Halim

De Sherif Arafa

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Production à grand spectacle de 2 h 30 qui a demandé trois mois de tournage, Halim retrace la vie du grand chanteur égyptien disparu des suites d’une bilharziose qui l’aura torturé toute sa vie. Le film se saisit bien sûr de cette tragédie, démarrant sur le malaise d’Halim sur scène et son lit d’hôpital, et l’étend à toute sa biographie artistique, politique et amoureuse pour résonner avec la défaite égyptienne de 1967 et la démission de Nasser. Pensé de façon très didactique avec des flash-back permanents illustrant une interview d’Abdel Halim Hafez sur sa vie, il est composé de parties distinctes : son engagement nationaliste auprès de la révolution nassérienne et les remises en cause après 1967, son soutien à Sadate, son différend avec Oum Khalsoum qui se termine avec ses excuses publiques de s’être plaint de devoir attendre qu’elle ait fini de chanter pour passer à son tour, son amour déçu pour une aristocrate que son pacha de père ne veut pas lâcher à un fils de paysans. L’idéalisation et la dramatisation sont de rigueur et la surabondance de dialogues et de violons convergent dans la déification d’un mythe vivant : tout le film est construit dans ce sens, au détriment de ce qui ramènerait Halim à sa contingence humaine, donc qui nous le rendrait proche. Il évolue en effet dans la sphère des légendes déchirées par leur amour impossible, étoile au destin tragique conforme à celui des stars des années 30.
Le choix pour incarner Halim âgé du célèbre acteur Ahmed Zaki – lui-même malade d’un cancer et qui est mort un mois après la fin de sa partie du tournage – renforce la dimension légendaire du portrait. Et c’est bien sûr la totale avec l’interprétation d’Halim jeune par le fils d’Ahmed Zaki, Haitham Ahmed Zaki, qui fait ainsi ses premiers pas dans un rôle principal à l’écran et a dû tourner peu après la mort de son père.
Si le film répond en tous points aux règles d’un genre dont on peut rester distant mais qui fait encore résonner le monde arabe, il n’en reste pas moins un témoignage instructif sur un pan de l’histoire égyptienne à travers la vision de ces artistes qui ont accompagné le patriotisme égyptien.

///Article N° : 4439


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