Lille : le vent nouveau de la Coopération

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Les rencontres « Territoires de la création » des 26-28 septembre à Lille marquait un tournant : le vent de la Coopération souffle dorénavant en faveur des opérateurs culturels privés en Afrique.

Organisées par l’AFAA (Association française d’action artistique, agissant au sein du ministère français des Affaires étrangères), les rencontres de Lille rendaient visible l’intégration d’Afrique en créations au sein de l’AFAA mais affirmaient surtout (même si le but annoncé était une réflexion commune avec les créateurs africains sur les voies à suivre à l’avenir) un discours nouveau. Olivier Poivre d’Arvor, secrétaire général de l’AFAA, le souligna aussi bien dans son message d’ouverture que de clôture : cette intégration ne signifie pas une baisse de crédits mais leur nouvelle orientation vers le soutien direct aux créateurs africains lorsque ceux-ci s’organisent. L’exemple du réseau OCRE (Opérateurs culturels en réseau), produit de l’engagement acharné de Valérie Thfoin au sein d’Afrique en créations, fut largement cité comme modèle. « La France n’a plus les moyens de rayonner partout : c’est un concept dépassé« , indiqua Poivre d’Arvor. Le but est maintenant de soutenir l’émergence de créateurs, notamment pour faciliter d’éventuelles coproductions, et cela demande d’avoir des opérateurs en face. Ils existent déjà : il convient de les appuyer par de la documentation et des ressources pour en faire des partenaires.
C’est là qu’est la nouveauté et le danger. On se réjouit bien sûr : les opérateurs africains qui se battent depuis des années pour faire survivre des structures essentielles au développement d’expressions culturelles indépendantes sont enfin reconnus pour leur travail. Mais le danger est inévitablement qu’ils y laissent un peu de cette indépendance qui fait leur valeur, tant l’appât d’une telle manne peut générer des effets pervers. On sait bien que l’appareil de Coopération aura du mal à se convertir à une orientation qui, comme l’indique Poivre d’Arvor à propos des actions de formation, « récuse l’idée d’un centre, d’une provenance de l’extérieur. » Mais il est clair, Lille en témoigne, que cet appareil se remet sérieusement en cause et c’est sans doute la bonne nouvelle de ces rencontres.

PS : Lire dans ce numéro les articles sur Lille d’Ayoko Mensah, Héric Libong et Alexandre Mensah. On trouvera par ailleurs sur www.africultures.com un compte-rendu détaillé de ces rencontres.
N.B. : Lille fut également l’occasion pour Africultures de se réunir avec ses partenaires africains pour mettre au point le Réseau d’information culturelle en Afrique et en Europe (RICAFE) qui permettra de combler les lacunes en termes d’information sur les événements culturels et les créations. Un site portail est en cours d’élaboration sur internet afin d’améliorer leur visibilité et fournir aux chercheurs, étudiants, journalistes, décideurs mais aussi au grand public une information souvent difficile à obtenir. La lettre d’information hebdomadaire gratuite d’Africultures s’en fera l’écho régulier (inscription en page d’accueil de www.africultures.com).///Article N° : 1605


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