Fiche Lieu
Maison de la poésie / Théâtre Molière
Adresse : Passage molière, 157 rue saint-Martin 75003 Paris
Pays concerné : France
Téléphone(s) : 01 44 54 53 00

Français

La maison de la poésie

Edito

La vérité insoutenable qui est le propre de la poésie devient plus nécessaire que jamais. Programme sol y ombre. Prendre à pleines mains, tel est notre appétit. Car nous sommes dans le droit fil, à présent. Notre destin, c’est nous qui l’écrivons, notre Maison de la Poésie respire amplement et réussit ce qu’elle entreprend. Nous parlons sans orgueil mais avec détermination.
J’ai la responsabilité d’un théâtre que missionne un parlement amical et exact. Une équipe forte et courageuse, mais aussi accueillante, exigeante. L’engagement de la Ville de Paris à nos côtés exerce un soutien d’exception jamais démenti. Un public proche que nous innervons fait la première couronne de langage. Et le grand public auquel nous aspirons vient maintenant en nombre. Voilà l’heure à laquelle nous vivons. La poïétique en phase avec le politique, la création au cœur de la vie de la cité. Nous réalisons un théâtre public dont la poésie est le texte. Un théâtre de poésie, telle est notre enseigne. Entreprise que l’État soutien au titre de Scène conventionnée de création en poésie.
Mais à présent que l’outil est construit, le combat reste notre condition et notre souhait. Conquérir un grand public pour la poésie et diffuser sa lumière exigeante sur le monde, telle est notre aire de battage, notre tatami, notre stade. Eriger la création poétique au sein des arts vivants, faire apparaître les nouveaux poètes, générer le débat fructueux, défendre les revues, les éditeurs dans la vie foisonnante de la poésie dans ce pays. Tels sont nos combats quotidiens. Le combat contre la défaite de la pensée dissimulée en pensée de la défaite, nous le menons. Avec les armes langagières de la poésie.
La poésie combat en Chine, en Amérique latine, elle combat dans le monde et dans la langue arabe. Voilà notre programme : connaître et découvrir. Un jeune poète malgache conte l’Afrique d’aujourd’hui. Une jeune poète s’essaye à la parole du désastre écologique. Un autre, Benedetto, harangue la foule, infiniment. On rend hommage aux maîtres, on revisite le grand fondateur du Zarathoustra. Et nous prenons parti enfin dans l’événement politique à venir au printemps prochain avec une exaltation de la République dont la poésie seule est capable.
Dans notre Maison de la rue Saint-Martin, nous tenons tête au triomphe de la marchandise. Et le public vient y rencontrer les poètes et leur foi de chair et de mots. Vous goûterez ici le miel généreux de leur verbe mis en voix, mis en scène, mis en exaltation. Vous connaîtrez le lent travail d’action culturelle que nous menons dans les écoles et chez les amateurs et que nous appelons « apprendre la poésie par cœur » ou « apprendre à apprendre ». Un programme sans cesse réitéré.
Nous participons à notre place au combat qui scelle aujourd’hui le destin de notre pays et celui de l’humanité ; nous aspirons à une renaissance de l’esprit.

Claude Guerre