Fiche Livre
Histoire/société
HISTOIRE |
République démocratique du Congo; Décentralisation et espaces de pouvoir.
Jean Omasombo
Edition : Musée royal de l’Afrique Centrale
Pays d’édition : Belgique
ISBN : 978-9-4946-1525-2
Dewey : Sciences sociales
Pages: 432
Prix : 29.00

Français

Quel État pour une décentralisation aboutie en République démocratique du Congo (RDC) ? Comment la géopolitique peut-elle secourir la décentralisation ? Quelles seraient les déviances et les entraves à la décentralisation ? Autant de questions parmi d'autres que cet ouvrage aborde.

Décentralisation et espaces de pouvoir fait suite au précédent volume paru en 2012 (La Décentralisation de la Première à la Troisième République), portant sur l'analyse du processus de décentralisation dans ses multiples tentatives d'implémentation depuis 1960. Complémentaire de celui-ci, la présente publication élargit le débat en questionnant cette problématique sous l'angle de disciplines multiples (géographie et aménagement du territoire, gouvernance, économie, histoire…) et en suivant les ambitions/occupations du champ du pouvoir politique par divers acteurs.



La première partie rassemble une dizaine de contributions portées sur quelques-unes des interrogations soulevées. La notion d'espace reste au pluriel, elle évoque ici plusieurs aspects. Il s'agit du politique lié à la gestion du territoire d'abord, de cet espace qui confère l'identité citoyenne aux habitants s'y trouvant, par le fait de leur localisation. Mais il est aussi d'autres lieux et d'autres pouvoirs auxquels renvoie le développement du pays et de ses habitants : l'appropriation des ressources, du culturel et du social, la recherche d'un équilibre entre déconcentration et programmation d'une « nouvelle » décentralisation, les relations de partenariat entre l'État, les provinces et les entités territoriales décentralisées (ETD). C'est à la fois de la RDC comme État dans son espace territorial global, de la cohérence interne des entités décentralisées et du rapport de ces dernières avec l'État central, dont il est question.

La notion d'espaces de pouvoir renvoie également à celle de frontières. En RDC, l'image de la décentralisation va d'abord avec celle du découpage de l'espace. La frontière traduit la délimitation, comme séparation ou rassemblement des habitants et des ressources en rapport avec le foncier. Elle naît de processus historiques aux racines complexes. Dans le cas de l'Afrique, de façon générale, l'établissement des frontières étatiques est lié à la domination coloniale. Pour consolider les nouveaux États et assurer le maintien de leur intégrité physique, les chefs d'États africains réunis à Addis-Abeba en Éthiopie en 1963 se sont référés à l'« uti possidetis juris », une doctrine déjà appliquée en Amérique du Sud. Ces nouveaux pouvoirs étatiques auraient obtenu de la colonisation pour principal héritage, l'investiture des droits souverains sur leur territoire. En ce sens, retracer l'histoire de la constitution des frontières externes de la RDC, c'est contribuer à la gestion d'une décentralisation qui doit éviter les écueils de l'émiettement territorial. La seconde partie de cet ouvrage s'y attache en présentant une chronique politico-diplomatique profondément étayée qui reconstitue toute l'histoire de la formation des frontières de l'État du Congo de 1876 à son indépendance en 1960.



Dans la foulée de ces contributions, il eût été justifié de procéder également à l'étude des frontières internes des entités provinciales, territoriales ou des secteurs/chefferies globalement légués par la colonisation et sujets à nourrir la conflictualité. Une fois que le projet « Provinces-Décentralisation » du MRAC aura couvert les 26 provinces, le moment sera bien opportun pour s'engager alors dans une analyse maîtrisée de ces frontières internes, dépassant ainsi les considérations souvent générales et uniquement formatives de leur constitution.
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