Fiche Film
Cinéma/TV Histoire/société
MOYEN Métrage | 1954
Maîtres Fous (Les)
Jean Rouch
Titre anglais : Mad masters
Pays concerné : Ghana
Réalisateur(s) : Jean Rouch
Avec : Pierre Braunberger
Durée : 35
Genre : société
Type : documentaire

Français

Tourné en un seul jour, le film montre les pratiques rituelles d’une secte religieuse. Les pratiquants du culte Hauka, des travailleurs des régions du Niger venus à Accra, se réunissent à l’occasion de leur grande cérémonie annuelle. Dans la « concession » du grand prêtre Mountbyéba, après une confession publique, commence le rite de la possession. Bave, tremblements, respiration haletante… sont les signes de l’arrivée des « génies de la force », personnification emblématique de la domination coloniale : le caporal de garde, le gouverneur, le docteur, la femme du capitaine, le général, le conducteur de locomotive etc… La cérémonie atteint son paroxysme avec le sacrifice d’un chien qui sera mangé par les possédés. Le lendemain les initiés retournent à leurs occupations quotidiennes.



Le titre du film traduit le mot « Haouka » (maître du vent, maître de la folie) mais évoque en même temps la situation coloniale où les « maîtres » (les Européens) étaient perçus comme fous.
Apparus vers 1927 dans les danses de possession songhai, ces génies très particuliers étaient inspirés directement par l’armée et les administrations française et britannique.
Les travailleurs émigrés d’aujourd’hui résolvent par des crises de possession du culte des Haouka, violentes mais maîtrisées, leur adaptation au monde moderne.

Un film réalisé par Jean Rouch

1958, France, 29 minutes, VOST

Prod : Les films de la Pléiade

English

A controversial documentation of the annual ceremony of the Hauku cult, a religious movement widespread in Niger and Ghana from the 1920s to the 1950s.

Les maîtres fous (Mad masters) shows the rituals of a religious cult. Hauka worshippers, workers who have travelled from along the Niger to Accra, meet for their great annual ceremony. On the « concession » of the high priest Mountbyéba, following public confessions, the spirit possession ritual begins. Foaming at the mouth, trembling, panting: these are signs of the arrival of the « spirits of power », the symbolic personification of colonial rule: the corporal of the guard, the governor, the doctor, the captain’s wife, the locomotive driver, and others. The ceremony reaches its climax with the sacrifice of a dog later to be eaten by those possessed by the spirits. The next day, the cult’s initiates return to their daily round.

Dir: Jean Rouch, 1954; 35 minutes: