Murmures

Colloque CFP – La circulation du film dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord – Saint-Denis – 8-9 mai 2014‏
janvier 2014 | Appels à contributions / candidatures | Cinéma/TV | France

Français

Date butoir (propositions de communication) : le 26 janvier 2014.
CFP – La circulation du film dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord: Stratégies, acteurs économiques et pratiques des publics.

Le colloque aura lieu les 8 et 9 mai 2014 à Saint-Denis (France)

AAC : La circulation du film dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord Stratégies politiques, acteurs économiques et pratiques des publics

A la Mairie de Saint-Denis – Salle de conseil municipal

Les 8 et 9 mai 2014

En partenariat avec le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient (9e édition)


Argumentaire

Examiner le cinéma au prisme d’une catégorie régionale revient toujours à délimiter plus ou moins arbitrairement un espace présupposant un ensemble de caractéristiques communes issues d’une histoire qui n’est pas nécessairement liée au cinéma. Celle-ci peut tout aussi bien relever de la politique, de l’économie ou de la culture tout en lissant les différences internes entre les pays au sein de ce bloc. Même si les contours en sont aujourd’hui plus flous, l’histoire de la région MENA (Middle Eastern et North Africa / Moyen Orient et Afrique du Nord) en fait une zone géographique où s’entremêlent enjeux économiques, religieux, politiques et géopolitiques.

Ces dernières années, les lieux, les formes et les termes du rapport au cinéma de et dans cette région se sont considérablement transformés. La montée en puissance de festivals internationaux comme celui d’Abu Dhabi depuis 2007, celui de Doha depuis 2009, ont reconfiguré les circuits dans desquels les films produits par la région sont valorisés. En dix ans, le Maroc est devenu un gros producteur de films. Diverses initiatives à l’échelle nationale et transnationale ont vu le jour. La création du Doha film Institute (Doha Film Fund) au Qatar, les appels à projet Euromed Audiovisuel I, II et III, le programme Euromed Cinémas sont autant de programmes institutionnels dont l’ambition est clairement de permettre ou de dynamiser la production d’images de soi, de promouvoir la circulation des films dans la région et au-delà, et d’accroître leur visibilité en initiant des rencontres avec des publics. Plus récemment, les révolutions dans certains pays arabes, la Tunisie, la Lybie, l’Egypte et la Syrie, ont contribué à changer l’image que des peuples ont d’eux-mêmes face à leurs gouvernements et le regard porté sur eux, ce qui suscite en retour un intérêt plus grand pour les films produits par la région. Cette reconfiguration du paysage du cinéma dans la région MENA s’inscrit dans le contexte plus vaste d’une mutation technologique qui transforme le rapport entre cinéma et audiovisuel, redéfinissant à son tour ce qu’est le cinéma et les termes de son développement à tous les niveaux de la production, de la diffusion et du rapport des publics aux films.

Malgré cette période d’effervescence, les films produits par les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont soumis à des conditions de diffusion souvent difficiles. Mal promus, mal distribués, ils restent peu connus des publics d’autant que les difficultés de l’exploitation, quand elle existe, les privent d’écrans. Or, pour être rentable, économiquement mais aussi symboliquement, il est vital que ces films circulent et soient vus. La question de la circulation des films est donc au cœur du développement de ces cinématographies.

À ce jour, les cinémas de la région MENA ont suscité des travaux universitaires principalement dans le monde anglophone (Leaman 2001, Colin-Donmez 2007, Gugler 2011), choisissant parfois le prisme régional (Malkmus and Armes 1993, Shafik 1998, 2007, Hillauer 2006, Khalil 2007, Martin 2011) mais surtout le prisme national (Sabry 1995, Austin 2012, Dwyer 2004, Carter 2009, Orlando 2011, Austin 2012, Lang 2014). Dans le monde universitaire francophone, la dimension MENA n’a pas jusqu’à récemment suscité un grand intérêt, mais quelques ouvrages sur ces cinématographies existent, qu’ils élisent un prisme régional (Berrah et al. 1981, Khayati 1996, Serceau 2004, Khalil 2007, Brahimi 2009, Caillé et Martin 2012) ou national (Devictor 2004). Dans les pays de la région, c’est le prisme du national qui domine les travaux (Jaidi 1999, 2001, Khélil 2002 & 2006, Chamkhi 2002 & 2009, Yazbek 2012, etc.), entre autres. Ces recherches se sont développées le plus souvent autour de l’analyse thématico-formelles des films, du parcours de leurs réalisateurs et du lien entre cinéma et politique.

