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De Delacroix à Renoir, l’Algérie des peintres

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"De Delacroix à Renoir, l'Algérie des peintres" exposition du 7 octobre 2003 – 18 janvier 2004 à l'Institut du Monde Arabe, 1 Rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris, France.



Cette exposition a été rendue possible grâce au soutien et au partenariat du Sterling and Francine Clark Art Institute de Williamstown (Massachusetts, USA) et du musée d’Orsay, sous la houlette de Stéphane Guégan. Fleuron des ;manifestations prévues à l’Institut du monde arabe à l’occasion de Djazaïr, Une année de l’Algérie en France, elle fait pendant, dans ce cadre, à une autre exposition, présentée simultanément à l’IMA, L’Algérie en héritage, art et histoire (du 7 octobre 2003 au 25 janvier 2004) qui met à l’honneur le patrimoine algérien, des origines à 1830.



De Delacroix à Renoir, l’Algérie des peintres propose un choix d’une centaine d’œuvres, peintes, pour la plupart, en Algérie – quelques unes ont toutefois été réalisées postérieurement aux séjours des peintres dans ce pays, dans leurs ateliers parisiens – entre 1832, date du premier passage de Delacroix et 1882, date du deuxième séjour de Renoir.



La venue de Delacroix en Algérie est directement liée aux circonstances politiques. Le peintre se trouve accompagner la très officielle ambassade que le roi de France délègue auprès du souverain marocain pour régler les problèmes occasionnés entre le Maroc et les autorités françaises par la conquête de l’Algérie. C’est sur le chemin du retour que Delacroix fait une courte halte en Algérie. En France, depuis 1830, la " question " algérienne suscite des antagonismes ; les partisans du désengagement affrontent ceux qui prônent la mise en œuvre d’une politique de colonisation. Delacroix semble plus proche des premiers : " Il était réservé aux Européens, regrette-t-il dès 1832, de détruire à Alger et comme à plaisir tout ce qu’il a été possible de la distribution et de l’ornement des maisons mauresques. Il semblait qu’avec nos fracs et nos casquettes nous allions introduire sur la terre d’Afrique un autre climat et nouvelles conditions d’existence."



Commentant ces propos de visionnaire, Christine Peltre, membre du comité scientifique de l’exposition et auteur d’un ouvrage de synthèse sur Les Orientalistes, écrit : " A ces considérations ironiques, exprimées ici avec une liberté rare, on peut ajouter les réticences plus mesurées d’un Fromentin ou le silence éloquent de certains, tel Chassériau, muselés par des solidarités familiales ou des soucis de carrière. " On a beaucoup dit et écrit que les peintres – et, plus encore, les photographes – qui arpentaient l’Orient le faisaient en fourriers du colonialisme, quelles qu’aient été, par ailleurs, leurs convictions. Celles-ci ne sont toutefois pas indifférentes… Et il est particulièrement intéressant, comme cette exposition le permet, grâce à la juxtaposition des œuvres, de prendre la mesure de ces différences d’approche.



Tous n’ont pas, en effet, l’intelligence et la pudeur de Fromentin : " Pénétrer plus avant qu’il n’est permis dans la vie arabe me semble une curiosité mal entendue. Il faut regarder ce peuple à la distance où il lui convient de se montrer : les hommes de près, les femmes de loin ; la chambre à coucher et la mosquée, jamais. " Les attitudes et les postures sont multiples, entre celle d’Horace Vernet qui prend plaisir à peindre une Première messe en Kabylie (1854), celle d’Etienne Nasr ed-Din Dinet, qui se convertit à l’islam et s’installe en Algérie et celles d’autres encore.



Un demi-siècle après le premier séjour de Delacroix en Algérie, vingt ans après la mort de ce dernier, alors que le projet colonial est devenu réalité et que le rêve d’un " royaume arabe ", tel que l’avait un moment caressé le Second Empire, a disparu avec celui-ci, alors que le territoire de l’Algérie, a été " départementalisé", Renoir, " orientaliste occasionnel ", visite Alger comme il ferait de Menton ou de Hyères, ou de telle autre ville du Midi de la France, au climat roboratif : " Il faut voir cette plaine de la Mitidja à la porte d’Alger. Je n’ai rien vu de plus somptueux et de plus fertile ", écrit-il en 1882. Et d’ajouter : " Je vous avoue que je suis bien heureux et quand on a vu l’Algérie, on l’aime. Les fermiers font des fortunes énormes. Les terrains augmentent de valeur. " C’est que Renoir témoigne d’une " adhésion sans réserve au projet colonial ", ainsi que le montre l'un des meilleurs spécialistes de la peinture orientaliste, Roger Benjamin, membre du comité scientifique de l’exposition et professeur d’histoire de l’art à l’université de Sydney.



Plusieurs des toiles présentées dans l’exposition sont considérées comme des chefs-d’œuvre – c’est le cas des Femmes d’Alger dans leur intérieur de Delacroix, ou de tableaux de Renoir, dont certains, venus d’outre-Atlantique, n’ont pas été vus en France depuis des lustres –, d’autres sont dues au pinceau d’artistes moins célèbres, voire, pour quelques uns,oubliés de nos jours. Le grand intérêt de cette exposition réside dans leur rassemblement, leur présentation conjointe qui renvoient de l’Algérie du XIXe siècle, une image riche et complexe.



Organisation



L'Institut du monde arabe en partenariat avec le musée d'Orsay et le Sterling and Francine Clark Art Institute de Williamstown, Massachusetts – Avec le soutien de "Djazaïr, une année de l'Algérie en France".



Parcours de l'exposition



I. Les Femmes d'Alger de Delacroix ou "Le plus beau tableau du monde"

II. L'âge et l'art de la conquête (Chassériau, Vernet)

III. Géographie en images : la nature, la ville, le peuple (Chassériau, Fromentin et des photographes tels de Beaucorps et Moulin)

IV. Royaume arabe ? (Fromentin)

V. Plein Sud (Guillaumet)

VI. "Alger la blanche" (Lebourg et Muenier)

VII. Renoir et l'Algérie





https://www.imarabe.org/fr/expositions/de-delacroix-a-renoir



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