Fiche Livre
Histoire/société
RECUEIL | Octobre 2004
Lettres d’émigrés africains d’ici et d’ailleurs (1965 – 1995)
Edition : Nicolas Philippe
Pays d’édition : France
ISBN : 2-7488-0053-2
Prix : 20.00
Parution : 04 Octobre 2004

Français

Ces archives intimes de familles africaines – lettres, cassettes-courriers, photographies –répondent à une urgence : donner la parole à ceux que l’on n’entend jamais, les immigrés eux-mêmes.
Des documents inédits qui retracent avec sensibilité l’histoire méconnue d’hommes et de femmes en exil permanent.
« Avec l’arrivée de la saison sèche, des familles de la côte atlantique du Bénin étalent leurs archives au grand air. » Ces lettres conservent le souvenir de milliers d’hommes qui ont quitté l’Afrique dans l’espoir d’une vie meilleure, pour nourrir leur village ou fuir un chagrin d’amour. Des hommes que nous croisons tous les jours.
Commentées, les correspondances des familles africaines dévoilent pour la première fois l’envers d’une émigration mal connue. Des années 1960 à nos jours, des rues de Niamey à celles de Paris ou de New York, ce livre rend la parole aux émigrés, aux « sans-voix ».
« Il y a trop de monde et chacun s’occupe de ses affaires.
Personne ne s’arrête, tout le monde marche. Certains mar chent toute leur vie, je crois. Dans ce monde, il y a toujours le danger à côté de la richesse. C’est le grand problème. » De Washington D.C., Sala Manzo, septembre 1987.
En tension entre ici et là-bas, ces mots d’hommes et de femmes en correspondance révèlent avec brutalité ou poésie le quotidien d’émigrés africains, déchirés entre deux pays et deux imaginaires. C’est tout leur monde, sensible et matériel, qui passe dans ces échanges : envois d’argent, recettes de « gris-gris  » messages d’amour ou de détresse. Enfin, parfois, ce sont des lettres de rupture : quand le migrant ne peut plus assumer les attentes des siens ou quand, avec le temps, il s’en sépare.
« J’ai ramassé des ordures, lavé des assiettes, fait le docker. J’ai souffert beaucoup avant de trouver l’argent et toi tu veux me le détourner. Si tu n’as eu honte de manger l’argent de ton frère, il faut savoir que moi je n’aurais pas honte de t’amener devant les gendarmes. Je m’en fous de ce que le village va dire.
J’ai dit je m’en fous mille fois. Est-ce que le village était là quand j’ai souffert pour gagner l’argent ! Merde ! Merde Merde ! » De Lyon, Assoumane Souleymane, octobre 1984.
Cette édition est établie à partir de sources inédites collectées en Afrique et commentées par Manuel Charpy et Souley Hassane. Elle est illustrée de nombreuses photographies.