Fiche Film
Cinéma/TV
MOYEN Métrage | 2009
Diamants, les nouveaux mondes
Pays concerné : Botswana
Durée : 52 minutes
Genre : société
Type : documentaire

Français

Matière première pour la joaillerie et la bijouterie, le diamant doit, lui aussi, affronter la mondialisation.

Des diamantaires d’Anvers aux mines du Botswana, François Rabaté s’embarque pour un tour du monde du diamant. Matière première pour la joaillerie et la bijouterie, le plus pur des minerais naturels affronte, lui aussi, la mondialisation. Et engendre des rentes de situation qui aiguisent bien des appétits dans les pays émergents.

Pour les Taché, le diamant est une affaire de famille depuis trois générations. Contraint de quitter le Liban à la fin des années 1950, le père a choisi de s’installer à Anvers, en Belgique, pour y poursuivre ses activités de diamantaire. « On était vraiment des « traders », comme on dit, raconte Roby Taché, l’un de ses quatre fils, qui a depuis repris l’affaire. Des commerçants phéniciens, un peu libanais, spécialisés dans l’achat-vente de diamants taillés… » En trente ans de métier, ce spécialiste des petites pierres, le gros du marché, a pu observer les mutations dans le monde du diamant. « Autrefois, quand le tailleur prenait une pierre brute, il travaillait avec son flair, avec son expérience. Aujourd’hui, il y a des machines en trois dimensions… »
Avec Londres, siège de la De Beers, première compagnie minière au monde avec 10 milliards de dollars de diamants bruts produits par an, la ville d’Anvers est historiquement la plaque tournante du commerce du diamant. Trois de ses rues, sous vidéosurveillance, y concentrent 1 500 sociétés employant plus de 35 000 personnes. Diamantaires juifs, russes, chinois, sud-africains ou indiens y brassent chaque année 12 milliards de dollars. Par Anvers transitent 70 % des diamants bruts du monde.

Cap sur l’Inde
Mais, au fil des ans, la donne a changé. Désormais, c’est uniquement grâce à l’utilisation de technologies haut de gamme qu’une poignée d’entreprises anversoises parvient à résister à la délocalisation de la taille vers les pays à main-d’œuvre bon marché. Comme l’Inde notamment, où François Rabaté est parti suivre Bablu Hirawat. Dirigeant le bureau du groupe Taché à Mumbai, celui-ci est aux premières loges pour savoir que le sous-continent indien « a capté l’essentiel du marché mondial de la taille ». A 300 kilomètres au nord de l’ancienne Bombay, où « le business continue de se faire », la ville de Surat, dans l’Etat du Gujarat, en est devenue l’une des spécialistes : les trois quarts des diamants de la planète y sont transformés. « Celui qui veut des diamants, c’est ici qu’il doit venir », assure-t-il. Fiançailles, mariage… la bijouterie joue un rôle très important dans la culture indienne. Et à Surat, à deux pas des bidonvilles où s’entasse une population miséreuse, prospèrent plus de 2 000 tailleries, parmi lesquelles Venus Jewel, l’une des plus modernes de la ville. Rahul Pande, son manager, confie rémunérer de 800 à 1 000 dollars par mois ses employés, soit plus du double du salaire habituel. Il caresse le rêve que Surat s’impose un jour comme le « grand » centre pour le commerce du diamant en plus d’être déjà celui de l’usinage : « Il n’est pas impossible que Surat devienne un nouvel Anvers ou un nouveau Londres, qui sait ? »
Des mines iakoutes à celles d’Afrique…

Ce rêve, on ne l’a plus à Smolensk. Promue par l’Union soviétique, du temps de sa grandeur, spécialiste de la taille du diamant, la ville de 300 000 habitants abrite Kristall, l’une des plus importantes tailleries du pays. Traitant des pierres de cinq à dix carats, l’entreprise est soumise au bon vouloir de son fournisseur Alrosa. Les ­diamants des mines de Iakoutie ont permis au conglomérat russe de devenir la deuxième société minière mondiale, ­derrière la De Beers. Mais la qualité des pierres confiées à Smolensk n’est plus de taille à rivaliser avec celle que produit sa grande rivale britannique, fournisseuse des plus grandes joailleries, comme celles de la place Vendôme, à Paris. Au Botswana, où le journaliste achève son périple, 3 000 employés font tourner jour et nuit la plus grande mine de diamants du monde à ciel ouvert, exploitée en association avec la société minière londonienne. Près de 80 kilos de pierres sont libérées chaque jour de la kimberlite, la roche volcanique qui les emprisonne. Elles sont des produits de choix pour les ventes que De Beers organise pour ses 80 clients accrédités et triés sur le volet, dont fait partie le groupe Taché. En plus d’être la matière première indispensable des professionnels du luxe, les diamants du Botswana fournissent au petit Etat africain 70 % de ses devises et assurent 35 % de son produit intérieur brut. Le diamant demeure une manne qui, sur tous les continents, fait décidément vivre beaucoup de monde…
Christine Guillemeau

Documentaire
Durée : 52′
Auteur-réalisateur : François Rabaté
Production : France Télévisions / Sunset Presse
Année : 2009


TELEVISIONS
Diffusion France 5 : Mardi 2 mars 2010 à 20.35 (inédit)

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