Événements

Une autre parole africaine
Parler pour se réapproprier. Se délier des stéréotypes. Rompre avec les représentations venues de l’extérieur. Reprendre la parole. La légitimer. Pour cela : le conte, la musique, le théâtre, le livre, le cinéma et les rencontre…

Français

…seront des relais durant ces quatre jours. Une occasion de découvrir, d’aiguiser notre regard au contact de personnalités surprenantes. Des témoignages riches et forts de conviction.
Alors oreilles curieuses… Approchez !

« Ce qui est en cause derrière le témoignage lui-même, c’est bien la valeur de l’homme qui témoigne… Or, c’est dans les sociétés orales que non seulement la fonction de la mémoire est la plus développée, mais que le lien entre l’homme et la parole est le plus fort. Là où l’écrit n’existe pas, l’homme est lié à sa parole, il est engagé par elle. Il est sa parole, et sa parole témoigne de ce qu’il est. »
Amadou Hampathé Bâ
Écrivain malien, grand défenseur de la « tradition orale » africaine


VEILLÉE SÉNÉGALAISE

MERCREDI 12 JANVIER À 15H00 AU BARTEM
A partir de 5 ans – 5 €

Conte « Le champ interdit ou la légende du lac des larmes »

Diogal : Musique et chant
Danièle Gambino : Comédienne et metteur en scène
Empreint de la tradition africaine du conte et de la transmission par l’oralité, Diogal se tourne naturellement vers le conte musical pour partager sa culture.
Avec cette volonté intacte de raconter cet ailleurs, de faire comprendre ses racines, de conter son histoire, celle de son peuple de pêcheurs, celle des enfants de son village, celle de la musique africaine, il s’associe avec la comédienne et metteur en scène, Danièle Gambino.
Ensemble, ils proposent une histoire venue du Sénégal, « Le Champ interdit », pour découvrir la culture sénégalaise. Les musiques et les chansons de DIOGAL portent le public vers cet ailleurs. L’histoire est adaptée et revisitée par Danièle Gambino.
Métissé comme peuvent l’être les chansons de Diogal, ce duo porte en lui le désir de mélanger les cultures, de favoriser les échanges, de partager avec l’autre, de mêler les genres.
Leur prestation s’adapte à tout type de petits lieux et peut prendre la forme de veillée musicale. Ils s’attachent à rencontrer le public dans les médiathèques, les salons culturels (salons du livre par exemple) ou les établissements scolaires. A la manière des griots du Sénégal et des conteurs d’ici et d’aujourd’hui, cette aventure musicale envoie un message aux petits et grands.
Goûter africain à 16H30
Vernissage de l’exposition « Tirailleurs : un devoir de mémoire » à 18H00


EXPOSITION

« TIRAILLEURS : UN DEVOIR DE MÉMOIRE »
PHOTOGRAPHIES DE
HERVÉ DE WILLIENCOURT
DU MERCREDI 12 AU SAMEDI 22 JANVIER
VERNISSAGE LE 12 À 18H

Un espace de « médiation artistique » qui invite à un voyage particulier. Ici, c’est la photographie et le témoignage qui permet de reconsidérer la part prise par les soldats africains et maghrébins pour la défense d’une France libre pendant la deuxième guerre mondiale. Une rencontre avec des hommes qui sont non seulement porteurs d’une histoire, la leur ; mais aussi d’une Histoire et d’une époque ô combien cruciale pour nous : la notre. Le photographe Hervé de Williencourt a recueilli leurs paroles. A l’issue de chaque entrevue, les tirailleurs mettent en scène leur propre portrait.
Au fil des témoignages chaque fois singuliers et uniques, se dessine une mémoire collective qui met à jour l’étrange destin de ces hommes.

« Un jour, un village, au Mali. Le vieux tirailleur me dit : « Une parole est une parole parce qu’elle est écoutée. Tu es venu pour
connaître notre vie pendant la guerre. Tu es
venu et tu va repartir avec nos paroles. Alors peut-être que maintenant les français vont se souvenir ? ».
Les vieux qui ont défendu la France en 39/45 meurent chaque jour. Au Mali et au Sénégal, au Tchad, au Bénin, au Burkina Faso et ailleurs… Ce travail photographique est aussi une quête de paroles qui bientôt ne seront plus, pour transmettre une histoire jusqu’à aujourd’hui refoulée. »
Hervé de Williencourt


DIOGAL
JEUDI 13 JANVIER À 20H30 AU TOTEM

Quand le folk des guitares rencontre les douces mélodies et la voix épurée de Diogal, on obtient alors une musique chaude, secrète et retenue, mariage de sonorités africaines et occidentales.
Accompagné de sa guitare et entouré de 3 musiciens, Diogal chante des ballades de sa composition où se mêlent la musique des griots de son pays et les harmonies modernes de l’Occident. Il ne s’identifie à aucun artiste ou courant spécifique et évoque une musique qui lui est propre, inscrite en lui par ses origines culturelles.
Compositeur inspiré très tôt par son environnement familial (le littoral sénégalais), Diogal aborde des thèmes à la fois personnels et universels tels que l’Afrique actuelle, la famille, la paix, la tolérance.
« Diogal, dont le grain phrasé peut être aussi chavirant que celui de son compatriote Youssou N’Dour, est une précieuse météorite à découvrir d’urgence » Chorus, Les Cahiers de la Chanson.

