Fiche Film
Cinéma/TV Histoire/société
LONG Métrage | 2005
Pierre Verger, messager entre deux mondes
Gilberto Gil, Luiz Buarque Hollanda (de), Pierre Verger, Vasconcelos Naná
Date de sortie en France : 30/03/2005
Pays concerné : Brésil
Réalisateur(s) : Gilberto Gil, Luiz Buarque Hollanda (de), Pierre Verger, Vasconcelos Naná
Avec : Gilberto Gil, Pierre Fatumbi Verger, Vasconcelos Naná
Durée : 82
Genre : portrait
Type : documentaire

Français

Un voyage raconté par Gilberto Gil

Meilleure production culturelle de télévision au Grand Prix Cinéma Brésil Finaliste à l’International Emmy Awards

C’est le célèbre chanteur brésilien Gilberto Gil lui-même qui, dans ce documentaire, retrace la vie et l’oeuvre du photographe et ethnologue français Pierre Verger.
A la rencontre des hommes qu’il a connus et des lieux qu’il a traversés, Gilberto Gil nous emmène en voyage de Salvador de Bahia au Bénin en passant par Paris.
La dernière interview accordée par Pierre Verger avant son décès, mais aussi les témoignages de personnes l’ayant connu ou approché (scientifiques, religieux ou anonymes), soulignent l’humanité de cet intellectuel au parcours singulier.
Sur un scénario de Marcos Bernstein (scénariste de Central do Brasil), le documentaire s’attache à comprendre, au-delà de la vie de Pierre Verger, les relations intenses entre le Brésil et l’Afrique.
Ces liens, tour à tour relégués au second plan ou revendiqués, participent intensément de l’identité brésilienne, née de la fusion entre la culture importée par les esclaves africains et celle de leurs anciens maîtres.
Une identité imprégnée de religiosité.

Quelques mots sur les religions afro-brésiliennes

L’origine des religions afro-brésiliennes remonte au trafic des esclaves. En trois siècles de traite des noirs, les diverses ethnies ont continué de perpétuer leurs rites, qui se sont peu à peu implantés sur le sol brésilien et sont connus aujourd’hui sous le nom générique de candomblé.
Ce n’est pourtant pas une réalité homogène puisque les cultes peuvent être différenciés en fonction de leur origine mais aussi selon l’influence plus ou moins forte du catholicisme, des religions indigènes ou du spiritisme (doctrine qui prend racine dans la Bible mais qui intègre, entres autres, le principe de réincarnation).
Toutes les « sectes » afro-brésiliennes ont toutefois en commun une divinité suprême, Olorun, et d’autres divinités, les orixás, dont le nombre peut varier. A chaque orixá sont associés un jour de la semaine, une couleur, des plantes, des aliments et boissons, des outils, etc.
Le candomblé se caractérise par une relation privilégiée entre le fidèle et les divinités : chacun a un orixá qui le protège et qui peut le posséder pendant la transe, lorsque l’adepte a été initié. Il devient alors son « cheval » et lui est indéfectiblement lié. Le processus d’initiation terminé, la fille-de-saint fait réellement partie du centre de culte, le terreiro. On peut toutefois recourir à cette religion sans être initié, pour résoudre des problèmes ponctuels par l’intermédiaire du père-de-saint ou de la mère-de-saint. Ceux-ci sont les seuls à pouvoir initier de nouveaux adeptes. Ils n’ont pas de supérieurs hiérarchiques au sein de leur terreiro.
Glossaire
Alaketu : Titre du roi de Ketu, ancien royaume fondé par les yorubas, coupé en deux par l’actuelle frontière Nigeria-Bénin.
Axexê : Cérémonie rituelle funéraire effectuée lors de la mort d’une personnalité religieuse. Elle vise à libérer l’âme du mort pour lui permettre de rejoindre le monde spirituel.
Babalaô : Prêtre d’Ifá. Cette haute charge suppose la connaissance des techniques de divination par les cauris (coquillages).
Babalorixá : Voir Père-de-Saint
Candomblé : Culte afro-brésilien qui regroupe les nations et rituels soudanais (jeje, nagô, ketu, etc.), bantous (angola, congo, etc.) et d’influence indigène. A noter que les rituels yorubas (nagô) ont eu tendance à prédominer sur les autres. Par extension, le mot s’applique à tout culte d’influence africaine.
Dahomey : Ancien nom de l’actuel Bénin, pays d’où provenaient une part importante des esclaves arrivés au Brésil.
Egungun : Esprits, âmes des ancêtres qui reviennent sur terre lors de certaines cérémonies rituelles. Il existe au Nigeria et au Bénin des sociétés secrètes vouées à leur culte.
Esclavage : Le Brésil est le dernier pays d’Amérique latine à abolir l’esclavage, en mai 1888. Pourtant, en 1850, la Loi Eusébio de Queiros interdit déjà le trafic négrier.
Exu : Orixá médiateur, messager et interprète. C’est l’élément dynamique de tout ce qui existe et le principe de communication et d’expansion. On l’assimile en général au diable chrétien. Il se divise en de multiples figures mythico-rituelles.
Fils-de-saint/Fille-de-saint : Nom donné à l’initié(e) dans le candomblé. Il marque la filiation d’un initiateur et d’une maison de culte.
Ialorixá : Voir Mère-de-saint
Iansã (Oya en Afrique et dans certains candomblés) : Reine guerrière, maîtresse des vents et des tempêtes, au tempérament dominateur et passionné, elle est l’une des épouses de Xangô.
Iami : Nom qui représente collectivement toutes les génitrices ancestrales mythiques : Iemanjá, Oxum, etc.
Iemanjá : Orixá de la mer, considérée au Brésil comme mère de tous les orixás. Elle représente la procréation, la gestation.
Ifá : Orixá de la divination et du destin, il est le messager de la lumière. Son prêtre est le babalaô.
Mère-de-saint : Nom fréquemment utilisé pour désigner une femme chef de terreiro afro-brésilien. Elle est responsable de la vie spirituelle et temporelle du terreiro, dirige l’éducation religieuse des fils et filles-de-saint et le travail des auxiliaires, les cérémonies rituelles, etc. Mãe Senhora et Mãe Stella sont deux des mères-de-saint les plus connues au Brésil.
Obaluaê (forme jeune d’ Omolu) : Orixá de la variole et, par extension, de toutes les maladies.
Ogã : titre honorifique donné à des hommes qui jouissent d’une bonne situation financière et/ou de prestige social ou politique, capables d’aider et de protéger le terreiro. Ils sont choisis puis initiés, forment le conseil consultatif du terreiro et sont respectés par tous.
Oiá ou Oyá : Voir Iansã
Oju Oba : Charge sacerdotale liée à Xangô.
Olorun : Dieu suprême des Yorubas, créateur du monde, mais qui n’a ni prêtres, ni autels. Il est en partie oublié au Brésil.
Opó Afonjá : L’un des terreiros de Bahia les plus connus, tenu pour l’un des plus traditionnels.
Orixá : Divinité vénérée dans le candomblé, intermédiaire entre le dieu suprême, Olorun, et les hommes. De près de 600 orixás yorubas en Afrique, on passe au Brésil à 16 en ce qui concerne le candomblé.
Oxóssi : Orixá de la chasse, fils de Iemanjá. Il est lié à la lune.
Oxum : Orixá des eaux douces, de la richesse, de la beauté. C’est l’épouse la plus jeune et la préférée de Xangô.
Père-de-saint : Chef masculin d’un terreiro afro-brésilien. Il remplit les mêmes fonctions que la mère-de-saint. On le désigne également sous le nom de babalorixá.
Terreiro : Ensemble de terrains et maisons dans lesquels se déroulent les cérémonies religieuses des cultes afro-brésiliens et leurs préparatifs. Ce terme indique également la communauté des initiés liés à la maison. Synonyme : ilé (maison, en yoruba).
Xangô : puissant orixá des éclairs et du tonnerre, orgueilleux et dominateur, fils de Iemanjá, fondateur mythique de la ville d’Oyó, il aurait régné sur le Dahomey. Epoux de Iansã et d’ Oxum.
Yoruba : peuple soudanais d’Afrique occidentale (Nigeria, Bénin, Togo). De nombreux Yorubas ont été déportés comme esclaves au Brésil, en particulier à Bahia, et leur culture a notablement influencé la constitution des religions afro-brésiliennes. On les appelle aussi nagô au Brésil. Le mot yoruba s’applique également à la langue parlée par ce peuple.

