Fiche Groupe
Musique
Africando
Membres(s) : Amadou Traoré, Hamadou Mande, Amadou Traoré

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Depuis 10 ans, Africando poursuit sa quête inlassable, sincère et joyeuse, de réunir l’Afrique et toute sa diaspora à travers la musique afro-cubaine. Projet ambitieux haut de gamme, Africando est un véritable trait d’union transatlantique.

Miracle et mystère de la mémoire : les musicologues s’interrogent sur la façon dont les africains déportés, dépouillés de tout par l’esclavage le plus cruel, ont su préserver une part aussi essentielle de leur héritage, à Cuba plus que partout ailleurs dans le Nouveau-Monde… Car la « Clave », ce « 3-2 » typique de la musique afro-cubaine – du « son » (né à la fin du XVIe siècle à Santiago de Cuba) à la « salsa actuelle » – n’est autre que le rythme ancestral des tambours et des cloches qui accompagnent les sorties de masques au Benin, au Togo et au Nigeria…On le retrouve sous diverses formes dans de nombreux rituels animistes, du Congo à la Côte d’Ivoire en passant par le Mali et le Sénégal. C’est pourquoi la musique cubaine a été accueillie un peu partout en Afrique, comme une musique familière et pas du tout « étrangère ».

Dans les années 30, importée par de nombreux marins cubains débarquant dans le Golfe de Guinée, la « Clave » s’est intégrée naturellement, tout comme le jazz et le tango, dans le « highlife » ghanéen, première musique de danse « moderne » en Afrique de l’Ouest. Puis elle s’est imposée au Congo dans les années 40. Wendo, le vétéran de la « rumba congolaise » a raconté : « Nous ne savions rien de l’histoire cubaine, beaucoup d’entre nous croyaient que c’était une musique africaine, et que l’espagnol devait être un patois de chez nous que nous ne comprenions pas ! »
Quand vient le temps des indépendances, la « rumba » congolaise, déjà bien démarquée du modèle cubain, s’impose dans toute l’Afrique grâce aux fameux « indépendance cha-cha » enregistrés en Belgique par Kabassele et son groupe African Jazz (1960). En Afrique de l’Ouest, les nouveaux Etats se dotent d’innombrables orchestres de danse élaborant une musique « tradi-moderne », multi-ethnique, ouverte aux influences extérieures. Le terme « jazz » est souvent revendiqué mais c’est le style afro-cubain qui s’impose partout le mieux.
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