Événements

1914 – 2004 Hosties Noires
Hommage aux tirailleurs senegalais – Exposition Collective

Français

Le corps des Tirailleurs Sénégalais
Le corps des Tirailleurs sénégalais a été créé en 1857 par Louis Faidherbe, gouverneur général de l’Afrique de l’Ouest Française. Par tradition, tous les corps d’infanterie africaine ont repris ultérieurement le nom de tirailleurs sénégalais, mais les tirailleurs étaient loin d’être tous sénégalais, ils venaient de l’ensemble des colonies françaises d’Afrique.
A la fin du XIXe, le développement de la photographie et les débuts de la vulgarisation scientifique des travaux d’anthropologie physique établissent une hiérarchie dans les races, l’africaine est la plus mal dotée. L’Afrique noire étant perçue alors, plus comme une nébuleuse tribale que comme une civilisation.
A cette même époque, la fascination populaire pour l’exotisme conduit à la création des premiers zoos humains, ainsi qu’à des expositions coloniales et des spectacles de tribus africaines au Casino de Paris et à l’Alhambra. Ces représentations racistes façonneront et marqueront profondément les imaginaires des contemporains.
C’est dans ce contexte qu’en 1900 les Parisiens découvrent, défilant sur les champs Elysée avec le Capitaine Marchand héros de FACHODA une poignée de géants : les Tirailleurs Sénégalais. Héritiers des piroguiers du fleuve Sénégal, ils s’étaient montrés de précieux auxiliaires des multiples expéditions africaines. Forts de ce succès, plusieurs régiments de Tirailleurs furent mis sur pied.
En 1910, le colonel Mangin publie la Force Noire et lance une campagne d’opinion pour la participation des troupes indigènes à la défense nationale. L’Afrique Noire, dit-il, constitue un réservoir d’hommes à vocation guerrière.
Entre 1914 et 1918, on se lança donc en Afrique dans des recrutements massifs de soldats coloniaux, l’enrôlement se fait parfois par pression sur les chefs de village. Le Sénégal fournira à lui seul plus de 181.500 tirailleurs répartis en 141 bataillons sous les ordres du Général Mangin.
Jusqu’en 1964, les corps de tirailleurs sénégalais serviront dans l’armée française, ils ont encore livré des combats lors de deuxième guerre mondiale, en Indochine, à Madagascar et en Algérie.

Les Tirailleurs Sénégalais en Champagne
Dès septembre 1914, les unités Coloniales s’illustrent dans les batailles de champagne. On peut voir alors sur les cartes postales de l’époque, d’accortes vendangeuses offrant des grappes de raisins à des tirailleurs sénégalais au sourire éclatant.
Dans la Marne, durant l’hiver 1914-1915, le 1er Corps d’armée coloniale a tenu le secteur de Beauséjour – Main de Massiges au prix de lourdes pertes.
Lors de l’offensive du 25 septembre 1915, 10 Bataillons de tirailleurs sénégalais et 13 régiments de zouaves ont été engagés en Champagne.
En avril-mai 1917, 10 régiments de tirailleurs sénégalais et de zouaves ont participé à la conquête des Monts de Moronvilliers dans la Marne.
Mais c’est en juillet-août 1918 que Reims est sauvée grâce à l’héroïsmes des coloniaux.
Aroulandon Andoumoutou, Fode Konate, Thieno Diop, Tran Huu Can, et tant d’autres noms, figurent parmi les combattants tombés pour la défense de Reims, des hommes jeunes arrachés à leur pays, à leur famille, pour venir mourir en Champagne.
Nos adversaires de l’époque écrivaient « Ce ne sont pas des Français qui combattent à Reims. La France a confié la protection de l’ancienne cité du couronnement à des soldats bruns et noirs. Il est vrai que la défense de Reims ne coûte aucune goutte de sang français. Ce sont des nègres que l’on sacrifie. »
Dans sa cathédrale ravagée, le cardinal Luçon proclame « Grâce à l’habileté des chefs et de nos Troupes Coloniales chargées de défendre la place de Reims, la France n’aura pas eu l’humiliation de voir tomber aux mains des descendants des vaincus de Tolbiac, la ville et la cathédrale qui gardaient nos souvenirs les plus sacrés »
Le 13 juillet 1924, dans un faste inouï, sur un emplacement « largement ouvert sur la montagne et le Fort de la Pompelle, théâtre de leurs sacrifices », un monument « aux héros de l’Armée Noire » est inauguré avec « le concours de 500 exécutants indigènes qui participent à un grand défilé historique de l’Armée Coloniale ».
Durant la cérémonie, un poème à la gloire de cette dernière est diffusé par « un haut-parleur puissant ».
Ce monument, réplique exacte de celui édifié le 3 janvier précédent à Bamako, sera détruit en 1940 par les Allemands qui, sans doute, se souvenaient de la cuisante défaite qui leur avait été infligée en ces lieux, par les soldats de l’Empire. Il fallait donc détruire le symbole…
Reims et la Région Champagne Ardenne, après leur délivrance et encore aujourd’hui, n’ont jamais oublié ces soldats coloniaux braves et courageux.