Cette journée d’étude veut privilégier une perspective socio-économique et les enjeux à la fois, culturels, politiques et géopolitiques qui y sont liés. Aborder la circulation des films au Moyen Orient et en Afrique du Nord nécessite d’identifier, à partir des politiques publiques, des fonctionnements institutionnels, des stratégies industrielles et commerciales, l’ensemble des acteurs de la filière cinéma alors que le développement du numérique entraîne une reconfiguration des industries de la communication et de la culture. L’objectif de cette première journée d’étude est de mobiliser plusieurs approches disciplinaires sur la question de la circulation des films, mais également de proposer un regard croisé entre professionnels et chercheurs autour de plusieurs pistes. Le terme de circulation peut se comprendre de plusieurs façons : circulation des films à l’intérieur d’un marché national, la circulation des films dans la région MENA ainsi qu’à l’international, mais également circulation d’un format à un autre.

I – Circulation nationale des films dans les différents pays de la région MENA

Les pays de la région MENA ont des rapports très différents au cinéma. Une première approche consiste à mettre en perspective la circulation des films nationaux sur leurs marchés intérieurs respectifs. Il s’agit ainsi d’observer, au niveau national, la carrière des films dans leur interaction avec les cinématographies d’autres pays, notamment la relation de compétition avec les films provenant d’Hollywood, de Bollywood, de l’Europe et de la région MENA. Dans ce jeu de compétition entre différentes cinématographies, quelles sont les formes d’intervention de l’Etat ? Quels sont le rôle et les effets de la censure ? Quels sont les dispositifs réglementaires régissant la présence à l’écran de certains films ? Quels sont leurs effets? Quelles sont les stratégies mises en place par des distributeurs et des exploitants pour permettre l’accès des publics aux productions nationales ou régionales ? …

II – Circulation régionale et internationale des films de la région

Se pose ensuite la circulation des films de la région MENA au-delà de leurs frontières. Entre les films qui ne circulent pas ou guère au-delà du national, et ceux qui ne circulent qu’au-delà de la région, il existe différents types de films qui s’intègrent dans différents circuits. Quel sont le rôle et les effets des systèmes de soutien au cinéma au niveau régional ou transrégional ? De nouvelles plateformes du marché du film dans la région voient le jour, essentiellement dans les pays du Golfe : quels rôles jouent-elles pour assurer une meilleure distribution des films produits dans la région MENA ? Quel est l’impact des festivals internationaux du Moyen-Orient, du Maghreb et même de l’Afrique subsaharienne, sur le cycle de vie des films? La coproduction internationale prend plusieurs formes : quels est l’impact des coproductions « Nord-Sud » ou « Est-Ouest » (soit entre pays de la région MENA), sur la circulation des films ?…

III – La circulation des films : formats et pratiques

Le délabrement et la fermeture de nombreuses salles au fil des années, conjugués aux stratégies de certains distributeurs, a considérablement réduit l’accès des films au circuit traditionnel de salles commerciales dans la région. Ces films circulent cependant sur d’autres plates-formes : télévision, DVD, internet (VoD, streaming, téléchargement), plateformes numériques payantes. Aux accès légaux souvent limités par la censure, s’ajoute l’économie souterraine qui, on peut le supposer, facilitent l’accès à ces films. Cependant de telles pratiques rendent aussi les publics et les spectateurs disséminés beaucoup plus difficiles à cerner ? Comment la multiplication des accès aux films a-t-elle transformé les stratégies des acteurs de la filière et les pratiques des spectateurs où qu’ils soient ? Quels films sont consommés par les publics de cette région et quels films de la région MENA sont vus au-delà ?…

La journée d’étude sera précédée d’une demi-journée de rencontre-discussion avec des professionnels visant à mettre en lumière les modes de circulation et les réseaux qui conditionnent la carrière des films de la région MENA.

