Fiche Film
Cinéma/TV
LONG Métrage | 2005
Juju Factory
Balufu Bakupa-Kanyinda
Pays concerné : République démocratique du Congo
Réalisateur(s) : Balufu Bakupa-Kanyinda
Avec : So Kalmery, Balufu Bakupa-Kanyinda, Balufu Bakupa-Kanyinda, Dieudonné Kabongo, Emil Abossolo-Mbo, Carole Karemera, Katik Donatien Bakomba, Sohder Leta Manesa, Pascale Kinanga, Stéphane Bissot, Imhotep Tshilombo Lubambu, Maxime Thierry, Ken Ndiaye, Magali Sylvestre, José Luis Cortez, Mirko Popovitch, Thierry Wenes, Anne-Sophie Leurquin, Laurent Ancion, Bach-Lan Lê Ba-thi, Nolda Massamba, Marc Nouyrigat, Fabrice Masuka, Aline Bosuma, Ndiagne Adechoubou
Durée : 97
Genre : comédie dramatique
Type : fiction

Français

Kongo Congo est écrivain et réside à Bruxelles dan le quartier africain de Matonge. Il est chargé d’écrire un livre sur la communauté congolaise.
L’éditeur, Joseph D. veut un genre « Guide touristique » aux ingrédients ethniques qui pourrait intéresser la population entière du village planétaire, et sans trop de références à l’Afrique d’hier et d’aujourd’hui. Devant les problèmes financiers qui l’accablent, Kongo devra décider de la nature de l’histoire à écrire: la sienne ou celle de Joseph D. »Le village de Matonge » ou »Juju Factory » ?

Un film de Balufu Bakupa-Kanyinda



NOTE D’INTENTION
Le « juju » est un talisman (« magic », « voodoo », fétiche, amulette) qui protège du « maléfique ». C’est un « charme » superstitieux qui dit-on possède des pouvoirs surnaturels. On le trouve en Afrique de l’Ouest; particulièrement au Nigeria, Ghana, Liberia, Sierra Leone, Bénin…

Là-bas, les gens croient que celui qui a le « juju » est « blindé ». Personne ne peut le maudire ou l’attaquer ni lui faire du mal. Le possesseur du « juju » a donc la « foi » pour être hors d’atteinte de n’importe quelles nuisances.

Un jour d’avril 2002, en sortant de l’enceinte gigantesque de « Elmina Castel », fort esclavagiste » en bord de l’océan Atlantique, à Cape Coast au Ghana, j’ai commencé à penser au concept spirituel africain du « juju », en m’interrogeant sur la part des Africains qui participèrent à ce commerce criminel.

Alors, pour faire simple, j’ai rêvé d’un combat imaginaire des esprits, entre le « maléfique » et le « juju ». Et je l’ai transposé à Bruxelles. Dans ce conflit d’intérêts ou de raison (« vérités de la raison, vérités de la foi »), j’ai mis face à face un écrivain et un éditeur. Tous deux Africains. S’agit plus de l’esclavage. Ici, la question conflictuelle se noue autour de la divergence de vision d’un même monde, entre la passion créatrice et la réalité quotidienne.

J’ai voulu travailler sur un sujet et de la matière (exil, écriture) ainsi que des facteurs humains que je connais. Ayant séjourné durant des années en Belgique, où j’ai encore des liens familiaux bien ancrés dans la société belge, cette histoire fait partie de mon « monde personnel ». Et aussi explorer les rêves et frustrations africaines, vus de Bruxelles, pour confronter le présent et le passé en cherchant le futur.

Pour tisser « Juju Factory », je suis parti d’un quartier belge, qui symbolise l’exil et l’immigration, qui porte un « certain mal de vivre » et montre la fragilité quotidienne des vies au bord de la tragédie sociale. Mais ses personnages restent debout, tous convaincus (imaginaire de l’écrivain) que leur présence est justifiée par leur histoire (le Musée de l’Afrique centrale « Tervuren », le roi Léopold II, Patrice Lumumba, etc.).

