Murmures

Hachimiya Ahamada : Caméra-stylo contre images d’Epinal
janvier 2014 | Sortie de film, livre, album… | Cinéma/TV | Comores
Source : muzdalifahouse.wordpress.com

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Présentation de L’ivresse d’une oasis, dernier film de Hachimiya Ahamada, au Muzdalifa House, ce vendredi 31 janvier 2014. Hachimiya Ahamada est une jeune réalisatrice franco-comorienne, formée à « L’école de la rue » à Dunkerque et à l’INSAS de Bruxelles. L’ivresse d’une oasis est un film intime, profond, porté par un questionnement sur la mémoire et l’identité. Une « fille de lune » née à l’autre bout du monde revient sur les traces de son père sur la terre des aïeux. Tout un poème. Entretien.

Pourquoi ce titre : « L’Ivresse d’une Oasis » ?

Ce documentaire prolonge mon travail de fin d’étude, qui s’intitule « Feu Leur rêve ». Il est l’aboutissement d’une quête sur mes origines. Il est aussi un moyen de faire le deuil après la disparition de mon père. Comme d’autres hommes de sa génération, il a eu ce rêve de revenir aux Comores et de construire une maison familiale dans son village natal, où habiteraient ses filles. Or, il n’a pas pu les voir franchir l’entrée de cette demeure. Au gré du temps, on est passé de foyer familial à résidence de vacance, puis de résidence de vacances à maison « tombeau ». Aujourd’hui, cette maison vide et sans histoires se fissure. Elle vieillit sans la présence de mes sœurs et moi. Nous aussi, nous prenons de l’âge. Par ce titre, je voulais surtout évoquer cette obsession du père de concrétiser un rêve. Savoir qu’il y a des obstacles pendant le voyage, mais vouloir absolument accéder à une Oasis. Oasis qui n’est pas un mirage. Une frénésie qui peut mener jusqu’à un état de transe. Ne penser qu’à l’objectif fixé dès le départ sans avoir pris de précautions et ni anticipé les conséquences. Les premiers émigrés ne reviennent plus vraiment. Puis à ce jour, ceux qui partent vers Mayotte en kwassa savent que la mort les attend à tout moment. Mais qu’importe ! La réalité est telle qu’il faut partir. Et, mieux revenir. Le film est écrit à la première personne. Toutefois, comme il a une résonnance collective, ça devient un film à la première personne du pluriel : nous, insulaires de là-bas et d’ici. Il est une réflexion sur une diaspora qui ne cesse de croître.


LIRE L’INTÉGRALITÉ sur muzdalifahouse.wordpress.com


Vous pouvez également trouver cet entretien, accompagné d’un article d’introduction aux premières images du film, dans le supplément du Muzdalifa House de janvier/ février 2014, distribué à Moroni ou téléchargeable ici : Supplement1MH.
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