Événements

Livres d’Afrique. Salon du livre africain et des diasporas africaines
2e édition – Sur le thème « les 1001 littératures africaines »

Français

Au-delà du lien évident entre le génie narratif de Shéhérazade et la créativité littéraire des écrivains africains, nous avons retenu cet intitulé car il symbolise la diversité des animations proposées au public le 28 octobre 2006 (dédicaces, expositions, débats, contes, initiation à la B.D) mais aussi la diversité des situations littéraires d’un continent souvent considéré de manière monolithique.
Au cours de cette journée, le public pourra rencontrer et discuter avec les auteurs présents sur les stands, partager leur goût de la littérature ou dénicher des ouvrages exceptionnels. Le public pourra également assister à des conférences de qualité autour de thématiques actuelles :
Senghor, un siècle après sa naissance, quel héritage ? (avec la participation de Janet Vaillant, Mamadou Diouf et Hamidou Sall)
Une introduction à la littérature gabonaise
Pourquoi le livre africain se vend-il si mal ? (avec la participation de Denis Pryen, Julien Kilanga Musinde, Olivier Zegna Rata et Boniface Mongo Mboussa)
La littérature africaine est-elle encore orale ? (avec la participation de Son Excellence Mr Henri Lopes, Mme Ursula Baumgardt, Mrs Auguste Mbonde et Julien Mbem)
Les cafés littéraires grand succès de la première édition, ont été reconduits. Le public pourra débattre avec les personnalités invitées de thématiques actuelles: quelle résistance littéraire des africains pendant la colonisation ? Quel regard porté par les africains sur la société française ? Comment la diaspora africaine participe-t-elle à la littérature africaine ?
Le public pourra également participer à un atelier conteur, animation ayant rencontré un étonnant succès lors de la première édition. Les plus jeunes auront également l’occasion de s’initier à la littérature lors d’un atelier d’initiation à la B.D. organisé par Mr Alex Fuilu.

Programmes
Conférence n°1
Heure: 14h – 15h30
Senghor : Quel héritage auprès des jeunes générations africaines ?
En cette année de commémoration du centenaire de la naissance de Léopold Sedar Senghor, l’équipe d’organisation du Salon ne pouvait manquer de s’associer à cet évènement et célébrer un Homme qui, au-delà des controverses, fait partie des grandes figures de l’histoire africaine. La conférence organisée à cette occasion dans le cadre du Salon permettra au public d’apprécier et de débattre sa postérité au sein des jeunes générations africaines.
A travers un micro-trottoir réalisé auprès de nombreux jeunes, le documentaire « Sedar Senghor, quel héritage auprès des jeunes générations ?  » réalisé spécialement dans le cadre de cette conférence traduit une relative méconnaissance de la contribution littéraire et politique du « poète Président ». Cette conférence aura donc pour objectif de présenter un écrivain dont l’oeuvre a contribué à ouvrir le monde à la littérature africaine.
Elle aura pour intervenants d’éminents spécialistes de la vie de Senghor tels que Madame Janet Vaillant (maître de conférence à Harvard University, auteure d’une biographie de Senghor), Mamadou Diouf (professeur d’Histoire et d’Etudes Afro-Américaines et d’Afrique à l’University of Michigan), Elikia M’Bokolo (professeur d’histoire et maître de conférence à l’EHESS) et Hamidou Sall (écrivain sénégalais et proche de la famille Senghor). Sophie Ekoué, journaliste, animera ce débat.

Conférence n°2
Heure : 14h30 – 16h30
Une introduction à la littérature gabonaise (histoires, genres et styles littéraires gabonais) organisée en collaboration avec l’université de Libreville et les éditions L’Harmattan
Le Salon Livres d’Afrique ayant pour thème cette année les 1 001 littératures africaines, l’Equipe d’organisation a décidé de mettre à l’honneur des littératures africaines souvent méconnues ou faiblement médiatisées. Parallèlement au café littéraire portant sur la diversité littéraire africaine et qui présentera les littératures des aires anglophones, hispanophones et lusophones, cette conférence organisée avec l’université de Libreville et les éditions l’Harmattan sera l’occasion de découvrir la littérature gabonaise, son histoire, ses grands auteurs et le dynamisme de ses différentes formes d’expression (oralité, contes, poésie, théâtre, …).
La conférence entend souligner la contribution à la littérature du continent africain de pionniers tels qu’André Walker Raponda, le dramaturge Vincent de Paul Nyonda (« La mort de Guykafi »), Laurent Owondo, (« Au bout du silence »), et bien d’autres…