« L’union des forces serait plus efficace si chacun, de son côté, assumait correctement ses responsabilités. » Diogal

Sortie de son deuxième album « Liir » – printemps 2004
www.f2fmusic.com
Tarifs : Normal 15 € – Réduit 10 € – Abonné 8 €


APÉRO – DÉBAT
« ENTRE TRADITION ET MODERNITÉ : PAROLES DE LA FEMME AFRICAINE »
VENDREDI 14 À 19H30 AU BARTEM

Rencontre privilégiée et témoignages des créateurs participant à cette semaine ! Maïmouna Gueye, Fatou Diome, Diogal, Regards de Femmes
Une revue franco-burkinabé (3 numéros par an)
Un journal co-réalisé à Ouahigouya (Burkina Faso) et à Chambéry (France) dans le cadre de la coopération décentralisée entre les deux villes.
Une tribune libre sur les réalités quotidiennes des femmes au Burkina Faso


« LES SOUVENIRS DE LA DAME EN NOIR »
MAÏMOUNA GUEYE
SAMEDI 15 JANVIER À 20H30 AU TOTEM
THÉÂTRE À PARTIR DE 14 ANS

C’est une voix de femme qui a mal, une voix qui subit et qui parle pour se délivrer, une voix qui parle de ses souvenirs, et qui voudrait que tout s’efface. Cette voix ne dénonce pas, surtout pas… elle se libère.
« Moi, jeune sénégalaise, qui bien que parlant français, a toujours communiqué en wolof, le français me plait, je veux le défier, je veux écrire mon propre spectacle !!! Pouvoir enfin m’exprimer, vomir le trop plein de choses en moi, parler des sujets qui m’oppressent, l’excision, l’avortement, l’Afrique et toutes ses croyances irrationnelles. »
Les souvenirs de la Dame en noire évoquent cette émancipation avec la violence d’un terrible uppercut. Car la belle ne s’en laisse pas compter, répondant coup par coup avec un humour ravageur et un désarroi non moins palpable.

« Un rendez-vous incontournable, qui résonne avec la force de conviction du témoignage » (Libération)
« Un acharnement à construire et à rêver » (Le Monde)
Coup de cœur du TILF et des rencontres de la Villette 2003.

Tarifs : Normal 15 € – Réduit 10 € – Abonné 8 €


LECTURES SAMEDI 15 JANVIER
TOUTE LA JOURNÉE EN APPARTEMENTS, BUS, MÉDIATHÈQUE, LYCÉES, FJT…
« LE VENTRE DE L’ATLANTIQUE »
FATOU DIOME

Ecrivain sénagalaise
Née à Niodor, Sénégal en 1968
Madické est obsédé par le rêve américain de certains africains : rejoindre sa sœur en France, cet eldorado qui couronne tant de footballeurs de son pays, cette terre promise d’où reviennent tant de selfmade men… Salie a beau décrire la réalité, rien n’y fait : avant d’avoir vécu les faces cachées de l’immigration, on ne veut pas y croire. Elle qui a obéi à l’appel d’un ailleurs inconnu, elle qui n’est plus nulle part chez elle nous plonge dans les ambiguïtés de cette relation fraternelle.
Extrait : « J’avais beau dire à Madické que, femme de ménage, ma subsistance dépendait du nombre de serpillières que j’usais, il m’obstinait à m’imaginer repue, prenant mes aises à la cour de Louis XIV. Habitué à gérer les carences dans son pays sous-développé, il n’allait quand même pas plaindre une sœur installée dans l’une des plus grandes puissances mondiales ! sa berlue il n’y pouvait rien. Le tiers-monde ne peut voir les plaies de l’Europe, les siennes l’aveuglent ; il ne peut entendre son cri, le sien l’assourdit. »
Le ventre de l’Atlantique – Chapitre 2 – Page 50 – Éditeur Anne Carrière – 2003

EN PARTENARIAT AVEC : LA COOPÉRATION CHAMBÉRY-OUAHIGOUYA, LA VILLE DE CHAMBÉRY, LE FESTIVAL DU PREMIER ROMAN



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