Participation et témoignages

Pai Agenor (Agenor Miranda Rocha), babalaô et professeur de littérature
Jorge Amado, écrivain
Nordichao Bachalou, babalaô
Pai Balbino (Daniel de Paula), babalorixá
Maurice Baquet, violoniste
Sa majesté Agoliagbo Bedjagni
Pierre Boucher, photographe
Ceci (Nancy de Souza e Silva), archiviste
Milton Cunha, « metteur en scène » de carnaval
Gabin Djimasse, historien
Juana Elbein dos Santos, anthropologue
Miguel Falabella, acteur
Zélia Gattai, écrivain
Milton Guran, anthropologue et photographe
Jean Pierre Le Bouler, historien
Famille Monteiro
Nestor Ogalala, babalaô
Popó (Edson Porto), technicien de laboratoire
Antonio Risério, anthropologue et écrivain
Jean Rouch, documentariste du musée de l’homme, réalisateur et chercheur
Baba Shango Agboba, babalorixá
Arlete Soares, éditrice
Mãe Stella (Maria Stella de Azevedo), ialorixá
Cid Teixeira Cavalcante, historien
Vovô (Antônio Carlos dos Santos), Président de l’Ilê Ayê
Sa majesté Xaxá VIII (Juliano de Souza)
Ayekobino Yakpetchou, babalaô

Réalisateur : Lula Buarque de Hollanda
Scénario : Marcos Bernstein
Narration et présentation : Gilberto Gil
Photos et textes : Pierre Verger
Bande originale composée et interprétée par Naná Vasconcelos
Production : Flora Gil, Leonardo Monteiro de Barros, Pedro Buarque de
Hollanda pour Conspiração Filmes, GNT/Globosat, Gege Produções
Producteur associé : Flávio R. Tambellini
Production exécutive : Mariza Figueiredo
Direction de la photographie : César Charlone
Photographie additionnelle : Breno Silveira (interviews Pierre Verger et Jorge
Amado) et André Horta (carnaval)
Son : Valéria Ferro
Montage : Kiko Ribeiro et Vicente Kubrusly
Montage son : Alexandre et Denilson
Conseil : Milton Guran
Coordination de la post-production : Bianca Costa