Conférence n°3
Heure :15h30 – 17h
Pourquoi le livre africain se vend-il si mal ?
Faible diffusion des ouvrages, situation financière précaire des maisons d’édition, difficultés des écrivains à vivre de leurs plumes : tel semble être le difficile quotidien de la vie littéraire sur le continent africain.
Interrogés sur les causes de l’atonie de la diffusion du livre en Afrique, certains spécialistes avancent la faiblesse du pouvoir d’achat, le taux d’analphabétisme, l’inadaptation de l’offre aux besoins du public africain, le manque de professionnalisme des acteurs de la filière. S’agit-il des seules explications à cette situation ? Celle-ci n’est-elle pas plus complexe au vu du dynamisme littéraire observé dans certains pays (notamment anglophones) et dans certains secteurs (l’essor de la paralittérature n’est-il pas paradoxal) ? Que penser des politiques nationales du livre ? Des critiques sur le caractère contreproductif de certaines politiques de coopération en matière littéraire ? Quels sont les enjeux des négociations sur les services culturels au sein de l’OMC pour les industries africaines du livre?
Au-delà de ces questions, cette conférence, dont le modérateur sera Bernard Magnier (Directeur de la collection Afrique aux éditions Actes Sud), essaiera de présenter un état de l’industrie du livre en Afrique mais aussi de formuler quelques solutions à ces problématiques.
Elle bénéficiera des contributions de deux éditeurs, Denis Pryen (Directeur des éditions l’Harmattan) et Caya Makhélé (Directeur des éditions Acoria). Messieurs Julien Kilanga Musinde (Directeur des Langues et de l’Ecrit de l’Organisation Internationale de la Francophonie) et Olivier Zegna Rata, (Directeur des Relations Extérieures du groupe Canal + et maître de conférences en politiques culturelles au sein de l’IEP de Toulouse) nous apporteront leur expérience des politiques littéraires. Monsieur Boniface Mongo Mboussa, Président du Jury du concours Jeunes Auteurs d’Afrique, quant à lui nous livrera le point de vue des écrivains africains.

Conférence n°4
Heure : 16h30 – 18h
La littérature africaine est-elle encore orale ?
Le temps des veillées pendant lesquelles se transmettait le savoir littéraire hérité du passé semble lointain. Le temps où le griot, à la fois biographe et hagiographe, avait pour seuls alliés sa mémoire et le son mélodieux et chaleureux de sa voix.
Toutefois, en dépit de l’émergence rapide de la littérature écrite, la littérature africaine demeure encore largement associée à l’oralité. Ce paradoxe a poussé, de manière quelque peu impertinente, l’Equipe d’organisation du Salon à organiser une conférence sur le thème : la littérature africaine est-elle encore orale ?
Sous la houlette d’Hervé Mbouguen, (Directeur délégué à la rédaction de Grioo.com) , son Excellence Henri Lopes (ambassadeur de la République du Congo et grand écrivain africain), Ursula Baumgardt (maître de conférence à l’INALCO, auteure de « Approche littéraire de l’oralité africaine »), Auguste Mbonde Mouangue (chercheur à l’Université Paris 4–Sorbonne et écrivain) et André Julien Mbem (écrivain) essaieront de répondre à cette question mais aussi de présenter les différents procédés de la langue utilisés pour traduire à l’écrit « le parler à l’africaine ».

Café littéraire n°1
Heure : 11h – 13h
Auteurs africains et résistances littéraires avant les indépendances.
Ce café littéraire a pour ambition d’emmener le public à la découverte d’une période assez méconnue de l’histoire littéraire africaine, celle précédant les indépendances. Les participants présenteront un certain nombre d’auteurs et écrivains aujourd’hui oubliés ou peu connus, mais qui ont été des précurseurs de la littérature africaine.
Ce café littéraire sera, en outre, une opportunité de préciser leurs visions de la littérature africaine, de leur époque et de leurs engagements. Au cours de ce café littéraire dont le modérateur sera Louis Magloire Keumayou (responsable de l’Association de la Presse Panafricaine), le public pourra échanger avec Isidore Ndaywel (directeur honoraire à l’agence intergouvernementale de la Francophonie, historien et auteur de « l’Histoire générale du Congo »), Serge Bilé (auteur et réalisateur de « Noirs dans les camps nazis »), Bernard Mouralis (professeur émérite à l’Université de Cergy-Pontoise et auteur de « République et colonies, entre mémoire et histoire »), Anthony Mangeon (professeur de littérature à l’université de Montpellier) et Buata Malela (agrégé de Langues et Littératures romanes de l’Université Libre de Bruxelles, auteur de « Fait religieux et résistance dans L’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane »).