« Matonge » (prononcez : « ma-ton-gué »), petit quartier bruxellois, est, à mon avis, le seul lieu donnant un nom africain (à l’origine appellation d’un quartier de Kinshasa) à un coin d’une cité européenne. Est-ce pour cela qu’un spectre (Lumumba) erre dans ce quartier ? Et pourquoi donc Joseph Désiré (l’éditeur) s’en va demander conseil à la statue équestre du fameux « roi Léopold II » sur son différend avec Kongo (l’écrivain) ?

L’autre « esprit » de ce film est celui du numérique. Il est ici porté par l' »inteleki », vieux mot grec qui signifie « insuffler de l’énergie dans la matière inerte. »


Ce film est tourné en DV. Surtout parce que cela était propice aux conditions d’une petite production » extra indépendante. » Nous avions foi en l’histoire que nous voulions raconter au monde. Notre désir était, et demeure, de poser ce film (dès le tournage) dans l’imaginaire cinématographique et sur des règles du cinéma. En d’autres termes il s’agissait d’utiliser une DV pour l’outil qu’elle est : une caméra. « L’esprit du numérique » a fait le reste, en jouant l’intermédiation essentielle entre le récit, l’art et la technique. Et, avec des bons acteurs, notre proposition de mise en scène s’est laissé guidée par « l’inteleki » (insuffler l’énergie…)

« Juju Factory » est une métaphore sur la création, dans la grisaille de l’exil. Quand celui-ci est capable de fabriquer (« usiner » dirai-je) de la joie et de la folie dans le même bain. Quand il nous offre la confrontation entre deux « esprits africains » au cœur d’un quartier européen qui porte un joli nom africain. Telle une jolie métisse écartelée entre deux amants aux fortunes opposées.

En français, « juju » se dit « joujou ». Un jouet.

Joseph Désiré (Katik Bakomba) contre Kongo Congo (Dieudonné Kabongo). Le premier tient à la « raison » d’un certain marché ; il croit savoir ce que les « autres » veulent entendre et voir. « Votre Lumumba et tous vos ancêtres, enterrez-les où vous voulez mais pas dans un livre que je finance ! » pérore l’éditeur. Et il ignore les poètes : Aimé Césaire, Tshiakatumba Matala, William Sassine… Même le cinéaste David achkar ne lui dit rien qui mériterait d’être gravé dans son « Matonge global village », le livre dont il rêve.

Echine courbée sur son ordinateur, l’écrivain est habité par le « juju ». Cette magie qui ordonne, dans le livre en écriture, toute vie qui s’invite chez lui. Elle le fait aussi voyager à la « vitesse du son » entre la Belgique et le Congo. Et magnifie ses mots qui ne savent plus où se trouve la frontière entre la réalité et l’imaginaire.


Balufu Bakupa-Kanyinda
« Juju Factory »




Titre du film : Juju Factory
Genre : comédie dramatique (contemporaine)
Langue: française
Producteurs: Balufu Bakupa-Kanyinda et Ndiagne Adéchoubou.

Interprètes : Dieudonné Kabongo, Carole Karemera, Katik Bakomba, Sohder Leta Manesa, Aline Bosuma, Pascale Kinanga, Emile Abossolo Mbo, Stéphane Bissot, Imhotep Tshilombo, Maxime Thierry, Nolda Massamba, Ken Ndiaye, Magali Sylvestre, José Luis Cortez, Mirko Popovicth, Fabrice Masuka, Thierry Wenes, Bach-Lan Le Ba Thi, Anne-Sophie Leurquin, Laurent Ancion