Une exposition
– 1914 – 2004, le 90ème anniversaire de la déclaration de la première guerre mondiale, est l’occasion de rendre hommage aux Soldats d’Afrique Noire tombés dans les champs de batailles de notre Région, hommage véhiculé par l’art contemporain.
C’est ainsi qu’en Novembre 2004, dans l’Ancien Collège des Jésuites de Reims, le public est invité à découvrir le regard porté par des artistes Champardennais sur cette période douloureuse de notre histoire. L’exposition « HOSTIES NOIRES », inspirée par le recueil de poèmes de Léopold Sedar Senghor, se veut un hommage aux tirailleurs sénégalais morts sur le front de la Champagne et de l’Aisne.
Une exposition de très belles photographies de Hervé de Williencourt « Tirailleurs sénégalais : un travail de mémoire » sera présentée parallèlement aux oeuvres des plasticiens par le Musée Saint Rémi de Reims. Elle permettra de découvrir la dimension historique et collective des tirailleurs sénégalais.

Le Thème de l’exposition : Hosties Noires
« Le recueil de poèmes de Léopold Sedar SENGHOR « 
Cet ensemble de textes représentant 41 pages dans la collection Point des Editions du Seuil (avril 1990) nous semble propice à laisser suffisamment de liberté à la sensibilité artistique pour s’exprimer.
Des commandes
CASCADE a fait le pari d’impliquer dans ce projet tous les artistes plasticiens de Champagne-Ardenne qui lui sont connus. Sans doute sommes-nous un peu prétentieux, un peu maladroits. Sachez que nous ne souhaitons froisser personne. Sans doute avons-nous omis quelques noms. D’avance que les absents acceptent nos plus vives excuses. Qu’ils nous rejoignent, ils sont les bienvenus.
Comme il nous a semblé indécent de faire travailler des artistes sans les rémunérer, nous avons opté pour une sélection, par un jury suffisamment étoffé, de projet sur maquette. Ainsi, les artistes retenus recevront pour réaliser leur(s) œuvre(s) des honoraires à hauteur de 1.500 €. Nous espérons ainsi pouvoir retenir au minimum cinq projets.

Un artiste sénégalais invité 2004 :

Commande spéciale à NDary Lo

Il sera présent sur notre région Champagne-Ardenne à compter du 10 mars 2004 pour commencer son travail sur ce projet ‘HOSTIE NOIRES’.

Un artiste champardennais invite :
Commande spéciale à Christian Lapie


« Né en 1955 en Champagne, Christian LAPIE demeure fort peu connu en France. Sa carrière s’est faire pour l’essentiel à l’étranger : au Japon (1987), en Australie (1990), au Brésil, et surtout en Allemagne et en Suisse, où vivent ses principaux collectionneurs.
Or Christian LAPIE est viscéralement attaché au bord de la rivière où il est né, où il vit, où il travaille. Il connaît sa terre, la sait chargée d’histoire : pas un soc de charrue qui, l’égratignant, n’en fasse surgir un vestige enfoui, témoignage guerrier le plus souvent, recouvert d’un humus lourd.… »
(© Le Monde,8 et 9 novembre 1998, Christian Lapie, citoyen artiste en Champagne)

Originaire de nos terres champenoises, des terres pour le moins chargées de ce lourd passé, Christian Lapie développe depuis une dizaine d’années une oeuvre qu’il veut forte d’une conscience de l’Histoire.

(Pour découvrir son travail, voir site christianlapie.net)

Un commissariat d’exposition
Un commissariat d’exposition sélectionnera les artistes en fonction de la qualité des projets individuels, de leur adéquation avec le thème et le respect du cahier des charges.

Ce commissarait sera composé de treize membres (membres pressentis en attente de confirmation) :

Un représentant de l’Etat (DRAC)
Un représentant de la Région Champagne Ardenne (ORCCA)
Un représentant de la ville de Reims (Direction de la Culture)
Le conservateur du FRAC,
Le Conservateur de l’ancien Collège des Jésuites qui accueille l’exposition,
Monsieur l’Ambassadeur du Sénégal à l’UNESCO ,
Madame Christiane Falgayrettes-Leveau (critique d’art contemporain, conservatrice du musée DAPPER – Paris)
Un représentant du centre culturel PASSAGE de Troyes,
Un collectionneur d’art contemporain,
Deux partenaires soutenant le projet Tirailleurs
Et enfin, deux représentants de CASCADE,
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