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Musique
L’orchestre El Gusto d’Alger
Algérie

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L’orchestre El Gusto d’Alger – Châabi Algerois

Que signifie « El Gusto » ? C’est le goût. Plus particulièrement celui de la vie. Joie de vie et bonne humeur. Une façon d’être résolument optimiste : « sur le bateau El Gusto, tu seras toujours heureux » dit la chanson.

C’est une certaine manière de voir la vie, une sorte de philosophie bon enfant qui vous fait prendre la vie du bon côté. Avec El Gusto, vous appréciez les plaisirs simples : les bons moments passés entre amis, la convivialité d’un échange, la chaleur des relations humaines.
Au-delà des croyances religieuses et des convictions politiques, des différences et des antagonismes, des guerres et des bouleversements provoqués par l’Histoire :
« Tous ceux que nous aimons avec leurs différences » sont à bord du bâteau d‘El Gusto, continue la chanson.

C’est toute ma vie, c’est tout ce que j’aime, c’est mon « gusto »

« El gusto », c’est le bonheur dans l’harmonie… et pas seulement au sens musical du terme. C’est l’effet produit par la musique chaâbi sur ceux qui la jouent mais aussi sur ceux qui l’entendent. Le mot « gusto » signifie « notre passion, notre plaisir. Et mon gusto, c’est le chaâbi, explique l’un des musiciens du film. Un autre précise : « c’est toute ma vie, c’est tout ce que j’aime, c’est mon gusto. Chacun a le sien. Les uns boivent, les autres fument, d’autres encore aiment le café. Moi, j’aime la musique.

Un amour de jeunesse toujours vivace

Passion. Aimer. Aimer toujours… Ce « gusto » dont ils parlent avec tant d’émotion et de chaleur exprime le plaisir qu’ils éprouvent à jouer ensemble cette musique, leur passion de jeunesse intacte, toujours vivace. Ferkioui se souvient. Pudique, le septuagénaire a soudain l’air d’un gamin, presque gêné de l’image qu’il utilise pour exprimer la force du lien qui l’unit à sa musique : lorsqu’il jouait, surtout une valse ou un tango, il dansait avec son accordéon »comme si c’était une femme ».


Maurice el-Medioni, inventeur du « pianoriental », un mélange de musiques- comme le chaâbi!- raconte que dès l’âge de trois ans, il aimait aller écouter le grand musicien qu’était son oncle, Saïd l’Oranais, un « grand maître ». Revenu à la maison, il l’imitait, faisant semblant de jouer de l’oud (luth oriental)… avec une poêle, ou du violon… avec une casserole et une fourchette !
Quant à Manou, 10 ans à l’époque, n’ayant pas l’argent pour s’acheter un instrument, il avait trouvé un bidon d’huile auquel, il avait ajouté un manche de sa fabrication et quatre bouts de ficelle en guise de cordes : à 84 ans, il en rit encore.

Robert – le comédien et humoriste Robert castel dont le père Lili Labassi, était une grande vedette de la chanson algérienne- confie à la caméra, pince-sans-rire : « très tôt, en tant que fœtus, dans le ventre de ma mère, j’ai dû entendre la voix de mon père, le violon de mon père, l’oud de mon père, les chansons de mon père et petit à petit- ça s’est fait naturellement- le virus ou le poison bénéfique de la musique est entré dans mon oreille. »