Les Années de l’exil

De Nabyl Lahlou

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Le départ est accrocheur. Ces deux policiers qui vont chercher un révolutionnaire qui se cache dans un village perdu dans la montagne forment un duo évoquant immanquablement Laurel et Hardy. L’humour du geste s’allie à celui du verbe en un grotesque basé sur les talents d’acteur de Nabyl Lahlou, sorte de Louis de Funès vitupérant sans cesse, père Ubu de la coercition policière. Les relations contradictoires de chef à subalterne des policiers sont mises en scène avec minutie, tout comme la grossièreté de la force brute face à l’hospitalité, la clairvoyance, les valeurs, la détermination et la dignité des habitants du village.
Pourtant, la répétition de ce numéro d’acteur finit par laisser une impression de vide. Adapté d’un texte littéraire, « Une enquête au pays » de Driss Chraïbi, il manque à ce film très parlé des situations qui viendraient donner force aux gestes et aux mots de la caricature. La résistance qui s’organise peu à peu dans le village sera finalement incarnée par Tanargiste, une passionaria au discours politique plus livresque que crédible dans un tel environnement. Des morceaux de musique classique très connus envahissent la bande-son et vont à l’encontre de la distanciation recherchée par le burlesque. Si bien que l’intention de dénoncer le pouvoir imbécile et toutes les formes de dictature tombe, comme le personnage central, dans son propre piège.

2002, 35 mm, coul., 87 min., image : Mostapha Mariane, avec Nabyl Lahlou, Sophia Hadi, Younès Megri, Mohamed Belfkih, Amal Ayouch, Mahjoub Raji, Mehdi Piro, Fattouma Belhassan. Prod. Loukkos Films, Rabat (037 73 10 51).///Article N° : 2686


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