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Guantánamo

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Guantánamo est connu sous le nom du centre de détention militaire de haute sécurité́ sur l’île de Cuba où sont détenues des personnes qualifiées de « combattant illégal ». Ici Guantánamo est en Côte d’Ivoire pendant la crise ivoirienne postélectorale 2010-2011. C’est une cité située dans un quartier d’Abidjan où résidaient des milices non officielles, mais pourtant reconnues proche de l’ancien régime et fonctionnant comme base de la violence politique.



C'est au sein de ces structures populistes que les ex-milices arrivent à faire valoir leur expérience acquise durant le conflit. Ils s'insinuent ainsi dans les masses en devenant par exemple des meneurs de rue recourant à la violence si nécessaire.



Dans une démarche qui se situe aux confluences du photojournalisme, d’une approche humaine et d’une démarche plastique, Raymond Dakoua essaye de comprendre comment cette violence a pu détruire son pays.



Ce travail est aussi issu d’une collaboration entre l’Anthropologue Karel Arnaud et Raymond Dakoua dans cette approche de la situation en Côte d’Ivoire.



Le photographe propose ses images, hors du sensationnalisme, pour nous aider à̀ lire autrement les faits et la réalité́ quotidienne. Aujourd’hui, vivant dans un monde à l’abandon, désavoués, sans ressources, ils vivent dans la débrouille et de racket en attendant toujours ce qu’on leur avait promis.



Raymond Dakoua ne veut pas ici nous décrire le quotidien de la Cité, mais proposer plutôt une aventure humaine et intime. ​

Il se confronte à une approche frontale, d’homme à homme, dans des portraits cadrés en gros plans et dans lesquels il va chercher l’humanité́ en chacun des portraiturés.



A côté de cette série de portraits, une autre approche est un plus picturale et cinématographique avec ces portrait de mises en situations montrant l’univers dans lequel ces personnages évoluent, où l’on perçoit la situation de désarroi, la violence, le délabrement de ces laissés pour compte. Des bâtiments détruits par les bombes et les pillages dans lesquels s’entassent la population de la Cité, les graffitis, les regards parfois hagards, parfois fiers, le désœuvrement dans lequel ils se noient dans l’alcool et la drogue.