Café littéraire n°2
Heure : 12h30 – 15h
Un après-midi littéraire gabonais
Face à des poids lourds littéraires tels que le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, l’Afrique du Sud, les deux Congo ou le Cameroun, la littérature gabonaise appartient à ces littératures africaines riches et dynamiques mais pourtant peu connues du grand public.
L’association Livres d’Afrique a décidé de contribuer à sa diffusion en proposant au public un « après-midi littéraire gabonais ». Celui-ci s’inscrira dans le cadre du colloque international sur la littérature gabonaise organisé les 28 et 29 octobre 2006 à Paris par les éditions l’Harmattan et différentes institutions académiques françaises et gabonaises (Université de Libreville et Université Paris XII)

Café littéraire n°3
Heure : 15h – 16h30
Africains d’Afrique et d’Ailleurs se reconnaissent-ils encore dans leur littérature ?
A travers ce café littéraire, l’Equipe Livres d’Afrique a souhaité participer à un débat lancinant autour de la question « Quelle littérature africaine pour quel(s) public(s) ? ». Le public pourra dialoguer avec les intervenants en tentant de répondre à cette question de manière géographique, historique et stylistique.
Géographiquement, tout d’abord. Après la crise des banlieues et en plein débat sur les migrations, on pourrait se demander si les membres de la diaspora « se retrouvent » dans les livres publiés par les auteurs africains. Parallèlement et sans fermer les yeux sur certains problèmes minant le continent africain, on pourra toutefois s’inquiéter que nombre de succès littéraires dépeignent l’Afrique sous son jour le plus sombre. Ne faut-il pas s’alarmer du fait que la littérature engagée des années 60, volontariste et dénonçant les abus, cède (peut-être) le pas à une littérature moins controversée ?
Au-delà des contenus, les intervenants s’interrogeront sur les formes (romans principalement) de la littérature africaine. Ces formes sont-elles adaptées à son public ? Au vu du succès du théâtre populaire ou de certaines formes de paralittératures (roman photo, scénario de séries télévisées à succès), n’est-il pas nécessaire de revoir les formes de diffusion littéraire africaine ?
Le café littéraire sera enregistré dans le cadre de l’émission « Le maquis littéraire » animée par Didier Samson et diffusée sur RFI et TV5. Alain Mabanckou (professeur de littérature et auteur, entres autres, de Verre Cassé), Sayouba Traoré (journaliste et auteur de « Loin de mon village, c’est la brousse »), Martial Ze Belinga (directeur de Publication et rédacteur en chef d’Afrikara), et Jacques Chevrier (professeur de littérature et titulaire de la chaire d’Études francophones à l’Université Paris IV-Sorbonne) seront certainement à même de nourrir un fructueux débat avec le public.

Café littéraire n°4
Heure : 16h30 – 18h
Diversité culturelle : quel regard porté par les africains sur la société française ?
Ce café littéraire permettra aux participants et au public de s’interroger sur le regard porté par les africains sur la société française, notamment à travers l’imprégnation de la langue française. La diversité des expressions reflète-t-elle la complexité des situations migratoires ? Y a-t-il plusieurs façons de construire sa relation à l’autre ?
Proposé conjointement par Africultures et Hommes et Migrations, ce débat confrontera les approches des écrivains et des sociologues sur la présence africaine en France. Le café littéraire sera modéré par Madame Ayoko Mensah (Rédactrice en chef de la revue Africultures) et verra la participation de Madame Tanella Boni (philosophe, romancière et poétesse), Madame Marie Poinsot (Rédactrice en chef de la revue Hommes et Migrations) et Mme Catherine Quiminal (anthropologue, checheur et membre du comité deré&daction de la revue Hommes et Migrations)