Directeur de la photographie et caméra: Olivier Pulinckx
Opérateur son et caméra : Balufu Bakupa-Kanyinda
Maquillage : Jovita Lukau
Assistants : Anne Ransquin, Maxwell Caldeval, Christophe Vanheuverzwijn
Décoration : Stéphanie Péty de Thozée, Doudou Bakomba
Assistant caméra : Joe Bondo
Assistant son : Momo Mulisa
Assistant monteur : Xavier Champagnac
Monteur : Sébastien Touta.
Format de tournage : DV
Format de diffusion cinéma : 35mm
Durée : 1h37 minutes
Lieux de tournage : Bruxelles, Belgique.
Durée du tournage : 5 semaines
Période tournage (prévue) : 15 novembre-20 décembre 2004
Postproduction : Paris, France.
Durée de postproduction : 16 semaines
Première projection publique (prévue) : mai/juin 2005

Première mondiale : FESPACO 2007 (Burkina Faso) 24 février-03 mars 2007.

Production : Akangbe Productions (France), BlackStarLine, (Belgique), Dipanda Yo ! (RD Congo), et la participation de Artspheres (asbl, Belgique)

Print Source/World Sales/Ventes Internationales
Anne Ransquin (Dipanda Yo!)
76 rue de la Source
Brussels 1060 Belgium
Tel: 32-2-538-6091
anneransquin@gmail.com

English

Kongo lives in the Matonge district of Brussels, where he is writing a book. His editor wants a kind of traveler’s book spiced with ethnic ingredients. However, Kongo is inspired by his vision of complex and tormented souls that he meets at all proverbial and literal crossings. His story, and the film’s narrative, follow invisible trajectories intertwined with Congolese history and Belgium’s ghosts.

A humorous and super-clever social commentary on… exile and migration? Belgian colonialism? racism in Europe? the psychology of the colonized? of the decolonized? of the comprador bourgeoisie?
Kongo lives in Brussels, in the’Matonge’ district on which he is writing a book. His editor wants a kind of traveler’s book spiced with ethnic ingredients. However, the writer is inspired by the vision of complex and tormented souls that he meets at all crossings. Kongo Congo follows invisible ways connected to the Congolese history and its ghosts. How is it possible to stand upright in this chaotic history ? By having the « juju », self-confidence, and Beatrice’s love.
Linear as a moebius strip, Juju Factory is full of references both implicit and explicit, right down to its name – as another reviewed has pointed out, a « juju » is a talisman or charm which can protect one from evil… but in French « juju » sounds like’jouet’, a mere toy… Dreamy sequences and symbolic conversations all flesh out what eventually appear less as relationships between characters as between what Frantz Fanon might have called « species ». At the same time, hints appear that the book he is writing is in fact the film we are watching… and as Joseph Désiré becomes increasingly rigid and demanding, insisting on a prettified advertisement about ethnic color in Belgium’s capital, Congo becomes increasingly haunted by thoughts of Patrice Lumumba and the history of European theft and pillage on the African continent.

Balufu Bakupa-Kanyinda, Democratic Republic of Congo, 2006, 97m. In French.
Genre: Drama/Comedy


PRIX / FESTIVALS / AWARDS / DISTINCTIONS / TELEVISIONS


2008 | SIFF – Seattle Film Festival | SEATTLE, Usa | www.siff.net
* OFFICIAL SELECTION
* Contemporary World Cinema


2008 | 15th New York African Film Festival | NEW YORK, Usa | APRIL 9th to MAY 26th | www.africanfilmny.org |
> Selection


2007 | Festival Cinema Africano, Bari. Italy. December 2007 |
> BEST ACTRICE (Carole Karemera as Béatrice)


2007 | African Film Festival at Apt, France. November 2007 |
> BEST FILM


2007 | Kenya International Film Festival, Kenya. October 2007 |
> BEST FILM

2007 | Africa in Motion | EDINBURGH, Scottland | www.africa-in-motion.org.uk
* Selection


