Fiche Livre
Histoire/société
RéCIT, TéMOIGNAGE | Avril 2006
Victime du colonialisme français. Mon mari Félix Moumié
Marthe Moumié, Alla
Edition : Duboiris
Pays d’édition : France
Prix : 15.00
Parution : 02 Avril 2006

Français

photos inédites

Préface du président Ben Bella

Le débat suscité par la loi du 23 février 2005 sur « les aspects positifs de la colonisation » a peu donné la parole aux acteurs de l’histoire. Pour la première fois, Marthe Moumié, aujourd’hui âgée de 75 ans, témoigne. Elle a lutté pour l’indépendance de son pays, le Cameroun, et l’a payé au prix fort : séparation forcée d’avec sa fille, arrestation, torture, emprisonnement, exil, assassinat de son mari , le célèbre leader nationaliste camerounais Félix Moumié, par les services secrets français en 1960 à Genève …
Pour fuir les persécutions de l’administration coloniale, le couple Moumié a dû vivre dans la clandestinité, avant de se réfugier au Soudan puis en Egypte, où ils sont accueillis par le président Nasser. Leur fille Hélène doit suivre sa scolarité en Chine, séparée de ses parents. Après l’assassinat de son mari, Marthe Moumié tente de reconstruire sa vie : elle rencontre un militant nationaliste équato-guinéen, Athanasio Ndong, qui lutte contre les colons espagnols dans son pays. La vie de Marthe Moumié bascule à nouveau lorsque Athanasio est à son tour assassiné en 1969 alors qu’il est à la tête d’un parti politique en Guinée. Elle est aussitôt arrêtée, battue et torturée. Alors qu’elle demande d’être exilée en Guinée Conakry où repose le corps de son mari, les autorités équato-guinéennes décident de la renvoyer au Cameroun où elle sera à nouveau emprisonnée et maltraitée. Marthe Moumié passera encore cinq ans en prison et sera libérée le 14 juillet 1974.
Malgré toutes ces années de souffrance, Marthe Moumié ne garde ni haine ni rancune contre la France. Elle souhaite que son témoignage aide la jeunesse à connaître l’histoire du colonialisme telle que l’ont vécue les peuples colonisés.
Dans son livre, Marthe Moumié évoque aussi ses rencontres avec les chefs d’Etat tels le Guinéen Sékou Touré, le Ghanéen Kwame Nkrumah, l’Egyptien Nasser, le Chinois Mao-Tse-Toung, le Vietnamien Ho-Chi-Minh et l’Algérien Ben Bella. A près de 78 ans, c’est avec émotion qu’Ahmed Ben Bella a accepté de préfacer ce livre et de porter son regard sur l’histoire coloniale dont il a été également victime et acteur de premier plan. Ben Bella a participé à la guerre contre les Nazis et à la Libération de la France au sein de l’armée française. Puis il a été l’un des leaders de la lutte pour l’indépendance algérienne avant de devenir le premier président de l’Algérie indépendante en 1963.