Murmures

Festival de Toronto 2017 : plusieurs films africains et du monde arabe, en Première Mondiale
août 2017 | Nominations | Cinéma/TV | Canada

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Le Festival International du Film de Toronto (TIFF 2017) du 7 au 17 Septembre 2017. L’évènement canadien fait la part belle aux femmes, même chez les Africains sélectionnés pour le moment (les nominations tombent de manière perlée par communiqués de presse), surtout en courts métrages, documentaires et Talent Labs.

 



 

En Documentaires, l’Afrique est présente avec Silas (Afrique du Sud / Kenya), de Anjali Nayar et Hawa Essuman (Soul Boy) portraiturent la vie du militant libérien Silas Siakor qui travaille sans relâche contre l’exploitation illégale du bois.Il y a aussi Makala, du Français Emmanuel Gras, un portrait sensible d’un travailleur indépendant congolais (lire, la critique  Makala : une vie de charbonnier congolais et L’entretien avec Emmanuel Gras par notre collaboratrice Falila Gbadamassi).

 

En courts métrages, Ifunanya « Funa » Maduka est sélectionnée pour son Waiting for Hassana (Nigéria) où une adolescente, qui fut kidnappé en 2014 par les terroristes de Boko Haram, reste dans l’attente d’une de ses amies d’infortune toujours prisonnière. Le film est photographié et coproduit par Victor Okhai. Les deux autres courts africains sont Fifteen (Khamastashar), de Sameh Alaa, Egypte où un adolescent taciturne va à l’hôpital pour soigner quelque chose de plus profond qu’une simple blessure, Still Water Runs Deep (Ivie Omo Me), de la réalisatrice Abbesi Akhamie USA/Nigeria, sur le devoir paternel d’un homme qui cherche son fils. Pour le monde arabe, citons Bonboné, de Rakan Mayasi (Palestine/Liban) et A Drowning Man, de Mahdi Fleifel (Danemark/Grèce/GB) et The President’s Visit, de Cyril Aris (Liban/Qatar/USA)

 



 

 

Dans la Section « Special Presentations », on trouve Une saison en France de Mahamat-Saleh Haroun (France) avec un couple d’acteurs époustouflants : Eriq Ebouaney et Sandrine Bonnaire qui, dans la jungle de Paris, pourraient espérer faire fleurir l’amour et non plus la guerre (en République Centrafricaine) qui poussent les gens hors des frontières. Il y a aussi la comédie Sheikh Jackson d’Amr Salama (Egypte) – avec Ahmad Fishawy, Ahmed Malek, Maged Kedwani  – sur les émois d’un jeune imam à la mort de Michaël Jackson, le roi de la pop musique dont il était très fan. Tous deux sont en Première mondiale, le long métrage égyptien est le fim de clôture, dans cette section. Il y a également The Price of Success (Le prix du succès) du réalisateur Teddy Lussi-Modeste (France, 2017), en Première Internationale, avec la fine fleur du cinéma français dans les premiers rôles (Tahar Rahim, Roschdy Zem et Maiwenn), ce drame raconte les tourments d’un humoriste, tiraillé entre sa famille et son travail, alors que le succès frappe à sa porte. Le film est distribué en France par Ad Vitam.

 

Dans la section Platform, le Franco-Marocain Nabil Ayouch est en compétition avec Razzia. Il nous amène entre les années 80 et aujourd’hui, au Maroc, dans la ville de Casablanca, et des êtres reliés sans le savoir : Abdallah, Salima, Joe, Hakim et Inès. Au loin, la foule en colère. Avec dans les premiers rôles Maryam Touzani (Salima, également co-scénariste du film de Nabil Ayouch, son mari), Arieh Worthalter (Joe), Abdelilah Rachid (Hakim), Abdellah Didane (Ilyas), Amine Ennaji (Abdallah) et Dounia Binebine (Inès).

 

 



 

Toronto dispose aussi d’un atelier pour défendre les projets de films. Le Talent Labs 2017 accueille Jessica Beshir (Ethiopie), Samantha Nell (Afrique du Sud) etMamadou Dia (Sénégal). Plongez-vous dans leurs bio-filmographies et projets.

Jessica Beshir est une réalisatrice née au Mexique et qui a grandi en Ethiopie, elle vit à Brooklyn (USA). Son premier court métrage, Hairat (2016) a sa Première Mondiale au Festival de Sundance Film 2017. Son court métrage documentaire Who Dances on Wood (2016) a été dévoilé au Festival Hot Docs2017. Son dernier film Heroin (2017) a fait ses premiers pas au Festival de Tribeca 2017. Actuellement, Beshir travaille sur son premier long métrage documentaire tourné en Ethiopie et développe sa première fiction long métrage.

Samantha Nell est une scénarise et réalisatrice sud-africaine qui a travaillé dans plusieurs pays du monde. Ses courts métrages ont été projetés dans des festivals tels Cannes, Palm Springs, Durban. En 2017, elle participe à l’atelier Berlinale Talents. Son premier long métrage Miles From Nowhere est en développement avec le soutien du NFVF – National Film and Video Foundation (Afrique du Sud). Elle vient de participer à Realness 2017, une résidence d’écriture pan-africaine à Johannesburg, et elle a présenté le projet Miles From Nowhere au Durban FilmMart 2017.

Mamadou Dia est un réalisateur sénégalais actuellement basé à New York où il termine son Master en Cinéma à la Tisch School of the Arts, Université de New York. Ses histoires puisent dans les réalités intimes quotidiennes du Sénégal où il a grandi et du continent africain qu’il a visité. Ses courts métrages ont été sélectionnés dans des festivals internationaux tels le Festival du cinéma Africain de New York, le Festival du Cinéma de Toronto, Venise, Namur 2016, Festival du Cinema Africain de Vérone 2016, Festival de cinéma Image et Vie 2016 de Dakar, entre autres. Son film Samedi cinéma qui l’a révélé sur la scène du cinéma mondial ; il est diffusé mercredi 9 août 2017, au Grand Théâtre National de Dakar, en Sortie Nationale de 9 courts métrages sénégalais inédits tous aidés comme les huit autres films par le FOPICA, le fonds public sénégalais du cinéma. Il travaille actuellement sur son premier long métrage dont l’action se passe à l’époque contemporaine, dans le Nord du Sénégal.

 



 

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Thierno I. Dia

Images Francophones





 

Image : Scène du film Une saison en France du Tchadien Mahamat-Saleh Haroun (France)

Crédit : gracieuseté du Festival International du Film de Toronto (TIFF 2017), Canada
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