Événements

Tu n’as pas d’autres armes que les mots
Soirée Poétique avec Tanella Boni dans le cadre du cycle « Perspectives antiracistes & postcoloniales » (3e édition) & du Magnifique Printemps 2020

Français

« La vie est une guerre permanente » nous dit Tanella Boni. Elle nous parle des existences éphémères et incertaines, entre départs difficiles et retours amers, de ces « humains aux vies précaires et transparentes » suspendus entre deux mondes : le pays étranger, qui refuse de les accueillir, et le pays natal, ravagé par la violence. Mais, parmi tant de nuages, on voit naître « une étoile » : l’espoir porté par la clarté du regard de cette « femme vivante, qui frappe à ta porte », une « femme qui n’en fait qu’à sa tête » et dont les mots peuvent restituer la dignité à ces vies, les rendre enfin visibles, leur donner une voix.



« Me voici à la porte du jour le plus long

Là où il fait si clair en moi

Ma raison refuse l’évidente clarté séculaire

Qui sépare l’humanité en portions inégales

L’humanité si divisée si malmenée

Et transparente

Comme celle dont j’ai hérité

Par la faute de ma peau invisible

À force d’être visible

Cette peau qui m’a tout donné

Cette peau dont je suis si fière

Ma peau de femme qui n’en fait

Qu’à sa tête »



TANELLA BONI est une poète, romancière, essayiste et philosophe, née à Abidjan, Côte d’Ivoire. Elle publie des recueils de poèmes depuis 1984. Parmi une douzaine de recueils publiés, on peut citer : Chaque jour l’espérance (l’Harmattan, 2002) ; Gorée île baobab (Ecrits des Forges/Le bruit des autres, 2004) ; Jusqu’au souvenir de ton visage (Alfabarre, 2010) ; L’avenir a rendez-vous avec l’aube (Vents d’ailleurs, 2011) ; Toute d’étincelles vêtue (Vents d’ailleurs, 2014) ; Là où il fait si clair en moi (Bruno Doucey, 2017). Ses poèmes figurent également dans des anthologies. Elle a participé à de nombreux festivals de poésie (Dakar, Medellin, Trois-Rivières, Barcelone, Sète…). Elle fut l’organisatrice du Festival international de poésie d’Abidjan qui prit fin au début de la guerre civile en Côte d’Ivoire. Lauréate de prix littéraires parmi lesquels le prix international de poésie Antonio Viccaro en 2009, elle est membre de l’ASCAD (Académie des Arts, des Sciences des Cultures d’Afrique et des Diasporas africaines) dont le siège est à Abidjan.