Les langues de communication sont le français et l’anglais.

Merci d’envoyer vos propositions à [email protected] et [email protected] accompagnées d’un abstract de 300 mots minimum, de 4 à 5 références bibliographiques et d’une mini-bio avant le 26 janvier 2014.

Comité organisateur: Abdel Benchenna, Nolwenn Mingant, Patricia Caillé, Ghofrane Ghariani

Comité scientifique (en cours de constitution) : Laurent Creton (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3), Claude Forest (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3), Michel Serceau, Kevin Dwyer, Will Higbee (Université d’Exeter), Florence Martin (Goucher College, Baltimore), Hamid Aidouni (Université Abdelmaled Essaadi, Tétouan), Sonia Chamkhi (Institut Supérieur des Beaux-Arts, Ecole des Arts et de Cinéma, Tunis), Elie Yazbek (Université Saint-Joseph, Beyrouth), Andrea Khalil (CUNY, New York)



Cet événement est organisé avec le soutien du CREW (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3), de l’IRCAV (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3) et du LABSIC (Université Paris 13).

English

Deadline – January 26, 2014
Saint-Denis City Hall (Saint-Denis)

In partnership with the Panorama of Maghreb and Middle-Eastern Cinema (9th edition)

May 8-9, 2014


Adopting a regional focus for the analysis of cinema practices necessarily entails a certain degree of arbitrariness when tracing the boundaries of the selected area. The common characteristics of the area are usually determined not by cinema-related considerations but by political, economic or cultural factors, and this is the case for the MENA (Middle East / North Africa) region. Although the contours of the MENA region have fluctuated, this denomination has historically been constructed based on economic, religious, political and geopolitical considerations, in turn inciting us to consider these factors in our analysis of the circulation of films from and in this region.

In the past decade, the places, the forms and the terms of the relationship to film in and from the MENA region have considerably evolved. The importance assumed by new film festivals (Abu Dhabi since 2007, Doha since 2009) has reconfigured the distribution channels for local films. Morocco has now become a major film producer and there have been a number of new national and transnational initiatives. The Doha Film Fund, Euromed Audiovisual I, II and III, Euromed Cinemas are all institutional programmes that are clearly aimed at promoting film production in the different countries, facilitating national and international distribution and giving higher visibility to film from this region. The recent revolutions in certain Arab countries -Tunisia, Lybia, Egypt, Syria – has not only changed the way those in the country imagine their relationship to their government, but has also changed the way people from other parts of the world see them. This in turn has led to a new interest in films from the MENA region. The reconfiguration of the film landscape is also to be understood in the context of the digital revolution, a technological mutation that has transformed the relationship between cinema and audiovisual media, has redefined what cinema is and how the film industry functions, from issues of production and circulation to reaching the audience.

In spite of this dynamic context, films produced in the MENA region do not currently enjoy wide circulation. They are often poorly promoted and distributed, finding it hard to reach the rare screens available, and have remained largely unknown to the general audience. In order to be profitable -both economically and symbolically – these films need to circulate and be seen. The circulation of films, its absence and its limits, are thus a central issue in the current development of the MENA film industries.

MENA films have mostly been the object of academic research in the English-speaking world (Leaman 2001, Colin-Donmez 2007, Gugler 2011). Studies sometimes present a regional overview (Malkmus and Armes 1993, Shafik 1998, 2007, Serceau 2004, Hillauer 2006, Khalil 2007, Martin 2011) but usually favour a focus on a national case (Sabry 1995, Austin 2012, Dwyer 2004, Carter 2009, Orlando 2011, Austin 2012, Lang 2014). There is little French academic research in this area, although a number of texts focus on regional and national cinemas (Berrah et al. 1981, Khayati 1996, Devictor 2004, Khalil 2007, Brahimi 2009, Caillé and Martin 2012), among others. Academic research from the MENA region clearly favours national case studies (Jaidi 1999, 2001, Khélil 2002 & 2006, Chamkhi 2002 & 2009, Yazbek 2012, etc.). Existing research has until now explored MENA cinemas via three approaches: aesthetic and thematic analysis, careers of the directors, link between cinema and politics.

