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Séance comédie musicale : UN TRANSPORT EN COMMUN de Dyana Gaye

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Pour égayer ce morne début d’hiver, le ciné-club Les Couleurs de la Toile vous propose une séance consacrée à la comédie musicale francophone contemporaine, avec un double programme composé de deux courts-métrages beaux et méconnus : LES VOILIERS DU LUXEMBOURG (2005) de Nicolas Engel et UN TRANSPORT EN COMMUN (2010) de Dyana Gaye.



Avec Nicolas Engel, nous restons à Paris. Une jeune femme rencontre un homme près du bassin du jardin du Luxembourg, où elle emmène son fils César faire flotter son petit voilier.

Avec Dyana Gaye, nous partons au Sénégal, où la comédie musicale se mêle au road movie : un groupe de voyageurs attend un dernier retardataire pour financer le taxi qui les mènera de Dakar à Saint-Louis



Qui dit comédie musicale en France pense forcément à Jacques Demy, dont l’emprise sur le genre demeure si forte que tout cinéaste qui s’y aventure se heurte aux références à son cinéma « en chanté ». « En chanté », Les Voiliers du Luxembourg l’est sans aucun doute puisque ses comédiens donnent même aux rares répliques parlées du film une scansion toute musicale, tandis que la mise en scène utilise toutes les potentialités d’un cadre presque fixe qui joue avec malice sur la puissance du hors-champ. Un transport en commun serait, pour sa part, plutôt « en dansé » : les numéros musicaux chorégraphiés viennent y interrompre les scènes dialoguées, transformant provisoirement le réel en espace scénique offert au spectacle.



Dans les deux cas, cette contamination par la musique et la danse se fait de manière démocratique puisqu’elle offre à chaque personnage qui traverse le cadre – une loueuse de voiliers, les clientes d’un salon de coiffure – l’opportunité de voler la vedette.



Comme les héros de Demy, les protagonistes sont réunis par l’appel d’un mieux, d’un ailleurs qui sans cesse semble se dérober à eux, qu’il soit romantique, poétique ou politique (les rapports entre Europe et Afrique sont questionnés dans Un Transport en commun). Il est toujours question de départ : dans Les Voiliers, le prétendant d’Édith s’apprête à quitter la France, tandis que Malick, dans Un Transport en commun, est en partance pour l’Italie. Dorine voudrait bien quitter son salon de coiffure dakarois et Édith est tentée de suivre ce jeune homme dont elle ne connaît même pas le prénom. Mais le hasard vient toujours contrarier les projets des uns et des autres, retarder les rencontres, empêcher les départs.



L’horizon romantique des deux films – du genre – se cristallise dans les numéros dansés et chantés, qui expriment la montée de l’émotion et les tentatives des deux partenaires de s’accorder littéralement l’un à l’autre. Mais une fois atteint, il se révèle éphémère et n’empêche ni la désillusion, ni la mélancolie.



La séance aura lieu en présence de Nicolas Engel.