Événements

« Rideau d’Interrogation »
une exposition en hommage aux déportés juifs, de Kamel Yahiaoui

Français

texte de Nabile Farès écrivain et psychanaliste sur l’exposition :

De Kamel Yahiaoui, je pourrais dire de multiples choses qui toutes rejoindraient la présence effective d’une peinture et d’une œuvre confrontées à la parole du poème lorsque celui-ci, pris en un temps d’effroyable mutisme et douleurs, tente au-delà du mot, d’inscrire en matières et objets, la disparition et le retour de la langue oubliée, du corps présent, mutilé.
Les peintures de Kamel Yahiaoui existent comme transfigurations de l’horreur moderne, celles des camps d’exterminations, des camps d’internement, des camps interieurs issus des rafles dans les villes, des visages, rues, solitaires, ombres d’ombres persistantes échappées des tueries, des lois, des rumeurs.
Pourtant, autant par l’objet de rien, abandonné au rien de la culture, de la civilisation commune, comme un bidonville toujours renaissant de ces bouts d’ombres et de personnes transplantées d’une chaine à l’autre des rives de la survie, demeurent l’éclat de la couleur et de la pâte odorante de l’ambre et de la lumière.
Peintures sorties de la boue et de la matière pour venir au-devant de notre regard et capacité de voir l’ailleurs déchu, amoureux, en attente de nos dires.

Objet: demande d’un droit de réponse à l’article paru le 14/02/06 sur
l’exposition « Rideau d’interrogation » au centre culturel algerien

Au journal El Chourouk

Vous avez fait un article dans votre journal sur l’exposition qui a lieu
actuellement au Centre Culurel Algérien où vous tenez des propos
diffamatoires et outranciers.

Je suis le peintre Kamel Yahiaoui, j’aurais aimé être consulté afin de
vous expliquer ma démarche dans cette exposition.

Effectivement, je rends hommage à une population qui a subit une
politique d’extermination de la part des nazis, parce qu’elle est juive
et cet hommage est le regard d’un artiste puisant dans les atrocités de
l’histoire afin de mettre en garde l’humain contre les violences
contemporaines et il n’y a pas la dimension politique que vous avez
attribuée au sens même de l’exposition retraçant la sauvagerie des camps de la mort.


Vous avez fait le lien avec l’occupation palestinienne afin de semer le trouble mon engagement contre l’occupation des teritoires par israel , ne date pas d’hier et j’ai consacré à ce sujet une série d’oeuvres, j’ai même
été remercié par la chef de la diplomatie palestinienne Leila Chahid à l’unesco, en présence de feu Anissa Asselah et d’autres personnes qui pourront en témoigner.

Je n’ai pas à me justifier de ce point de vue je voudrais seulement dire
à la journaliste qui a écrit cet article, de se renseigner sur les artistes de son pays, elle ne peut qu’être fière d’eux et ne doit pas se risquer dans
des amalgames sans fondementet et dangeureux.

Vous avez annoncé que cette exposition était boycottée par les algériens de France, ce qui est faux, le vernissage a eu lieu dans une ambiance chargée d’émotion et de paix avec des gens de toutes les nationalités et beaucoup d’Algériens m’ont soutenu et félicité comme il l’ont toujours fait .

Vous avez aussi attaqué le Centre Culturel en le condamnant pour faute
grave, quand celui-ci essaye par tous les moyens, de donner une image honorable et réaliste de l’Algérie et promeut les artistes et intellectuels
algériens du mieux qu’il le peut; on ne peut que rendre hommage à toute l’équipe du Centre Culturel Algérien au lieu de les blâmer injustement quand il vous arrive accidentellement de faire un papier sur leurs manifestations.

Vous m’avez affecté ainsi que toute ma famille qui a beaucoups donné
même dans sa chair, pour l’Algérie, en toutes circonstances et continue
de le faire sans concessions.

Je dédie cette exposition à mon grand père Yahiaoui El Hadj Mohand

Ouaamar qui est allé comme beaucoups d’algériens à l’époque défendre la dignité de ces humains juifs entre 1939 et 1945 contre les nazis et à
mon père qui a défendu l’honneur de son pays allant jusqu’à risquer sa
vie comme tous les algériens dignes et mon oncle M’hamed Issiakhem qui a fait connaître les couleurs de l’Algérie à travers le monde et à
l’Algérie libre et indépendante.

Que la raison vous revienne,


Kamel Yahiaoui