Événements

David Murray & The Gwo-Ka Masters « Gwotet »

Français

20.15 Studio 4
Entrée: 22€ – 17€ – 12€
Réduction: 17,60€ – 13,60€ – 9,60€

Ticket combiné Emeline Michel + David Murray
Entrée: 40€ – 30€ – 20€
Réduction: 32€ – 24€ – 16€

Avec David Murray (sax ténor, clarinette basse), Jaribu Shahid (contrebasse) Hamid Drake (batterie), Klod Kiavue (batterie gwo-ka, voix), François Ladrezaeu (batterie gwo-ka, voix)

Quand on mélange musiques du monde et jazz, le résultat est parfois épicé, surtout quand on a affaire à un saxophoniste de la trempe de David Murray. Cet initiateur de nombreuses aventures jazz allant du free au funk en passant par le blues, crée depuis toujours une musique qui tente de renouer avec le fil africain des communautés noires exilées suite à l’esclavage. En 1998, alors que l’industrie du disque lui décerne un Grammy pour la meilleure performance d’un Blues de Coltrane, l’américain décide d’explorer de nouveaux horizons musicaux en compagnie du groupe antillais The Gwo-Ka Masters. C’est avec celui-ci qu’il se produira à Flagey, le 10 décembre, à l’occasion de la sortie de leur troisième album Gwotet.
« L »effacement du rythme dans le jazz constitue une tragédie. En lui apportant des rythmes sophistiqués venus d’ailleurs, on pourrait le ramener au dancefloor » affirme Murray. Gwotet, troisième album enregistré par le saxophoniste et ses amis antillais, est de ces albums qui déménage. En fusionnant les structures harmoniques du jazz avec la force de percussions des Ka de Guadeloupe et les interventions des tambours de bouche créoles, David Murray crée une musique aux couleurs exacerbées qui suinte le funk et remet le jazz dans le sens de la transe.
Chanté en créole selon le principe de « call and response », basé sur d’implacables rythmes gwo-ka proches de la transe, Gwotet intègre de manière quasi organique le rugissement furieux et puissant du saxophone. Le résultat est une musique identitaire incandescente et enfiévrée empreinte de liberté.
Le Go-Kwa, aujourd’hui en plein essor, est un style de musique, de chant et de danse dont les origines remontent à l’Afrique de l’Ouest du 18ème siècle. A cette époque les esclaves africains utilisaient les tambours créoles, des ka, pour rythmer le travail dans les champs, commémorer les morts ou tout simplement pour célébrer un événement. Très vite, ces tambours sont devenus une façon de communiquer et d’organiser la résistance contre la traite des noirs. La musique pleine de contrastes que le public découvrira lors de ce concert, est à l’image de ce combat social.