Événements

Ecritures d’Afrique
Une semaine consacrée aux auteurs contemporains africains à travers une création théâtrale, trois lectures-spectacles et une xposition photographique.

Français

Animées d’une conviction et d’un désir partagés, la Comédie-Française et l’Association française d’action artistique (AFAA) se sont associées pour donner à entendre à travers cette semaine de programmation inédite, des textes d’auteurs contemporains africains.

Les quatre textes présentés, créés spécialement pour cette semaine au Vieux-Colombier avant une diffusion dans le monde francophone dès 2006, ont été distingués parmi trente textes dramatiques d’auteurs africains. Ils seront portés à la scène par des acteurs, metteurs en scène et musiciens venus d’Afrique :

« Ndo Kela ou l’Initiation avortée » de Koulsy Lamko,
« Blue-S-Cat » de Koffi Kwahulé,
« La Danse du Pharaon » de Marcel Zang,
« La mort vient chercher chaussures » de Dieudonné Niangouna.


La programmation intégrera également l’inauguration de l’exposition monographique « Portraits latents », portraits d’auteurs à travers leurs univers, du photographe Nabil Boutros. Enfin l’AFAA consacrera un de ses « Rendez-vous à l’AFAA » à la dramaturgie africaine contemporaine, en présence notamment des quatre auteurs, le 4 juillet à 18h30.


Création théâtrale
Ndo Kela ou l’Initiation avortée de Koulsy Lamko (Tchad)
avec dix comédiens et deux musiciens africains, scénographie de Papa Kouyaté (Burkina Faso), dramaturgie de Kouam Tawa (Cameroun), mise en scène de Rodrigue Norman (Togo)

Après l’assassinat du président Thomas Sankara en 1987, l’auteur tchadien, Koulsy Lamko, a souhaité lui rendre hommage en contant l’histoire du tout jeune et révolutionnaire président du Burkina Faso sous forme de parabole villageoise. Il échappait ainsi au drame documentaire pour inscrire cette œuvre dans une universalité qui nous parle encore aujourd’hui.
Quelque part en Afrique, dans un village, un groupe de jeunes s’empare du pouvoir pour mettre fin à la tyrannie et à la mystification des anciens. Cette révolution qui change la vie du peuple et lui redonne espoir prend vite l’allure d’une compétition où se mêlent tractations, conflits et trahison. Au travers du style poétique de l’auteur transparaît l’idéal fort exprimé pour son peuple.

Koulsy Lamko. Né à Dadouar (Tchad). Titulaire d’un doctorat en Lettres, Koulsy Lamko a enseigné le français de 1986 à 1989, puis a été fonctionnaire à l’Institut des Peuples Noirs à Ouagadougou. Il a vécu au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire puis, de 1999 à 2002 au Rwanda où il a dirigé le Centre Universitaire des Arts à Butare. Prix du Concours théâtral interafricain de RFI en 1989 pour Ndo kela ou l’Initiation avortée. Depuis avril 2003, il enseigne la littérature francophone à l’Université Nationale Autonome de Mexico.
Ndo Kela ou l’Initiation avortée de Koulsy Lamko, Editions Lansman, 1993.

les 8 et 9 juillet à 20h, le 10 juillet à 16h.
Tarif pour la création théâtrale : Plein tarif 13 € – Tarif réduit et groupe 10 €
Pour l’achat d’une place à l’une des lectures-spectacles, tarif réduit de 10 € pour la création théâtrale.




Lectures-spectacles

La Danse du Pharaon de Marcel Zang (Cameroun-France)
avec sept comédiens et trois musiciens africains dirigés par Camille Adébah Amouro (Bénin)

À l’aube, Georges, un détenu, découvre le corps de Benny – un jeune Blanc – suspendu aux barreaux. Il prévient son compagnon de cellule, Max, un Noir comme lui et qui doit être libéré le lendemain… À sa sortie, Max reprend contact avec la réalité de son existence antérieure au cours d’une journée bien longue qui s’apparente de plus en plus à un cauchemar. Oscillant sans cesse entre roman noir et spiritualité, la pièce nous renvoie aux fondements de nos origines et pose la question de l’altérité.

Marcel Zang. Né en 1954, Marcel Zang quitte à l’âge de neuf ans sa terre natale, le Cameroun, pour la France. Dramaturge, poète et nouvelliste, il vit et travaille actuellement à Nantes. Nombre de ses textes sont parus dans des journaux, magazines, revues. Les éditions Actes Sud-papiers ont publié, en 2002, L’Exilé (suivi de Bouge de là) pour laquelle il a reçu une bourse d’écriture de l’association Beaumarchais.
La Danse du Pharaon de Marcel Zang, Editions Actes Sud-papiers, 2004.

