le racisme extrême.

Conférences autour du thème de la pièce Hate radio

À partir du 5 décembre, à l’initiative du metteur en scène Milo Rau et d’Assumpta Mugiraneza directrice du Centre Iriba pour le Patrimoine Multimédia, Rwanda, la soirée continue avec une brève conférence suivie d’une discussion avec le public en présence de personnalités.

Programme conçu et réalisé Assumpta Mugiraneza, Directrice du Centre IRIBA pour le Patrimoine Multimédia, Rwanda.
Modération : Assumpta Mugiraneza et Milo Rau

Le programme détaillé
Mercredi 5 décembre :


Les médias dans le génocide des Tutsi, au Rwanda.
Patrick de Saint Exupery, journaliste – reporteur, responsable de la revue XXI
Au-delà de la pièce de théâtre, la RTLM est une réalité, une épreuve de la modernité de ce crime du 20e siècle qui s’inscrit dans la boucle infernale de l’époque : presse écrite-radio-propagande dans la vie des Rwandais au quotidien. Quelle part de responsabilité ont eu les médias face au génocide des Tutsi, en 1994 ?

Jeudi 6 décembre : Les arts face au spectre du génocide, cinéma, théâtre etc.

Par Dominique Lurcel, metteur en scène, fondateur et directeur de la compagnie passeurs de mémoire.
La propagande génocidaire n’hésite pas à instrumentaliser les créations artistiques. Que peut faire l’art face à un génocide ? Comment l’art peut-il aider dans la reconstruction post génocide ?

Vendredi 7 décembre :
Propagande et médias de la haine dans les génocides, au Rwanda et dans la Shoah.


Yves Ternon, médecin et historien, Paris IV et Mémorial de la Shoah de Paris.
La propagande, un art de la manipulation des esprits : on rappellera les moments forts de certaines propagandesà travers un regard transversal.

Samedi 8 décembre :
Mots et Maux de Génocide – Traumatisme.


Par Régine Waintrater, maître de conférence à Paris VII, psychologue, psychanalyste, psychothérapeute.
Psychologue, psychothérapeute, Régine Waintrater est spécialiste dans le témoignage de l’extrême et du traumatisme.

Mardi 11 décembre :
Rwanda, Médias du génocide et la justice internationale.


Par Antoine Garapon. Ancien magistrat, secrétaire général de l’Institut des Hautes Etudes sur la Justice.
RTLM devant le TPIR ou comment la justice internationale a traité la question des médias de la haine dans le génocide des Tutsi. Quel type de réparation pouvait-on attendre ? Quel traitement peut-on prescrire aujourd’hui aux médias rwandais ? Comment imaginer une prévention qui marche ici ou ailleurs?

Mercredi 12 décembre :
Travail d’histoire face à un génocide de proximité au cœur de l’Afrique.

Par Stéphane Audoin-Rouzeau : Historien, directeur de recherche à l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales.
Ce spécialiste des violences extrêmes qualifie ce qui s’est passé au Rwanda au printemps 94 comme au-delà de tout ce que nous savions jusqu’ici. Il reconnaît avoir mis longtemps à saisir l’aspect génocidaire de ces massacres… Quel sens prend le travail d’histoire dans ces conditions ? Quels en sont les écueils.

Jeudi 13 décembre :
Travail d’histoire – les historiens de la Shoah face au génocide des Tutsi.

Par Georges Bensoussan, historien directeur de la Revue d’histoire de la Shoah.
Une barbarie africaine ou un crime moderne qu’on refuse de voir ? Qu’en a-t-on retenu ? Que pouvons-nous faire aujourd’hui ?

Vendredi 14 décembre :
Travail d’histoire – La représentation ou comment faire partager les expériences singulières ?

Par Nathan Réra,Doctorant en sciences historiques et humanités. « Rwanda, de l’archive à la représentation. La photographie et le cinéma à l’épreuve du génocide des Tutsi (1994-2012). »
Cinéma, théâtre, peinture ou dessins, lorsque l’intervention du tiers propose un espace pour dire l’indicible, partager une histoire individuelle en témoignage comme un patrimoine collectif. Cas du Rwanda.

Samedi 15 décembre :
Travail d’histoire – RTLM 20 ans après : langage de la haine et la société post-génocidaire.

Assumpta Mugiraneza, psychosociologue, directrice du Centre IRIBA et du projet « Dire, Penser… Ecrire l’histoire du génocide ».
Construire et donner accès au patrimoine audiovisuel pour transmettre l’histoire et participer à la prévention.