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Chants et danses du djem alévi
La tradition religieuse alévie est née en Asie centrale et s’est développée en Anatolie. À la fois mystique et humaniste, elle se fonde sur la foi en Dieu, la prophétie de Mahomet, la sainteté de Ali et la quête de la vérité dans le coeur de l’Homme.

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Un quart de la population turque (soit environ 20 millions de personnes) revendique une ascendance et une culture alévies, mais seules quelques régions rurales ont préservé les assemblées mystiques djem bien qu’elles tendent aujourd’hui à se développer aussi en ville ainsi que dans les communautés alévies émigrées à l’étranger. Hommes et femmes y célèbrent ensemble l’ascension du prophète, le miraj, et sa rencontre avec les Quarante Immortels à travers la danse du Semah des Quarante, leur vision cosmogonique dans le Semah des grues cendrées où les femmes, tournant sur elles-mêmes, figurent la rotation des planètes tandis que les hommes, battant des bras imitent le vol de l’oiseau migrateur, ou encore le Semah des coeurs qui symbolise la quête d’harmonie au sein de la communauté. Ils invoquent au son du luth sacré baghlama les douze imams (düvaz), pleurent le martyre de Hussein dans une élégie a cappella (mersiye). Tandis que des chanteurs, les zakir (ceux qui rappellent, remémorent) interprètent en s’accompagnant au luth baghlama ou au violon des chants d’amour mystique (deyish) ou relatant une expérience mystique (nefes). Ces poèmes peuvent être anonymes, de leur propre composition, ou plus souvent l’oeuvre de poètes renommés comme Pir Sultan Abdal, Kul Himmet, Hata’i, Nesimi, plus récents tels que Seyrani ou Aşık Veysel…