2007 | ZANZIBAR INTERNATIONAL FILM FESTIVAL | ZANZIBAR, Tanzania | 17th july 2007 |
> GOLDEN DHOW AWARD BEST FILM


2007 | INNSBRUCK INTERNATIONAL FILM FESTIVAL | INNSBRUCK, Austria | 10th june 2007 |
> LAND OF TYROL BEST FILM


2007 | FESPACO 2007 | OUAGADOUGOU, Burkina Faso | www.fespaco.fr |
> Compétition Officielle
> World Premiere

____________

DEUTSCH
Der Schriftsteller Kongo Congo lebt in Matonge, dem afrikanischen Viertel von Brüssel. Er hat den Auftrag, ein Buch über die kongolesische Diaspora zu schreiben und gerät dabei in einen Konflikt: Dem Verleger schwebt ein ethnologischer Roman und Reiseführer vor, der vor allem gut verkäuflich sein soll. Doch dazu ist Kongo nicht bereit. Er will das Leben der Afrikaner in Matonge realistisch und kritisch darstellen.

regie: balufu bakupa-kanyinda B/KON 2006 90 min OmeU

____________________________

ITALIANO
Kongo Congo è uno scrittore africano residente a Bruxelles, nel quartiere’Matonga’. Vive in mezzo agli immigrati, tra le diverse esperienze di esilio e di sradicamento dalla propria terra natale. Il suo editore Joseph D. lo incarica di scrivere un libro sulla comunità congolese, una sorta di guida turistica che possa soddisfare il maggior numero possibile di lettori, senza soffermarsi troppo sugli aspetti storico-politici dell’Africa. Ma Kongo sente la necessità di dare voce a quell’Africa nascosta, quella di cui non si parla mai. Di fronte alle difficoltà economiche, cederà ai ricatti del padrone o deciderà di scrivere il’suo’ romanzo?

Bakupa-Kanyinda spinge la cinepresa ad esplorare l’intimità di un’artista, i suoi dubbi, le sue crisi; realizzando un film che ha convinto la critica internazionale. Con questo lavoro infatti, ha vinto nel 2007 i festival di Zanzibar e di Innsbruck.

R. D. Congo – 2006
Regia: Balufu Bakupa-Kanyinda
Interpreti: Dieudonné Kabongo, Carole Karemera, Katik Bakomba, Leta Manesa.
Durata: 97′

Español

Kongo vive en Bruselas, en el barrio « Matongé », sobre el cual escribe un libro. Su editor quiere una especie de guía de viajes salpimentada de ingredientes étnicos. Sin embargo, el escritor se inspira en la visión de las almas complejas y atormentadas con las que se cruza en cada esquina día y noche. Kongo Congo recorre los caminos invisibles que le llevan a la historia congoleña y a sus fantasmas. ¿Cómo es posible seguir adelante con esta historia tan caótica? Teniendo el « juju ». Fe en uno mismo. Y el amor de Béatrice.

GENERO: Ficción
PAÍS: República Democrática del Congo
AÑO: 2007
CARACTERÍSTICAS: 97′ – DVcam – color – VO francés – Subtitulado castellano

Dirección / Réalisation / Director: Balufu Bakupa-Kanyinda
Producción / Production / Producer: Dipanda Yo!
Guión / Scénario / Screenplay: Balufu Bakupa-Kanyinda
Fotografía / Image / Cinematography: Olivier Pulinckx
Sonido / Son / Sound: Marc Nouyrigat
Música / Musique / Music: So Kalmery
Montaje / Montage / Editing: Didier Ranz
Intérpretes / Interprètes / Cast Dieudonné Kabongo Bashila, Carole Karemera, Donatien Katik Bakomba, Aline Bosuma, Émile abossolo Mbo

DISPONIBILIDAD EN CINENÓMADA
Disponibiidad en formato DVD y BETA DG

PREMIOS
Innsbruck 2007
Zanzíbar 2007
Kenya 2007
Pays d’APT 2007