Le 5 juillet à 19h


La mort vient chercher chaussures de Dieudonné Niangouna (Congo) avec dix comédiens africains dirigés par Martin Ambara (Cameroun)

Pour trouver enfin un repos bien mérité, le soldat Entoche, sans doute mort au combat, réapparaît au pays à la recherche de l’objet de sa panoplie militaire indispensable à sa sépulture, le godillot qui manque à son pied. Sa réapparition vient déranger la petite communauté des vivants. L’auteur nous entraîne dans l’histoire « tragiquement gaie » de cette quête très prosaïque. « Un texte qui fait parler les morts, boire les zombies et disjoncter les vivants dans un pays où porter les brodequins d’un homme, c’est posséder sa femme » (Joël Jouanneau).

Dieudonné Niangouna. Né à Brazzaville (Congo) où il vit toujours, Dieudonné Niangouna est auteur, metteur en scène et comédien. Il dirige la compagnie Les Bruits de la Rue créée en 1997. Deux pièces, Carré blanc et Patati, patala et des tralalas ont été présentées en France ces dernières années. Il vient d’obtenir pour Banc de touche une bourse d’écriture de l’association Beaumarchais.

Le 6 juillet à 20h



Blue-S-Cat de et dirigée par Koffi Kwahulé
(Côte d’Ivoire-France) avec deux comédiens africains

Une femme et un homme, étrangers l’un à l’autre, se retrouvent coincés dans un ascenseur bloqué. Situation oppressante où le malaise entre eux deux grandit. Ils s’observent, ils sont peut-être dans un moment de désir. La confrontation va se prolonger… qu’adviendra-t-il ?

Koffi Kwahulé. Né à Abengourou (Côte d’Ivoire). Très tôt Koffi Kwahulé s’intéresse au théâtre et s’inscrit à l’Institut National Supérieur des Arts d’Abidjan. En 1979, à Paris, il suit les cours de la Rue Blanche, obtient un D.E.A d’Etudes théâtrales et cinématographiques en 1985 puis, un doctorat en études théâtrales en 1992. Comédien et metteur en scène, il est surtout connu en tant qu’auteur. Il a obtenu en 1992 le Prix Tchikaya U’Tam’si organisé par RFI pour Cette vieille magie noire. Il est l’un des auteurs dramatiques africains les plus appréciés et joués au plan international.
Blue-S-Cat de Koffi Kwahulé, Editions Théâtrales, mai 2005.

Le 9 juillet à 16h



Tarif pour les lectures : Plein tarif 8 € – Tarif réduit et groupe 6 €
Forfait de 15 € pour les 3 lectures.
Pour l’achat d’une place à l’une des lectures-spectacles, tarif réduit de 10 € pour la création théâtrale.



Exposition monographique
Portraits latents du photographe Nabil Boutros (Egypte-France)
Portraits latents se veut avant tout une approche sensible des écrivains africains choisis. Cette proposition se situe au-delà du portrait conventionnel. Il ne s’agit donc pas d’une simple représentation photographique, mais d’une composition plastique en rapport avec chacun des auteurs. L’écoute de leurs mots, de leurs objets, de leur environnement, construira le sens de chaque ensemble. Le résultat sera sensiblement différent d’un portrait à l’autre, d’un univers à l’autre. Formellement ce travail visuel sera essentiellement photographique pouvant aller de l’installation au document imprimé.

Né au Caire en 1954, Nabil Boutros vit à Paris. Après des études aux Arts-Décoratifs du Caire, il poursuit ses études aux Beaux-Arts de Paris. D’abord peintre, puis scénographe, il se consacre à la photographie à partir de 1986. Il a collaboré à de nombreuses publications, réalisé des reportages pour l’Institut du Monde Arabe, l’IRCAM, la Grande halle de la Villette…
Entre 1990 et 1994, Nabil Boutros entreprend une longue série de portraits d’égyptiens en respectant un protocole particulier. La nuit, les lieux « habités » sont une permanence dans son cheminement. Après un travail pluridisciplinaire sur les liens entre Alexandrie et Marseille, sur les rituels sacrés et profanes des Coptes (chrétiens d’Égypte), il poursuit sa recherche photographique sur la perception des objets. Dernièrement, il a réalisé la scénographie et la création lumière du spectacle Le Caire sur la main qui a été présenté au Piccolo Teatro (Milan) fin novembre 2004.

Depuis 1988, il a montré ses photographies dans plus d’une vingtaine d’expositions en France et en Egypte, à Milan, Berlin et New York, dernièrement « les coptes du Nil » présentée à la Biennale de Bamako 2003, au Festival de Noorderlicht – Pays-Bas 2004, à Fotofest à Huston-Usa 2005.


Entrée libre le dimanche et lundi de 13h à 18h, du mardi au samedi de 11h à 21h.


Cette semaine est produite et organisée, en collaboration avec la Comédie-Française- Théâtre du Vieux-Colombier, par l’AFAA – Afrique en créations dans le cadre de son action de promotion des écritures dramatiques contemporaines africaines. La circulation en 2006 des œuvres présentées au Vieux-Colombier s’inscrit dans le cadre d’ « Encres Fraîches », programme d’échanges et de promotion des auteurs dramatiques africains en France, en Afrique et dans le monde.