This conference aims at introducing a social and economic focus into the study of MENA cinemas. In order to better understand the factors determining the circulation of films in and from the area, one needs to explore public policies, institutional mechanisms, industrial, commercial strategies, current technological transformations and identify the main players of the distribution sector. This first conference aims at gathering diverse methodological approaches and creating an academic exchange around the issue of the circulation of these films; it also aims at favouring a dialogue between academics and professionals from the MENA film industries. The term ‘‘circulation » can be approached in three different ways: the circulation of films in their domestic market, their regional and international circulation, and the circulation from one format to another.

I – Domestic circulation in the individual MENA markets

Each country in the MENA region has developed its own relationship to film. It is thus important to explore the trajectories of the works in their home market. The circulation of local films can be understood in the context of the presence of films from other – often powerful – cinemas, either from within (Egypt) or from outside the MENA region (Hollywood, Bollywood, Europe). One could also examine the role of the state in regulating domestic films markets through practices such as censorship or screen quotas. The strategies of the distributors and exhibitors in circulating and displaying local and international films are also a key element to be considered. …

II – Regional and international circulation of the films from the MENA countries

A second issue is the circulation of films of the MENA region outside its borders. Between the extremes of films that are exclusively distributed on the domestic market, and others that are only accessible on an international market outside the region, it is possible to identify different categories of films with distinct distribution patterns. The regional and international circulation of the films can be determined by other factors, such as local and international support programmes and films festivals. One could indeed interrogate the influence of such support and selection at film festivals – both old and new, not only in the Maghreb and the Gulf states but also in sub-Saharan Africa and Europe – on the trajectories of the films. The influence of co-productions – either North/South or East/West (i.e. within the MENA region) – on the films produced is also a topic of interest.

III – Formats and Practices

The bad state of repair and the closure of many film theatres as well as the choices made by certain distributors have restricted access to the traditional exhibition circuit in the region. Films circulate on other media such as television, DVDs and the Internet (VoD, streaming, etc.). We need to consider not only legal access, which is often subject to censorship, but also illegal options that constitute a thriving underground market. This grey area in the film market makes it difficult to identify the actual spectators and trace the ways in which they access films and/or television programmes. To what extent does the larger spectrum of access to films force the film industry players to change their practices in the MENA markets? And to what extent do these alternative means of distribution represent a viable alternative to theatre exhibition for watching MENA (or non-MENA) films, both for MENA viewers and for an international public.

The first day of the conference will be dedicated to roundtables with professionals from the MENA film industries in order to initiate a dialogue with academics on the modes of circulation and the networks which determine the films’ trajectories.

Papers can be presented in English or in French.

Send your proposals to [email protected] and [email protected], with a 300-word (minimum) abstract, 5 bibliographical references and a mini-biography. Deadline – January 26, 2014.

Organizing committee: Abdel Benchenna, Nolwenn Mingant, Patricia Caillé, Ghofrane Ghariani

Scientific committee: To be confirmed:

Laurent Creton (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3), Claude Forest (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3), Michel Serceau, Kevin Dwyer, Will Higbee (Université d’Exeter), Florence Martin (Goucher College, Baltimore), Hamid Aidouni (Université Abdelmaled Essaadi, Tétouan), Sonia Chamkhi (Institut Supérieur des Beaux-Arts, Tunis), Elie Yazbek (Université Saint-Joseph, Beyrouth), Andrea Khalil (CUNY, New York)

This conference has received support from the following research centres: CREW (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3), IRCAV (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3), LABSIC (Université Paris 13).
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