Murmures

L’importance du sommeil dans la vie d’écrivain de Dany Laferrière
mai 2013 | Divers | Littérature / édition | Haïti

Français

Le site Alterpresse fait le point sur la question.
P-au-P, 3 mai 2013 [AlterPresse] – Quelle place occupe le sommeil dans la vie de l’écrivain ?

C’est à cette question que tente de répondre Dany Laferrière, à l’occasion des rencontres québécoises qui se déroulent du 1er au 8 mai 2013 en Haïti.

Cette thématique du sommeil revient dans le « Journal d’un écrivain en pyjama », œuvre de Laferrière publiée en 2013 aux éditions Mémoire d’encrier.

Dans ce roman, inspiré de son expérience d’écrivain et de lecteur, l’auteur raconte une histoire en 202 chroniques, qui s’adressent à un jeune écrivain.

Cette œuvre nouvelle incite à s’arrêter pour observer la vie, à saisir le moment présent et à ralentir la course du monde.

« Je me réveillais à trois heures du matin et je me suis dit que ce n’est pas possible d’être… en état de suffocation. J’ai voulu utiliser ce temps pour lire et écrire. Donc, j’ai commencé à écrire et j’ai remarqué que ce temps, entre 3 heures et sept heures du matin, est le meilleur qui soit », avance Laferrière pour expliquer d’où est venue l’idée de son ouvrage.

Dans cet intervalle, la qualité du silence est exceptionnelle : non seulement les gens de la maison sont endormis, mais la ville même est au repos, explique-t-il lors d’un point de presse auquel a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« Ceci donne une force de concentration formidable à l’écrivain », affirme-t-il, avouant souffrir d’insomnie.

« Une société, qui ne dort pas, est une société qui produit beaucoup mais peut-être mal, qui (peut-être) prend une mauvaise direction », souligne Laferrière.

« L’homme qui dort construit l’univers »,soutient Lafferière qui n’aimerait pas « vivre, tout le temps, dans un monde créé par des gens aux yeux rougis par la fatigue ».

« J’aimerais bien savoir quel type de société d’architecture, d’environnement serait une société si elle était construite par des gens bien reposés », s’interroge-t-il.

Quand on ne veut pas dormir, il faut combler le vide, conseille Laferrière, qui pense que, dans la vie, « il n’y a pas cette partie fondamentale, entre actions et réactions, qui s’appelle le silence ».

« Le silence est au cœur même de la création », avance l’écrivain.
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